Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Juste être un homme

Couverture du livre Juste être un homme

Auteur : Craig Davidson

Traducteur : Anne Wicke

Date de saisie : 02/04/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Terres d'Amérique

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-226-18388-0

GENCOD : 9782226183880

Sorti le : 02/04/2008

Juste être un homme : la cloche sonne et la lecture commence. Craig Davidson nous livre une galerie d'anonymes qui se posent une question fondamentale : qu'est ce qui fait de moi un vrai homme ? Est-ce la force, la volonté, la capacité de pardonner ? De combats clandestins en rings de boxe, on suit l'errance de ces personnages qui, faute de réponses, se reposent sur leurs facultés physiques et leur instinct de guerriers. Ce livre pourrait faire penser à Fight Club, mais il est douloureusement crédible et humain, on saigne et on encaisse les coups de la même façon que les protagonistes. Il y a de la violence mais aussi beaucoup d'émotion ici, et l'auteur est assurément à surveiller de près !


  • Les présentations des éditeurs : 29/03/2008

Après le succès d'Un goût de rouille et d'os, le jeune écrivain canadien Craig Davidson ne dément pas sa réputation avec ce roman qui explore l'identité masculine contemporaine à travers le portrait sombre et mélancolique d'une certaine Amérique. Paul Harris mène une existence privilégiée jusqu'au jour où une agression sauvage le pousse à apprendre à se défendre. Rob Tully est un jeune boxeur très doué, sur lequel son père et son oncle ont placé tous leurs espoirs. Trop, sans doute. Tandis que Paul devient obsédé par le culte de son corps et la violence qu'il découvre en lui, Rob tente d'être à la hauteur des attentes qui pèsent sur ses épaules. Aussi différents soient-ils, leurs chemins vont les mener en un lieu clandestin, sans règles ni limites, où des hommes sont prêts à tout donner d'eux-mêmes. Au risque de tout perdre.

Craig Davidson (31 ans) a fait sensation avec son premier livre, Un goût de rouille et d'os, qui lui a valu l'admiration et le soutien d'écrivains tels que Bret Easton Ellis, Chuck Palahniuk ou Thom Jones. Ce recueil de nouvelles, traduit en plusieurs langues, suscite beaucoup d'intérêt dans le milieu du cinéma. Craig Davidson vit à Calgary (Canada) où il termine un nouveau roman.

«Davidson brouille les frontières entre le drame et la comédie, la cruauté et la miséricorde.»
Chuck Palahniuk

«L'écriture de Craig Davidson, aussi impitoyable qu'un uppercut, aussi cruelle et violente que peut l'être la vie, est rythmée comme un match.»

Le Monde


  • Les courts extraits de livres : 29/03/2008

Extrait du prologue :

On dit qu'un homme peut changer sa personnalité - l'essence fondamentale de ce qu'il est et de ce qui le constitue - dans la proportion d'environ cinq pour cent. Cinq pour cent : voilà tout le changement dont nous sommes capables, tous autant que nous sommes.
Dans un premier temps, cela paraît dérisoire. Cinq pour cent, c'est quoi ? Une rognure d'ongle. Mais pensez donc un peu à l'immensité de la psyché humaine et ce chiffre acquiert alors un poids réel. Pensez à cinq pour cent de la masse continentale totale de la Terre, à cinq pour cent de l'univers connu. Des millions de kilomètres carrés, des milliards d'années-lumière. Pensez à l'effet qu'un changement de l'ordre de cinq pour cent pourrait avoir sur tout un chacun. Imaginez des dominos alignés en rangées bien droites et bien nettes, tout cet univers de possibilités mis en mouvement d'une simple pichenette.
Cinq pour cent : et tout change. Cinq pour cent : une personne entièrement nouvelle.
Vu sous cet angle, cinq pour cent, ça veut vraiment dire quelque chose.
Vu sous cet angle, cinq pour cent, c'est colossal.

Je me réveille dans un endroit sombre. Je cligne des yeux, désorienté, une image venue d'un rêve s'attarde : un visage sans nom éclaté en deux, et les circonvolutions du cerveau que l'on aperçoit à travers un brillant halo de sang.
Une salle de bains exiguë. Le papier peint qui se décolle, des carreaux couverts de moisi. Une fois nu, je me lave à un lavabo en pierre. Mon corps n'est qu'utilitaire : des os, des muscles et de la peau. Un corps affûté, à mon avis, même si, de temps en temps, la prestesse d'antan me manque. À me regarder, vous pourriez tout à fait croire que je suis venu au monde comme ça.
Mes jambes : zébrées de cicatrices laissées par des blessures à la machette reçues dans les plantations du Nord, lorsque je récoltais la canne à sucre, avant mon départ vers les villes du Sud. Un creux en forme de flèche se découpe dans ma jambe droite : les nuits d'insomnie, je passe un doigt dessus et sens alors la dureté du tibia sous le demi-centimètre de tissu cicatriciel.
Ma poitrine : striée de coups de rasoir, marbrée de cicatrices laissées par des brûlures chimiques. Les combats à la soude caustique - avec nos poings enveloppés de grosse ficelle sur laquelle on a étalé un mélange de miel et de soude en poudre. Une bouteille de bière Mékong remplie de sable est posée à côté de la paillasse ; je me tape sur le ventre pendant des heures avec cette bouteille, pour m'endurcir la chair avant les combats.
Mes mains : massacrées. Les articulations sont éclatées en petits X irréguliers bosselant ma peau, que fait briller l'éclairage de la salle de bains. Elles ont été cassées - combien de fois ? Je ne sais même plus. Elles sont si fragiles que je me suis un jour fêlé le pouce simplement en ouvrant une bouteille de soda.
Un oeil aveugle : toujours ces putains de combats à la soude caustique. Mes incisives supérieures ont été enfoncées dans mes gencives au point de s'encastrer à moitié dans le palais mou. Des oreilles en chou fleur - du pop-corn, aurait dit mon vieil entraîneur - et mon ouïe qui va et vient comme une vieille radio cassée ; quand je n'entends plus rien, je me tape sur la tempe, comme on taperait sur une télé capricieuse pour récupérer l'image. Une ligne en relief court de ma nuque jusqu'à un point situé entre mes sourcils : je me suis ouvert le crâne contre le béton d'une raffinerie de pétrole abandonnée. Un toubib non conventionné - on n'en trouve pas d'autre par ici -m'avait entouré la tête d'un ceinturon en cuir pour que les deux moitiés tiennent collées l'une à l'autre. La blessure s'était cicatrisée en une couture pas très lisse, comme lorsque l'on presse doucement l'un contre l'autre deux morceaux de cire dont on aurait fait chauffer les côtés pour qu'ils collent.
On dit que le corps d'un homme, c'est comme la carte de son existence.
Je me tortille pour enfiler un short à fleurs lorsque le téléphone sonne. C'est une chaude soirée ; l'air est lourd de l'odeur de quelque chose, mais je ne saurais pas dire de quoi.
Le téléphone redevient silencieux. Je sais ce que veut la personne qui appelle. Je sais ce qu'il y a ce soir.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia