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.. La voleuse de livres

Couverture du livre La voleuse de livres

Auteur : Markus Zusak

Traducteur : Marie-France Girod

Date de saisie : 20/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Pocket, Paris, France

Collection : Pocket. Best, n° 13441

Prix : 7.70 € / 50.51 F

ISBN : 978-2-266-17596-8

GENCOD : 9782266175968

Sorti le : 20/03/2008

  • Les présentations des éditeurs : 31/03/2008

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée.
Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres...

«Best-seller international, cette fable singulière (...) envoûte par son audace et son originalité. Forte, bouleversante (...).»
Laurent Fialaix - Questions de Femmes

«Ironique et paradoxal, mais jamais choquant, La Voleuse de livres appartient à ce genre hybride d'ouvrages destinés à la fois aux adolescents et aux adultes (...).»

Johanna Luyssen - Le Monde des Livres

Cet ouvrage a reçu le prix Millepages Jeunesse


  • Les courts extraits de livres : 31/03/2008

MORT ET CHOCOLAT

D'abord les couleurs.
Ensuite les humains.
C'est comme ça que je vois les choses, d'habitude.
Ou que j'essaie, du moins.

UN DÉTAIL
Vous allez mourir.

En toute bonne foi, j'essaie d'aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n'en sommes qu'aux «A». Mais ne me demandez pas d'être gentille. La gentillesse n'a rien à voir avec moi.

RÉACTION AU DÉTAIL CI-DESSUS
Ça vous inquiète ?
Surtout, n'ayez pas peur.
Je suis quelqu'un de correct.

Une présentation s'impose.
Un début.
J'allais manquer à tous mes devoirs.
Je pourrais me présenter dans les règles, mais ce n'est pas vraiment nécessaire. Vous ferez bien assez tôt ma connaissance, en fonction d'un certain nombre de paramètres. Disons simplement qu'à un moment donné, je me pencherai sur vous, avec bienveillance. Votre âme reposera entre mes bras. Une couleur sera perchée sur mon épaule. Je vous emporterai avec douceur.
À cet instant, vous serez étendu (je trouve rarement les gens debout). Vous serez pris dans la masse de votre propre corps. Peut-être vous découvrira-t-on; un cri déchirera l'air. Ensuite, je n'entendrai plus que mon propre souffle et le bruit de l'odeur, celui de mes pas.
L'essentiel, c'est la couleur dont seront les choses lorsque je viendrai vous chercher. Que dira le ciel ?
Personnellement, j'aime quand le ciel est couleur chocolat. Chocolat noir, très noir. Il paraît que ça me va bien. J'essaie quand même d'apprécier chaque couleur que je vois - la totalité du spectre. Un milliard de saveurs, toutes différentes, et un ciel à déguster lente­ment. Ça atténue le stress. Ça m'aide à me détendre.

UNE PETITE THÉORIE
Les gens ne remarquent les couleurs du jour qu'à l'aube et au crépuscule, mais pour moi, une multitude de teintes et de nuances s'enchaînent au cours d'une journée. Rien que dans une heure, il peut exister des milliers de couleurs variées. Des jaunes cireux, des bleus recrachés par les nuages, des ténèbres épaisses. Dans mon travail, j'ai à coeur de les remarquer.

Comme je l'ai laissé entendre, j'ai besoin de me dis­traire. Cela me permet de conserver mon équilibre et de tenir le coup, étant donné que je fais ce métier depuis une éternité. Car qui pourrait me remplacer ? Qui prendrait le relais pendant que j'irais bronzer sur l'une de vos plages ou dévaler les pistes à ski ? Personne, évidemment. Aussi ai-je décidé, consciemment, délibérément, de remplacer les vacances par de la distraction. Inutile de préciser que je me repose au compte-gouttes. Avec les couleurs.
Mais, penserez-vous peut-être, pourquoi donc a-t-elle besoin de vacances ? De quoi a-t-elle besoin d'être distraite ?
Ce qui m'amène au point suivant.
Les humains qui en ont réchappé.
Les survivants.
Ceux-là, je ne supporte pas de les regarder, et je ne parviens pas toujours à m'y soustraire. Je recherche délibérément les couleurs pour ne plus penser à eux, mais j'en vois de temps en temps, effondrés entre sur­prise et désespoir. Leur coeur saigne. Ils ont les pou­mons en charpie.
Ce qui m'amène au sujet dont je veux vous parler ce soir, ou ce matin - qu'importent l'heure et la couleur. C'est l'histoire de quelqu'un qui fait partie de ces éternels survivants, quelqu'un qui sait ce qu'être aban­donné veut dire.


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