Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
est notre partenaire « Télé » : chaque jeudi soir, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie ».
est notre partenaire « Radio ». Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche soir, François Busnel reçoit deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée.
Auteur : Tatiana de Rosnay
Date de saisie : 17/07/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-35087-083-0
GENCOD : 9782350870830
Sorti le : 07/05/2008
Après l'indispensable et incontournable "Elle s'appelait Sarah" paru l'an dernier (véritable coup de coeur personnel), les éditions Héloïse d'Ormesson ont eu la très bonne idée de rééditer l'un des précédents romans de Tatiana de Rosnay, "La Mémoire des murs", publié à l'origine en 2003.
La particularité de ce roman, outre ses qualités propres, est qu'il fut la clé qui a ouvert la porte à la naissance de "Elle s'appelait Sarah" (désormais disponible au Livre de Poche). Dans "La Mémoire des murs", nous suivons une informaticienne de quarante ans, tout juste divorcée, en quête d'un nouveau départ dans son existence. Ce nouveau chapitre dans le roman de sa vie va se matérialiser par le nouvel appartement dans lequel elle s'installe. Mais à peine le rêve commence t-il que le cauchemar n'est pas loin... Les murs dans lesquels elle vit désormais ont été les témoins d'un horrible meurtre. Sa chambre, en théorie lieu de quiétude et de repos, fut une scène de crime...
Dès lors, la quête obsessionnelle qui la lance sur les traces du tueur va raviver de nombreuses blessures.
Oui, décidemment, les murs ont une âme...
Nous attendons maintenant avec impatience la nouvelle et future publication de Tatiana de Rosnay...
Lorsqu'on entre quelque part, on peut s'y sentir merveilleusement bien ou, au contraire, horriblement mal. Comme si les lieux dégageaient une sensation puissante, comme si les pierres s'imprégnaient de joie ou de chagrin pour plus tard s'en décharger et les restituer.
Fraîchement divorcée, Pascaline, informaticienne de quarante ans, vient de trouver l'appartement de ses rêves. À peine installée, elle apprend que ces murs ont été témoins d'un crime. Lentement, par touches infimes, ce drame fait surgir en elle une ancienne douleur, une fragilité restée longtemps enfouie. Pour en finir avec son passé, elle se lance alors sur les traces d'un tueur en série. Une quête obsessionnelle qui ravive ses blessures et l'amené à la lisière de la folie.
Née en 1961, Tatiana de Rosnay vit depuis vingt-cinq ans à Paris. Scénariste et journaliste, elle collabore notamment aux magazines Elle et Psychologies.
Elle est l'auteur de Elle s'appelait Sarah (2007), best-seller international en cours d'adaptation cinématographique.
Soit Pascaline, donc. Une quadra fraîchement divorcée qui trouve l'appartement rêvé pour recommencer sa vie. A peine installée, elle est prise d'étranges nausées. Ici a eu lieu le premier meurtre d'une série de sept jeunes filles. Se met en place un engrenage infernal et une cascade de questions sans réponses...
Efficace, glaçant, ce court roman noir et subtil nous entraîne au bord de la folie. Et on se souvient de cette phrase, mise en exergue, de Patrick Modiano dans Dora Bruder : "Au moins les lieux gardent une légère empreinte des personnes qui les ont habités."
L'appartement correspondait exactement à ce que je cherchais. Quarante-huit mètres carrés, quatrième étage, chambre sur cour, salon sur rue. Pierre de taille, lumière, calme. Quartier vivant, bien desservi par le métro, marché le samedi. Le loyer n'était pas donné, mais ça n'avait pas d'importance. J'aimais cet endroit. Je l'ai aimé tout de suite.
Le jeune homme de l'agence immobilière m'a appris qu'il y avait une autre personne intéressée. Un monsieur d'un âge avancé. J'ai imaginé un vieillard paisible dont le seul tort était de ne pas baisser le volume de sa télévision. Le propriétaire devait faire son choix entre un retraité voûté et une quadragénaire divorcée, sans enfants.
Dans la glace de la salle de bains, j'ai aperçu mon reflet : un fin visage à lunettes, des cheveux lisses gainés d'un Movida acajou, des salières acérées sous une peau qui commençait à se faner. Rien qui avait su retenir Frédéric. Frédéric, c'était du passé, me le répéter, encore et toujours. Nouvelle vie, nouvel appartement. Un appartement à deux stations de mon travail, c'est ce que j'ai dit au jeune homme qui m'écoutait poliment.
- Vous êtes dans quelle branche ? a-t-il demandé.
- Dans l'informatique. Je suis analyste programmeur. Comme toujours, j'ai vu son sourire se teindre d'ennui. Une femme qui maniait le html, c'était rébarbatif, sauf si elle avait un physique.
J'ai fait un nouveau tour des lieux. La cuisine était petite, mais propre et fonctionnelle, comme la salle de bains. Le salon donnait sur les toits gris de la rue Dambre. La chambre était très calme.
- Alors, a dit le jeune homme, vous le voulez ?
J'ai regardé une dernière fois autour de moi. Frédéric aurait-il aimé ? J'imaginais sa moue, le léger haussement d'épaules. Il aurait trouvé ça trop étriqué. Trop «bonne femme chichi». Mais après tout, Frédéric n'était plus là pour se plaindre, pour me critiquer. J'allais vivre seule. Et pour vivre seule, il fallait que je me sente bien chez moi.
Pas question de laisser le 25, rue Dambre à un retraité. Ou à qui que ce soit, d'ailleurs.
Quelques jours plus tard, le jeune homme de l'agence m'a téléphoné pour m'annoncer que mon dossier avait été retenu par le propriétaire. Je pouvais emménager immédiatement. Frédéric avait gardé la plupart de nos meubles. Je n'en voulais plus, de ces meubles-là. Je me demandais comment sa fiancée supportait de dormir dans un lit où il m'avait fait l'amour pendant si longtemps. Je n'ai rien gardé de nos années en commun. J'avais tourné la page. Il a suffi d'acheter un lit, un canapé, un fauteuil, une armoire, une commode, une table et deux chaises. Le tout me fut livré en quelques jours. Je n'ai pas fait mettre le téléphone, mon portable suffisait. Mon seul luxe fut d'installer le câble, pour disposer d'une centaine de chaînes et pour que mon ordinateur soit relié à Internet en permanence.
Ma collègue Élizabeth était venue m'aider à monter l'armoire. Elle était costaud, malgré un air trompeur de jeune fille chétive. Élizabeth avait quinze ans de moins que moi. Jolie, amusante. Une des seules personnes avec qui je m'entendais au bureau. Malgré notre amitié grandissante, nous persistions à nous vouvoyer.
- Voulez-vous mettre l'armoire dans votre chambre, Pascaline ? Car si c'est le cas, nous devrions déjà monter l'arrière.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia