Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Pierre Rehov
Date de saisie : 05/03/2008
Genre : Policiers
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-226-18236-4
GENCOD : 9782226182364
Sorti le : 05/03/2008
Inutile de crier. Dans le désert personne ne vous entendra. Vous êtes déjà en enfer. Comme cet homme qui a tout perdu, pourchassé par une mystérieuse organisation paramilitaire d'une cruauté inouïe : les Cellules Blanches.
Pourquoi lui ?
Pourquoi faire disparaître sa femme et sa fille ?
Pourquoi ces camps en plein Mexique ?
Pourquoi ces méthodes terroristes inspirées d'Al-Qaïda ?
Pourquoi former des contre-terroristes dès leur plus jeune âge ?
Pierre Rehov connaît les secrets de cette nouvelle guerre issue du Moyen-Orient où il a été le premier à filmer les «suicide killers». Il nous entraîne dans un thriller d'un réalisme effrayant, un suspense d'une noirceur absolue où chacun répond à la férocité de l'autre dans un monde gagné par la barbarie.
Spécialiste du Moyen-Orient, Pierre Rehov a réalisé sept documentaires sur le conflit Israelo-Arabe. Son documentaire précédent From the river to the sea a obtenu le «Liberty-Award» du meilleur film dans sa catégorie au Liberty Film Festival de Los Angeles en novembre 2006.
Il intervient régulièrement sur CNN, Fox News et MSNBC. Son dernier film Suicide Killers sera prochainement distribué par Warner Bros.
Il est actuellement en mission en Irak.
Extrait du prologue :
Janvier 1991 - camp disciplinaire de l'armée française quelque part dans le Sud-Ouest
- Pour un tir en position couchée : en position !
Les sacs de sable sentaient l'humidité et meurtrissaient les coudes. Le plastique du sous-casque leur tenait chaud malgré la petite averse qui clapotait sur la bâche. Théo se sentait ridicule, son corps amaigri flottant dans son uniforme élimé. Une odeur d'humus et de châtaignes écrasées se mêlait à celle de la poudre des tirs précédents.
- Approvisionnez arme !
Nul ne se souviendrait par la suite qui était chargé de distribuer les munitions aux tireurs. Cinq balles par homme. En même temps que les autres, Théo enficha son chargeur, puis actionna d'un coup sec le levier d'armement. Les culasses bien huilées claquèrent, presque à l'unisson.
- Sur vos cibles correspondantes, annoncez : vu et prêt !
- Tireur numéro un, vu et prêt !
Angoissé. Un jeune de la deux. Jamais vu de fusil, mais bon camarade. Toujours prêt à partager les corvées, l'air de ne pas y toucher.
- Tireur numéro deux, vu et prêt !
Un costaud. Fils de la campagne. Élevé à la rude. Chasseur et braconnier. Deux ou trois incidents avec lui au nettoyage des armes. Son jeu favori, braquer un fusil, façon western, dès qu'il repérait un bleu. Une fois, le coup était parti, heureusement sans blesser personne. Il n'avait pris qu'un mois de consigne. Le colonel aussi était chasseur. Crescendo de trois voix :
- Tireur numéro trois... numéro quatre... numéro cinq... vu et prêt !
Inséparables depuis leur incorporation. Les plus âgés du contingent. Depuis que le chef de section avait compris qu'il valait mieux les laisser ensemble, ils ne posaient de problèmes à personne. Ils arrangeaient leurs tours de garde, riaient des mêmes blagues et passaient leurs heures de loisir à jouer au tarot.
- Collin ! J'ai dit : annoncez vu et prêt !
L'instructeur atteignit Théo en même temps que son aboiement. Il balança son godillot dans sa cheville et ses yeux s'emplirent de larmes. Levant la mire de son fusil il annonça d'une voix étranglée :
- Tireur numéro six, vu et prêt... fin de série !
De l'autre côté de l'oeilleton, il apercevait sa cible à deux cents mètres. Minuscule.
Le reste de la section faisait le pied de grue, une vingtaine de jeunes à l'air faussement blasé, adossés au mur du bâtiment. Un homme, un fusil, un homme... Deux jours d'arrêt pour une arme à terre. L'instructeur les enjamba d'un air dominateur. Les retardataires suivirent. L'officier inspecta chacun et revint vers Théo.
- Vous devez être en forme, après deux mois d'hôpital, Collin. Le tire-au-flanc c'est terminé. C'est du tir aux pigeons, maintenant.
Numéro cinq gloussa. Sans le voir, Théo devina la satisfaction du sous-lieutenant. Son casque était lourd et son estomac l'élançait. Il s'était levé en retard et on ne l'avait pas laissé choisir entre nettoyer les latrines et avaler son petit déjeuner. L'instructeur s'éloigna d'un mètre et donna l'ordre :
- Pour un tir à deux cents mètres de cinq cartouches au coup par coup, commencez le feu !
Trois détonations lui répondirent immédiatement. Théo frémit. Malgré des trésors d'imagination, il n'avait pas réussi à se faire exempter. Deux mois d'hôpital militaire psychiatrique avaient eu raison de son goût pour la liberté et... de sa trouille.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia