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.. L'usure du monde : hommage à Nicolas Bouvier

Couverture du livre L'usure du monde : hommage à Nicolas Bouvier

Auteur : Frédéric Lecloux

Préface : Eliane Bouvier

Postface : Christian Caujolle

Date de saisie : 27/02/2008

Genre : Récits de Voyages

Editeur : le Bec en l'air, Marseille, France

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-916073-33-0

GENCOD : 9782916073330

Sorti le : 27/02/2008

Un bel hommage à Nicolas Bouvier.
Reprendre l'usage pour en créer l'usure, un beau projet. Fréderic Lecloux y parvient avec ses splendides arrêts poétiques dans le temps, il s'approprie l'esprit de Nicolas Bouvier sans le plagier pour nous faire ressentir cette notion disparue du voyage - prendre son temps pour découvrir les gens et leur vies -.Il alterne photographies et textes pour nous conduire à travers les pays de l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan. C'est à découvrir avec lenteur.


  • Les présentations des éditeurs : 16/12/2010

En 1953, l'écrivain-voyageur suisse Nicolas Bouvier quitte Genève pour un voyage de quatre ans qui se terminera au Japon, avec pour seuls luxes une Fiat Toppolino qui offre la liberté d'aller où l'on veut et une lenteur érigée en art. L'Usage du monde, récit de cette aventure, est devenu un livre culte dans le monde entier.
En 2004-2005, le photographe Frédéric Lecloux refait cette route, en voiture : «J'ai voyagé sans coller aux guêtres de Nicolas Bouvier au lieu près, au cadrage près, au mot près. Et surtout pas 'sur les traces de Nicolas Bouvier'. Un voyage pour le voyage, qui se suffise à lui-même. Une vraie dérive qui se donne le temps du monde des gens...»
L'Usure du monde, ainsi nommé en hommage à Nicolas Bouvier, alterne photographies et récit de voyage, et conduit le lecteur dans un glissement poétique à travers les pays de l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan.

Frédéric Lecloux est né en 1972 à Bruxelles et vit dans la Drôme, dans le sud de la France. Sa photographie est profondément influencée par son premier long voyage en Himalaya à l'âge de 20 ans. Il construit depuis plusieurs années une oeuvre humaniste et poétique centrée sur le Népal contemporain et les mutations de sa société.
Il a publié, entre autres, Katmandou 2058, La Renaissance du Livre (2003) et Lentement vers l'Asie, Glénat (2006).

Les photographies de Frédéric Lecloux sont distribuées dans le monde entier par l'agence VU'.



  • La revue de presse Marjorie Alessandrini - Le Nouvel Observateur du 22 mai 2008

Sous un ciel immensément morne, un matelas abandonné sur la steppe. Un visage pensif, une porte entrouverte, l'immensité d'une route... En hommage à Nicolas Bouvier, un photographe explore les chemins empruntés jadis par l'écrivain suisse dans sa Fiat Topolino. Avec pour viatique une phrase inoubliable : «Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux, la lenteur». En route vers l'Asie, en voiture et en famille, avec sa femme et sa petite fille. Insomnies, conversations, rencontres...
Au fil de ce beau livre exigeant, il y a des villes, des paysages, des hommes. Mirko le Serbe, Tanja la pianiste de l'opéra de Belgrade. Vladimir le prêtre au chômage amateur de heavy metal.


  • Les courts extraits de livres : 16/12/2010

Défaire
Frédéric Lecloux
Été 2007

On croit qu'on va lire l'Usage du monde, mais bientôt c'est l'Usage du monde qui vous lie, ou vous enlise... Poings et âme. Ça commence comme ceci : dans un premier temps vous ne pouvez plus rien lire d'autre, passe encore... Mais un jour vous ne pouvez plus rien lire du tout, pétrifié par l'étourdissante perfection avec laquelle ce texte, tendu tel des chaînes d'or d'étoile à étoile (Rimbaud), scintille au-dessus de la polyphonie du monde.
Il y a chez Nicolas Bouvier voyageur cette obsession pour la lenteur et la frugalité, en même temps qu'une fringale de réel et de savoir. Cette entêtante passion d'être au monde autant que cette aisance dans la mélancolie. Ces rencontres et ces amitiés soudain si lisibles qu'il faudra demain apprendre à perdre... Il y a cette érosion calculée de l'homme poussée jusqu'à la transparence, mais cette élection du bonheur malgré tout, et cette volonté d'en essorer chaque instant jusqu'à la dernière goutte, pour conserver ce distillât dans les fioles de sa mémoire où il puisera sa survie chaque fois que le bonheur ne voudra plus être au rendez-vous. (Où l'on devine que par la suite ces flacons eux-mêmes ont été purgés jusqu'au dernier atome.) Il y a enfin cette générosité miraculeuse, mais infiniment modeste, qui le pousse à nous ouvrir à l'occasion les rares de ces bouteilles dont le contenu a bien voulu se laisser décrire au moyen de phrases.
Chez Bouvier l'ébéniste des mots, il y a cette manière de cerner une cocasserie, un personnage, dans ce qu'ils ont de plus contextuel, mais en deux coups de gouge et trois adjectifs triés sur le volet qui leur donnent sans en avoir l'air une portée universelle. Il y a enfin cette manie de disparaître en deçà de son entreprise, à laquelle il sacrifie santé, sang et raison - et pourtant l'ahurissante luminosité de l'écriture, faisceau sans matière et sans poids, presque une irradiation, qui descend incuber au chaud dans votre échine en attendant le jour de vous déborder.
Dans cet édifice étincelant, il n'a laissé à l'obscur et à la mort que de minuscules croisées sombres où percer - et encore : qu'il nous appartient de débusquer car dissimulées en trompe-l'oeil et sans trop d'indices derrière quelque délitement périphérique, la fièvre ou d'anodins accidents qui le dédouanent de la responsabilité de nous parler de l'angoisse en son nom. Il faudra les chercher pourtant ces fenêtres et les ouvrir car c'est là, dans cet équilibre entre la félicité proclamée et la peur en filigrane que Nicolas Bouvier a ourdi sa poésie - finalement le seul truchement qui vaille, avec le silence, pour partager ce à quoi l'indigence du langage biaise l'accès.


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