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Auteur : Daniel Hervouët
Date de saisie : 17/04/2008
Genre : Policiers
Editeur : Nouveau Monde éditions, Paris, France
Collection : Roman d'espionnage
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84736-310-4
GENCOD : 9782847363104
Sorti le : 17/04/2008
Beijing, août 2008. Qui pouvait imaginer que la plus grande prise d'otages de tous les temps surviendrait en Chine, pendant les Jeux olympiques ?
Pour Adrien Laurent, ancien du service action de la DGSE, la mission semblait sans risques : assurer la sécurité d'une industrielle de l'armement venue prospecter un marché chinois sous embargo. Tout était parfaitement huilé pour une visite paisible qui permettrait à Adrien d'améliorer ses finances après un divorce ruineux. Mais le jour de la cérémonie d'ouverture, un drone explose en pleine tribune présidentielle. Qui est mort ? Qui est blessé ? C'est la panique. Des dizaines de milliers d'Occidentaux sont sous contrôle de l'armée. Désormais, plus personne ne peut quitter la ville olympique. Toutes les chancelleries sont en alerte, mais face à un pouvoir chinois divisé, elles n'ont que peu d'atouts dans leur jeu.
Attentats, complots, doubles jeux... Thriller implacable et palpitant, Jeux de Chine imagine avec une troublante vraisemblance l'une des plus grandes catastrophes géopolitiques possibles aujourd'hui, tout en offrant un regard inédit sur la Chine.
Daniel Hervouët est contrôleur général des armées au ministère de la Défense, professeur associé à l'université Panthéon-Assas, ancien officier des forces spéciales et officier traitant dans une structure militaire de renseignement. Avec Jeux de Chine, en cours de traduction dans plusieurs pays, il devient l'une des figures de proue d'un roman d'espionnage français de stature internationale.
Province de Heilongjiang, république populaire de Chine, mars 2008.
Le vent glacé venant du désert de Gobi s'engouffrait dans les rues désertes pour balayer par saccades la fine couche de poussière qui recouvrait le sol. Les bâtisses sans style, qui avaient brièvement incarné le volontarisme socialiste, étaient revenues à leur triste réalité : des blocs de béton déshumanisés qui abritaient la détresse d'ouvriers exploités. Les coupures régulières d'électricité autant que le tarif du kilowattheure dissuadaient quiconque de veiller. Si bien qu'à deux heures du matin, l'obscurité était quasi totale.
Seul le bruit du vent dans les tôles disjointes des vastes hangars de la zone industrielle rompait le silence de mort qui enveloppait la ville.
Le lieutenant Tian regarda sa montre. Il était dans les temps. D'un geste, il appela son adjoint qui le rejoignit dans la zone d'ombre d'un bâtiment de brique. Pendant que le sous-officier trottinait pour le rejoindre, le fusil d'assaut à la main, prêt à l'emploi, le jeune chef s'accroupit et sortit un plan de sa parka. Les hommes de son unité s'étaient postés contre les façades, dans les moindres anfractuosités pour se dissimuler aux regards. Le camouflage des tenues, adapté aux paysages urbains, faisait le reste.
- À vos ordres, fit le sous-officier à voix basse tout en posant un genou au sol.
Le lieutenant leva le nez de son plan, le doigt sur un point qu'il avait repéré. Sa lampe tamisée par un filtre bleu dispensait un éclairage invisible à quelques mètres. La cagoule noire, passée sous le casque recouvert d'une toile camouflage, dissimulait son visage tandis1, que l'éphémère brouillard de son haleine, aussitôt chassé par le vent, voilait sa bouche par intermittence.
- Nous sommes arrivés au point Alpha, affirma-t-il en montrant le point sur sa carte. Dis au radio de rendre compte au P.C. Je pars avec la première section rejoindre notre objectif. Tu nous suis à une minute avec la seconde section. Arrivé là-bas, je place les snipers dans les bâtiments au sud de l'objectif. Dès que c'est fait, tu prends ma place. Tu assureras le commandement des appuis-feu pendant que je conduirai l'assaut.
- Reçu, mon lieutenant, fit le sous-officier avant de déguerpir pour rejoindre ses hommes.
À quelques rues de là, une autre colonne progressait sur un itinéraire parallèle, mais elle bifurqua vers la station radio qui se repérait de loin à son fatras d'antennes mêlant toutes les générations de technologie.
Quelques kilomètres plus à l'est, un groupe d'hélicoptères MI 8, volant en essaim, progressait à très basse altitude. Dans l'habitacle, des hommes serrés les uns contre les autres, le corps engoncé dans leurs équipements de combat, regardaient fixement le sol à travers les portes grandes ouvertes, à la recherche de leur point de poser. La nuit, en dissimulant les formes du sol et les repères planimétriques, rendait la navigation plus difficile.
Les commandos de l'unité 154 savaient que s'ils parvenaient à s'emparer rapidement de l'aéroport, des gros-porteurs pourraient poser des renforts, des blindés légers, de l'artillerie. Après, ça irait tout seul. Le succès global de l'opération dépendait en grande partie de leur mission. Le visage tendu, les hommes répétaient mentalement leur rôle.
Au sol, le lieutenant Tian vérifia dans ses jumelles qu'aucun signe d'activité anormale ne se manifestait autour de son objectif. Les snipers, maintenant dispersés sur les toits, étaient en mesure de neutraliser les sentinelles et de nuire sévèrement à toute personne à qui viendrait l'idée de pénétrer dans leur secteur de tir. Le lieutenant passa derrière eux, courbé vers l'avant pour que sa silhouette ne se détache pas sur le ciel et donna une tape sur l'épaule de son adjoint en signe de relais. Maintenant que le dispositif était bien en place, il pouvait redescendre prendre le commandement de l'élément d'assaut. Un nouveau coup d'oeil à sa montre. Il ne lui restait que trois minutes avant l'action. Ses hommes tapis dans l'ombre étaient invisibles. Il ne sentait plus le froid mordant de cette fin de nuit. On était sans doute proche des dix degrés au-dessous de zéro. Une goutte de sueur glissa tout de même le long de son échine. Son pouls s'accéléra imperceptiblement. L'adrénaline commençait à affluer. Comme un pur-sang avant le départ de la course, il rongeait son frein.
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