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Date de saisie : 15/04/2008
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Oxus, Escalquens, France
Collection : Spiritualités
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-84898-107-9
GENCOD : 9782848981079
Sorti le : 15/04/2008
Ce qu'on appelle, depuis le XIXe siècle en Europe, le soufisme est une très ancienne tradition de connaissance concernée par le processus d'évolution dans lequel l'humanité est impliquée. Ce n'est pas une religion, moins encore une secte, mais une philosophie pratique.
C'est un cercle de compagnons du Prophète Mohammed qui, poursuivant cette tradition, se sont appelés «soufis». C'est pourquoi on associe souvent cette discipline avec l'islam, bien que son origine soit beaucoup plus ancienne.
Le travail soufi vise à faire participer activement l'être humain à ce travail évolutif. Ses modalités changent selon les époques mais ses bases restent toujours les mêmes.
Les histoires-enseignement, telles qu'elles sont présentées dans le présent ouvrage, font partie des instruments de travail utilisés actuellement en Occident par une école soufie authentique.
L'HISTOIRE DE MUSHKIL GUSHA
Il y avait une fois, à moins de mille lieues d'ici, un vieux bûcheron qui était veuf et qui vivait pauvrement avec sa petite fille. Chaque jour, il allait dans les montagnes couper du bois, le rapportait chez lui et le liait en fagots. Puis il déjeunait et se rendait ensuite à la ville la plus proche pour y vendre son bois. Il s'y reposait un peu avant de revenir à la maison.
Un soir qu'il était rentré très tard, sa fille lui dit : «Père, je souhaiterais parfois avoir une nourriture meilleure, plus abondante et plus variée».
«Très bien, mon enfant», répondit le vieil homme, «demain je me lèverai plus tôt que d'habitude, j'irai plus loin dans la montagne, là où il y a plus de bois, et j'en rapporterai une plus grande quantité. Je rentrerai plus tôt, et mes fagots seront prêts plus tôt. J'irai les vendre à la ville, j'en tirerai plus d'argent et ainsi je pourrai te rapporter toutes sortes de choses délicieuses à manger.»
Le lendemain matin, le bûcheron se leva avant l'aube et partit dans les montagnes. Il travailla très dur à couper le bois et à l'élaguer, puis il en fit un énorme fagot qu'il porta sur son dos jusqu'à sa petite maison.
Lorsqu'il arriva chez lui, il était encore très tôt. Il déposa son fardeau à terre et frappa à la porte en disant : «Ma fille, ma fille, ouvre-moi, car j'ai faim, j'ai soif et j'ai besoin de prendre un repas avant d'aller au marché.»
Mais la porte resta close. Le bûcheron était si fatigué qu'il s'étendit sur le sol et tomba bientôt endormi à côté de son fagot. La petite fille avait tout oublié de leur conversation de la veille et dormait profondément dans son lit. Lorsqu'il s'éveilla quelques heures plus tard, le soleil était déjà haut dans le ciel. Une fois encore le bûcheron frappa à la porte et il appela : «Ma fille, ma fille, viens vite ; je dois prendre un peu de nourriture et aller au marché vendre le bois, et il est déjà bien tard maintenant pour partir.»
Mais entre-temps, ayant tout oublié de leur conversation de la veille, la petite fille s'était levée, avait mis la maison en ordre et était sortie se promener. Elle avait fermé la porte à clef, supposant dans son insouciance que son père était encore en ville.
«Il est un peu tard, maintenant, pour aller à la ville», se dit alors le bûcheron. «Je vais donc retourner dans les montagnes couper un autre fagot, que je ramènerai à la maison et ainsi, demain, je pourrai apporter deux fois plus de bois au marché.» Toute la journée, le vieil homme peina dans les montagnes à couper le bois et élaguer les branches. Et lorsqu'il revint chez lui avec le bois sur les épaules, la nuit était déjà tombée. Il déposa son fardeau derrière la maison, frappa à la porte et dit : «Ma fille, ma fille, ouvre-moi car je suis fatigué et je n'ai rien mangé de toute la journée. J'ai un double fagot de bois que j'espère porter demain au marché. Cette nuit il me faut bien dormir afin de reprendre des forces.»
Mais il ne reçut point de réponse, car la petite fille, lorsqu'elle était rentrée, s'était sentie si fatiguée qu'elle s'était préparée un repas et était allée se coucher. Elle avait d'abord été plutôt ennuyée de voir que son père n'était pas de retour, mais elle en avait finalement conclu qu'il avait dû s'arranger pour passer la nuit en ville.
Ainsi, une fois encore, le bûcheron, dans l'impossibilité d'entrer chez lui, fatigué, affamé et assoiffé, se coucha à côté de ses fagots et sombra dans un profond sommeil. Bien qu'il fût inquiet de ce qui avait pu arriver à sa petite fille, il ne pouvait se tenir éveillé.
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