Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
est partenaire de notre site. Chaque semaine, un choix de libraire est publié dans les colonnes du Monde des Livres.
France Info est également notre partenaire. Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche, François Busnel reçoit un critique littéraire et deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée (pour écouter, cliquez sur le logo, puis choisissez "Chroniques", et enfin "A livre ouvert").
Auteur : Hua Yu
Traducteur : Angel Pino | Isabelle Rabut
Date de saisie : 22/05/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Actes Sud, Arles, France
Collection : Lettres chinoises
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 978-2-7427-7437-1
GENCOD : 9782742774371
Sorti le : 11/04/2008
Li Guangtou et Song Gang ne sont pas de vrais frères mais leurs destins se sont de longue date trouvés liés pour le meilleur et pour le pire. Enfants, puis adolescents pendant la Révolution culturelle, ils atteignent l'âge adulte au moment où la Chine entre dans l'ère tumultueuse des "réformes" et de l'"ouverture". La solidarité, cimentée par les épreuves, qui les unissait jusqu'alors se fissure et leurs chemins, pour un temps, se séparent : tandis que Song Gang, l'"intellectuel" doux et loyal, est rapidement dépassé par son époque, Li Guangtou, le "brigand", tirera le meilleur parti des bouleversements sociaux et économiques en cours.
A travers ce couple de "faux" frères, c'est près d'un demi-siècle d'histoire chinoise qui défile sous nos yeux, des années 1960 et 1970, marquées par la répression morale et les atrocités politiques, à l'époque contemporaine, où les énergies individuelles se libèrent dans un désordre épique.
Le "loser" et le "battant" résument à eux seuls une transition vécue par des millions de Chinois dans la fièvre et le désarroi. Li Guangtou, à la fois rustre et ingénieux, brutal et généreux, et avant tout doué d'une force de vie et d'un culot sans limites, est le digne représentant des entrepreneurs de la Chine contemporaine, et le "bourg des Liu", microcosme où se reflètent les grands événements des dernières décennies, s'élève à la hauteur des grands lieux mythiques que l'imagination littéraire est susceptible de créer.
Avec ce roman qui contient l'expérience de toute une génération, celle de la faim, de la violence, celle de la frénésie économique et des grandes migrations, des ascensions fulgurantes et des naufrages individuels, Yu Hua a écrit une véritable odyssée de la Chine, de Mao aux JO. Le public chinois ne s'y est pas trompé, qui a fait un triomphe au livre.
Né en 1960 à Hangzhou (Zhejiang), Yu Hua a commencé à écrire en 1983. Ont été traduits en français : Vivre ! (Le Livre de poche, 1994 ; Babel, 2008), porté à l'écran par Zhang Yimou et primé au Festival de Cannes en 1994, Un monde évanoui (Philippe Picquier, 1994) et, chez Actes Sud, Le Vendeur de sang (1997), Un amour classique (2000), Cris dans la bruine (2003) et 1986 (2006).
Son récit-crachat, plein de rage politique, dénonce les volte-face incessantes de ses compatriotes, déchirés entre obéissance aveugle et digne révolte. Et soudain, en pleine logorrhée bilieuse, le voilà qui ravale sa colère pour laisser place à une écriture caressante et lyrique, chargée d'amour pour ses personnages bringuebalants. Yu Hua signe un mélo comme on n'ose plus en faire, avec des larmes et du sang, des trahisons et des retrouvailles. Et un formidable humour sous cape. Parce que «quand la forêt est grande, on trouve toutes sortes d'oiseaux ; quand la foule est nombreuse, on y entend toutes sortes de rires [...]. Des gros rires, des rires discrets, des rires pointus, des rires flûtés, des rires grivois, des rires perfides, des rires bêtes, des rires secs, des rires mouillés et des rires contraints.»
Avec le monumental Brothers, Yu Hua a retrouvé sa verve satirique avant de s'attirer les foudres du gouvernement chinois parce que son roman - vendu à près d'un million d'exemplaires - brosse le portrait féroce d'une nation éternellement comateuse, déchirée entre la terreur rouge et le capitalisme sauvage...
Et lorsque sonnera le glas de la Révolution culturelle, les deux héros de Brothers verront leurs destins «se fissurer dans un monde qui se fissure». Ce monde-là est celui du profit à outrance et des plaisirs débridés, un mélange nauséeux de corruption et de pornographie sur lequel Yu Hua jette un regard terriblement désabusé. Son roman, décapé à l'humour noir, fait peur. Et donne de la Chine actuelle une image bien différente de celle que colportent ses dirigeants, à la veille des jeux Olympiques.
Brothers n'est pourtant pas un roman historique, mais plutôt une étude de terrain de deux personnages jetés dans le bouillon de l'histoire...
On se souvient de Yu Hua auteur de romans habités et incisifs comme Vivre ! (Le Livre de Poche, 1994) ou Le Vendeur de sang (Actes Sud, 1997). On le découvre aussi habile à décrire le dilemme enfantin entre des bonbons et un amour fraternel qu'à jeter ses personnages dans la gueule de l'histoire. Ecrivain de l'ambition et de la déception sociale, des amours contredites et indirectes, il y a de l'Hemingway chez Yu Hua, certainement, mais aussi du Stendhal.
Brothers est sans doute le plus insolent des livres de Yu Hua. Les slogans maoïstes y sont continuellement détournés (une des prouesses des traducteurs est de l'avoir rendu perceptible en français). L'expérience la plus crue, ou la plus cruelle, est filtrée par le regard d'un garnement généreux. Il y a souvent des enfants dans les histoires de Yu Hua, comme s'il n'avait jamais oublié celui qu'il a été. Tous ses romans racontent que la vie est susceptible de basculer du jour au lendemain, et que c'est arrivé à tous les Chinois de sa connaissance.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia