Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Fabrice Allegöet
Date de saisie : 15/03/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Carrefour du Net, Domptin, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 9782354510053
GENCOD : 9782354510053
Sorti le : 15/03/2008
Dorian El nous bluffe... il mène une vie comme beaucoup déjeunes gens de son âge... Sorties, alcool, cigarettes, drogue...
Puis un être cher disparaît ! La solitude, les regrets, le mal être, les questions, la recherche de soi, pourquoi ?
Une descente aux abysses comme irréelle mais magistrale se produit.
Des sentiments naissent, or aussi vite, ils meurent, brutalement, définitivement...
Sa vie devient un enfer. Il faut qu'elle cesse...
Une renaissance se produit, encore un secret de famille, lourd, très lourd à porter, ce n'est que plus tard qu'il se rendra compte de son importance.
Il nous livre ses pensées, son itinéraire d'enfant perdu au travers d'un kaléidoscope d'images, de ses attitudes provocatrices, de son langage souvent grossier qui nous révèle à quel point il est prisonnier de ses actes entre ce qui doit se dire ou pas, selon le regard des autres.
Ses déceptions sont à la hauteur de ses attentes. Partagé entre l'espoir et le désespoir, il se cherche, s'égare dans la vie, d'expérience en expériences, jusqu'où ira-t-il ?
Cet ouvrage ne laisse pas indifférent, il est emprunt de poésie, de pensées profondes, mais reste résolument pour adultes concernant certaines scènes.
Dominé par son passé, l'auteur a laissé transpirer son vécu de pupille de la Nation dans un récit au goût étrange de témoignage. Rien n'a été laissé au hasard. Les mots ont été torturés de sorte à perdre le lecteur en chemin, laissant ainsi planer le doute des sens et des contresens et ajouter ainsi à l'histoire, l'ironie qui ne manque pas. Fabrice Allegoët a débuté sa vie professionnelle comme cuisinier, puis il devint policier, secrétaire, attaché de direction, juriste... bref, il n'a cessé de se renouveler tout en gardant une passion commune à toutes ces vies : écrire. Raconter des histoires empreintes de réalisme et de souvenirs, tantôt empruntées à la mémoire des autres, tantôt à la sienne. Amoureux de poésie et des livres qui parle de la vie, Fabrice Allegoët nous livre son regard sur la dureté de l'existence, en abordant sans retenue, l'obsession de survivre à soi-même.
ILLUSIONS PERDUES
Dorian, notre regard n'a plus que le vide à combler pour voir. Notre sourire, légère grimace que les autres devinent. La peur, c'est une crainte que l'on a en soi, que personne ne voit, et moi j'ai tout, de tout cela. Avec ton amour j'ai découvert passion et tendresse, puis à la mort le froid dans chacun de mes gestes. À la poudre un autre univers, le chemin que je prends ne me mène à rien, pourtant j'ai besoin de continuer cette route, partir et ne plus revenir. Tout abandonner pour effacer et recommencer avec toi. Le monde est devenu péril à chacun de mes pas ; cette société ne veut plus de moi. Bêtises ou compte-rendu, l'écart qui nous sépare me rend indigne de toi. Je serai un fidèle et toi mon pacha. L'histoire nous le dira, mais dans l'immédiat, mes pas ne me mènent nulle part. Partir et ne plus souffrir, une fine larme de regret, les yeux encore cléments des erreurs passées. Tout quitter, tu ne me laisses plus le choix. Ne méjuge pas, le courage ne vient pas, attendre et se surprendre, que vieux l'on deviendra, sans qu'aucune chose ne change ni pour toi, ni pour moi. Les raisons sont parfois plus fortes que tes larmes, et même si tes cris assourdissants me déchirent, sache que seul le bruit du canon sera ma délivrance. La voie que j'ai choisie est sans issue ; sache le, sache le bien. Partir. Personne ne sait mieux que moi : la vie est faite pour mourir, pourquoi pas comme cela ? Je sais, j'ai mal agi, mais je ne suis qu'un matelot. Libre, reste le pacha, impuni, je sais tout, de tout cela. Un monde nouveau s'ouvre devant moi, un appel de l'au-delà je crois. Je sais maintenant que la poudre ne délivre pas l'extase comme unique pouvoir, mais aussi celui de vivre loin de tes bras. Un jeu dont personne ne voit le piège, un jeu qui t'achèvera, si comme moi tu ne t'arrêtes pas. Partir, je sais maintenant ce que cela veut dire. Mon temps finit avec ça. Ces quelques mots seront ma délivrance, comme si la souffrance enfin décidait de s'éloigner et de ne plus revenir. Mon amour, avons-nous eu le choix ?
Ce coup de téléphone avait comme stoppé ce monde bruyant autour de nous. J'avais refermé la porte avant de déguerpir pour te rejoindre. Une dernière fois. En tournant la clé, j'avais clos une année de douleur. Derrière moi, l'ombre qui me poursuivait s'était effacée, ne laissant plus de trace. Je marchais comme flottant dans les airs, drapé de blanc, le visage meurtri de ces traits qui en disent longs sur nous. Pourtant, je n'avais jamais ressenti une telle sérénité, comme bercé par la quiétude et la paix. Je respirais enfin cette saveur sucrée du bonheur après l'acidité de nos épreuves. Ce miel coulait au fond de ma gorge comme une eau de jouvence inépuisable et délicieuse. Je n'entendais plus un bruit et mes yeux rougis voyaient à nouveau. Le soleil me faisait face ce jour-là. La mort rôde depuis toujours, mais c'est la lumière qui est venue te chercher. Je progressais sur cette route, tandis que mon corps devenait plus léger encore. L'inconnu se profilait devant moi sans que cela ne me fasse plus craindre.
C'était fini. Tu étais délivrée. Libérée de tes chaînes. Ma main sur ton visage, et mes baisers qui se faisaient plus tendres. J'étais là, au-dessus de ta couche, pour te dire ô combien je t'aime. Mon coeur t'appartient comme scellé dans ta chair. Une promesse de nous aimer plus fort. Notre serment. Combien de larmes ai-je versées et au prix de quelle souffrance ? Ne t'ai-je jamais dit tout ce que mon coeur a saigné ? Suis-je encore cet homme dont les croyances s'effondrent comme des châteaux de cartes ? Mes limites ont reculé sous le poids des ans, des cris et des doutes. Ma colère s'est enfuie pendant que tu t'envolais. Ma rancoeur s'est évanouie, malgré la force du temps qui passe. J'ai tant prié ces heures pour que tu restes près de moi. Ces jours où je te savais heureuse, je les ai tant glorifiés. Des rayons de soleil avant la tempête. Avant les pleurs et les bourrasques. Avant ces journées passées à t'attendre. Espérer que tu me reviennes. Ces années gâchées par un mal qui nous a rongés jusqu'à la moelle. Je te jure, ma chérie, de jeter cette poudre qui nous a éloignés. Cette pourriture qui nous a séparés. Je me battrai pour défendre, au nom de ta mémoire, ces années que tu ne vivras pas, à tes parents, je rappellerai la belle femme, la fille que tu étais, et peut-être un jour, de leur pardon je pourrais être digne.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia