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Auteur : Jean-Marc Fombonne
Date de saisie : 19/03/2008
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Essais
Prix : 21.50 € / 141.03 F
ISBN : 978-2-228-90286-1
GENCOD : 9782228902861
Sorti le : 19/03/2008
Depuis vingt ans, Jean-Marc Fombonne traque chez ses contemporains, dans les grands textes de la littérature comme dans d'autres plus improbables, rares ou curieux, et dans la presse, tout ce qui évoque, précise ou décrit les fétichismes du pied et de la chaussure et leurs acteurs inspirés : faits divers, anecdotes, portraits, mises en scène, jugements, pratiques, mots d'esprit, faits historiques, expressions plastiques, exaltations littéraires... Ce livre est le résultat de cette quête qui, du pied aux jambes et des chaussures aux bas, témoigne, avec une complicité légère et malicieuse, d'une véritable tendresse pour des fétichistes sexuels imaginatifs... et d'un intense amour des femmes.
Cofondateur de Radio Nova, créateur de Gamma-Télévision, Jean-Marc Fombonne a aussi été journaliste au Figaro, à Combat et à Libération, où il a créé la rubrique «Médias». Il a également été producteur-réalisateur à l'Atelier de Création Radiophonique de France-Culture et lauréat du prix international Paul-Gilson.
Dans une anthologie aussi réjouissante que documentée, Jean-Marc Fombonne fait un éloge du pied !...
Aussi minutieux et intransigeant dans son Aux pieds des femmes qu'il le fut aux plus belles heures de l'Atelier de création radiophonique de France Culture ou lorsqu'il prit part à la fondation de Radio Nova, Jean-Marc Fombonne en donne une illustration vertigineuse en livrant le meilleur de tout ce qui s'est dit et écrit à propos des fétichismes du pied et de la chaussure. Fruit d'une chasse systématique engagée voici vingt ans, l'exercice est d'admiration.
Autour d'un petit traité d'éducation sentimentale
Il n'est aucune partie du corps humain qui ne soit susceptible de cristalliser le désir et de susciter un embrasement radical.
L'anatomie amoureuse a toujours, partout, été perçue comme une mosaïque dont chaque élément peut jouer un rôle essentiel ou subsidiaire, déterminant ou accessoire.
Mais il n'existe de fétichisme que mâle, les femmes n'ayant que des préférences limitées (le bas du dos, le plus souvent) ou des répulsions sélectives (les chauves, les petits ou les gros...), dictées par leur sûr instinct des conditions optimales à la reproduction.
Si les fétichismes du pied ou de la chevelure, pour ne retenir que les deux extrêmes de notre géographie physique, semblent présenter des accointances moins directes avec la sexualité que l'attention portée aux orifices, ils attestent que les conséquences érotiques des fixations secondaires sont souvent, dans la littérature, provocatrices d'un imaginaire plus distrayant que celui qu'inspirent les sempiternelles pénétrations.
Mais tous les fétichismes n'ont pas le même statut.
Tout témoigne, en effet, de ce que l'Histoire, ce qui se faufile entre la loi, la foi, les moeurs, la géographie et la mémoire pour finir par s'y substituer, place le seul fétichisme du pied et de la chaussure dans un système de reconnaissance universelle.
Sans hasard d'ailleurs, puisque le pied, cet outil, que Léonard de Vinci tenait pour «un chef d'oeuvre d'assemblage et une oeuvre d'art», est seul à être à l'origine de notre condition de bipèdes parlants.
C'est bien, en effet, l'erectus qui a fait l'Homme, bien avant la main ou le langage qui sont tous les deux dépendants et indissociables de la démarche.
La supposée perversion fétichiste du pied n'est donc bien qu'un hommage rendu aux avatars de nos origines, attesté par l'absence totale de fétichisme de la main.
Puisque les anthropologues, les théologiens, les juristes, les historiens, les divers rentiers de l'inconscient, les plasticiens, les écrivains témoignent depuis cinq mille ans de l'influence du pied et du soulier sur la toujours hypothétique Sagesse des Nations, Le Pied, cet avant-poste de notre cerveau, peut bien être considéré comme l'un des guides de l'Esprit qui façonne l'histoire des peuples et des civilisations.
Si les amoureux du pied méritent donc toute la considération que l'on doit aux gardiens de la mémoire de notre évolution, ceux du soulier, proches cousins des premiers, lorsqu'ils ne sont pas les mêmes, sont aussi aimables par la désinvolture monastique avec laquelle ils montent au feu des artifices.
Considérer les uns et les autres comme de potentiels gibiers de divan reviendrait à accréditer que la psychanalyse, cette pratique qui n'est pas une science, serait autorisée à se mêler de tout.
D'autant que ces paraphiles déclinent toujours leurs intérêts pour leur plus grand bonheur et sur des modes qui, pour être variables, ne sont que très rarement menaçants pour l'ordre public.
Si la tentation de ne chérir que le pied est l'apanage de quelques-uns, la plupart considèrent avec passion tout ce qui va du pied à la vermeillette fente.
Pieds, souliers, jambes, bas, jarretelles constituant alors, et dans cet ordre, un parcours fléché, où, à chaque étape, rien n'est autorisé à faillir.
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