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Auteur : Omar Ali-Shah
Date de saisie : 15/04/2008
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Oxus, Escalquens, France
Collection : Spiritualités
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-84898-109-3
GENCOD : 9782848981093
Sorti le : 15/04/2008
Le Sayed Omar Ali-Shah (1922-2005), dont ce livre présente les derniers entretiens, est né dans une très ancienne famille afghane descendant du Prophète Mohamed, engagée dans la transmission de la Tradition soufie depuis de nombreuses générations.
Son père, le Sirdar Ikbal Ali-Shah, était un écrivain réputé sur des thèmes orientaux et soufis. Il était le frère aîné de l'écrivain et maître soufi Idries Shah et son fils Arif Ali-Shah poursuit désormais son travail.
Bien que certains considèrent la Tradition soufie comme une branche de l'Islam, c'est en fait un système autonome qui n'appartient ni à un peuple ni à une religion spécifique. Une philosophie pratique dont la formulation n'est pas figée mais ne peut se manifester que lorsque le moment, le lieu, et les individus appropriés se trouvent réunis. La Tradition soufie prend actuellement une place croissante parmi les grands courants de pensée, tant occidentaux qu'orientaux actuels.
Omar Ali-Shah (1922-2005) publia en français une traduction du jardin des roses de Saadi (1988) et en anglais, en collaboration avec Robert Graves une version des Rubayat d'Omat Khayyam (1967), qui eut un grand retentissement en révélant pour la première fois l'origine soufie de la pensée de Khayyam. Cinq autres recueils de ces causeries données à des groupes d'élèves répartis en Europe et Amérique latine (l'aire géographique sous sa responsabilité) ont été publiés en France avant le présent ouvrage.
Extrait du préambule :
ADAB, LA COURTOISIE DU CHEMIN
L'adab, c'est la courtoisie, le respect, la justesse. Ce n'est pas une simple formalité. L'adab aide à créer le contexte dans lequel nous développons notre humanité. Chaque situation et chaque relation a son propre adab : entre les étudiants sur la Voie, entre les membres d'une famille, à l'égard des aînés, à l'égard de son sheikh. À chaque niveau d'être correspond un adab, y compris celui dans lequel s'établit le contact avec la Vérité (Al-Haqq).
Le modèle de l'adab dans la Tradition soufie est le Prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) qui a dit : «Aucun de vous ne connaîtra la foi authentique tant que vos coeurs ne seront pas justes, vos coeurs ne seront pas justes tant que vos langues ne seront pas justes, vos langues ne seront pas justes tant que vos actions ne seront pas justes.»
Lorsqu'on commence à se rendre compte des avantages et des possibilités de l'adab, on voit de façon saisissante combien de choses la culture contemporaine a perdu, au nom d'une hypothétique liberté personnelle et au nom de l'individualité.
Quand un derviche franchit le seuil d'une tekkia soufie, il laisse le «monde» et les préoccupations du monde à la porte. La tekkia est l'école de l'amour. Nous venons ici pour observer, écouter, apprendre et servir - pas pour poursuivre les ambitions du monde, pas pour satisfaire ou promouvoir notre propre ego, ni pour consommer des expériences «spirituelles» excitantes.
La vie de la tekkia nous met en contact avec des gens avec lesquels nous n'aurions peut-être pas choisi d'être dans le monde de tous les jours, mais pourtant, petit à petit, nous comprenons que chaque relation est importante, qu'elle nous est offerte comme une occasion de nous connaître nous-mêmes et de purifier notre coeur. Ce cercle des amants est en train d'apprendre à manifester la réalité de l'Unité, la réalité de la fraternité et de la camaraderie véritable. Nous devons nous traiter non seulement comme nous traiterions la famille, mais mieux encore que ne se traitent la plupart des familles. Il se peut qu'à la tekkia, nous apprenions à traiter notre propre famille comme elle devrait l'être en fait.
Nous apprenons à observer, à contrôler nos impulsions quand il le faut et à perdre notre «moi» quand il le faut. Nous apprenons à nous comporter comme si tous les autres avaient atteint un état supérieur au nôtre. Notre conversation est centrée sur Dieu et sur l'harmonisation avec Dieu. Les commérages et les médisances font partie des pires actions auxquelles un chercheur puisse s'adonner - que la personne médise elle-même ou prête l'oreille à des médisances. La médisance consiste à dire dans le dos d'une personne des choses qui lui déplairaient (que ces choses soient vraies ou pas).
Dans la mesure où nous essayons d'aligner notre moi avec la Réalité, nous serons confrontés à de nombreux tests et les tensions interpersonnelles seront parfois inévitables. L'adab nous aide à éviter certains des comportements destructeurs qui pourraient déranger ou même détruire les relations au sein d'une halka (cercle) soufie. Une relation particulière existe entre le derviche et son sheikh. Le respect et l'affection qui se développent se traduisent par une considération et une attention au sheikh, particulièrement durant les réunions. Le sheikh est celui qui donne le ton à l'intérieur du cercle et qui guide le discours. Il se peut que vous ne soyez pas toujours d'accord avec votre sheikh. Prenez ce qui est utile ou significatif pour vous et placez-le dans un sac devant vous. Prenez ce avec quoi vous n'êtes pas d'accord ou que vous ne comprenez pas et placez-le dans un autre sac derrière vous. Il se peut qu'un jour, loin du cercle des derviches et de votre sheikh, vous trouviez dans ce sac quelque chose dont vous avez vraiment besoin.
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