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.. Virage serré

Couverture du livre Virage serré

Auteur : Jean-Noël Blanc

Date de saisie : 16/04/2008

Genre : Policiers

Editeur : Archipoche, Paris, France

Collection : Archipoche

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-35287-074-6

GENCOD : 9782352870746

Sorti le : 16/04/2008

  • Les présentations des éditeurs : 20/04/2008

Un accident de la circulation, tout ce qu'il y a de banal. Une route de campagne, un virage serré, une voiture qui verse dans le fossé, l'hôpital...

Fatalité ? Imprudence ? Ou délit d'un chauffard qui a pris la fuite ? Comment savoir ? Tavernier conduit l'enquête. Et tant pis s'il n'en a plus le pouvoir - l'officier de police judiciaire vient de prendre sa retraite.

Mais la victime est une proche. Et, comme ni la gendarmerie ni le procureur du tribunal local ne semblent pressés, il ne peut compter que sur son oeil de félin et sa ténacité pour débusquer la vérité.

Son oeil de félin ? Les apparences sont parfois trompeuses, comme l'apprendra Tavernier, que l'on retrouve avec son amour du vélo et des chats, son mauvais caractère et sa manie de traquer les impuretés de langage.

Né en 1945, Jean-Noël Blanc est l'auteur de trois romans policiers mettant en scène l'OPJ Tavernier : Tir au but, Le Tour de France n'aura pas lieu et Terminus pour les pitbulls (Points Seuil). Il a reçu le prix Charles Exbrayat pour Esperluette et compagnie (rééd. Joëlle Losfeld, 2004), le prix Renaissance de la nouvelle pour Hôtel intérieur nuit (HB éditions, 2004) et a récemment publié Le Jardin à moustaches (Le Castor Astral, 2007). Pour Virage serré, il s'est fondé sur les dernières recherches d'un groupe d'experts de la sécurité routière.

Inédit


  • Les courts extraits de livres : 20/04/2008

C'est sur une départementale modeste, dans le silence d'un mois d'août torride, que l'ancien officier de police judiciaire Tavernier faillit trouver la mort.
Le ciel était d'un bleu impeccable et les platanes ombrageaient le bitume comme il le faut quand on a dans les jambes plus de soixante-dix kilomètres en plein soleil et qu'on a escaladé tout le matin des pentes parfois sévères. Tavernier achevait une sortie à vélo. Il musardait, pédalant sans forcer, savourant le vent léger qui lui caressait la figure, et il était occupé à songer qu'il avait encore de beaux restes pour un retraité tout neuf lorsqu'il entendit la voiture approcher.
Elle arrivait dans son dos. Vite. Trop vite. Le moteur à plein régime. Accélérateur à fond. Une folie sur une route pareille, beaucoup trop étroite pour une telle vitesse.
Il ne se retourna même pas, se poussa d'instinct vers le bas-côté. Aperçut au dernier moment devant lui, sur le bord de la chaussée, des tessons de bouteille. La voiture le talonnait. Il donna un coup de guidon à droite, la voiture le frôla, il sentit le rétroviseur raser son bras, le talus était là, sa roue avant se déroba, il bascula par-dessus son vélo, le vrombissement du moteur était si proche, il se vit tomber, tendit le bras gauche, évita de justesse l'aile arrière, la voiture juste à côté de lui, l'odeur des gaz d'échappement, une carrosserie verte, un 4 x 4, quelle marque, il s'étonna de penser à cela tandis qu'il chutait sur le macadam, sa main heurta le sol dur, puis son épaule, sa hanche, son genou, il entendit claire­ment le bruit métallique du vélo qui se couchait et glissait sur la chaussée et au même moment il sentit sa tête partir sur le côté, impossible de la retenir, trop lourde, il avait la sensation de tout percevoir au ralenti, elle était si pesante, elle vint frapper le bitume, il ferma les yeux, le casque, le casque, pourvu que.
Il demeura étendu un court instant. Étourdi, mais l'esprit assez clair pour réagir vite. Se dégager, quitter le milieu de la route. Se mettre à genoux. Se redresser. Un début de vertige. Ne te laisse pas aller. Il porta la main à son visage, sentit du liquide. Du sang. Les lunettes de soleil cassées. L'arcade sourcilière gauche. Pas encore mal. Pas vraiment. Il se releva.
Le vélo. Comment était le vélo ? Il se pencha sur la machine, la redressa. À première vue pas de gros problèmes. Il fit tourner les roues, essaya les freins. La roue avant voilée frottait. Il desserra les patins pour donner plus de jeu à la jante. Et les vitesses ? Il en fit passer quelques-unes en soulevant le vélo par la selle. Elles ne fonctionnaient plus que dans les rapports moyens, et encore.
Il tenait encore le vélo en équilibre lorsqu'il se rendit compte qu'il tremblait. Ses genoux se dérobaient. La peur. Le contrecoup. Une réaction qu'il ne contrôlait pas. Un frisson agitait les muscles de ses jambes. Il tira son vélo sur le bas-côté avant de s'asseoir dans l'herbe. Il ferma les yeux. Allons, du calme. Respire. Pas d'affolement. Il étendit les jambes. Les tremblements cessèrent peu à peu, et alors seulement ses os commencèrent à lui faire mal.
La hanche, l'épaule. Toutes les parties saillantes du squelette, qui avaient porté sur la route. Pourvu que je n'aie rien de cassé. Il remua son épaule, son coude, son poignet. Se releva pour vérifier l'articulation du genou, de la hanche. Plia les jambes l'une après l'autre, debout sur l'accotement.
Rien de cassé.
Tout juste la plaie sur l'arcade, le sang qui coulait sur sa joue. Il l'épongea du revers de ses gants. Il n'y en avait pas trop. Peut-être même pas de quoi justifier un point de suture. Quant à la cuisse gauche, à son épaule, à son coude, il ne repéra que des écorchures qui semblaient peu profondes.


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