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"Quid" d'Agnès Le Roux ? Que lui est-il arrivé ? Est-elle toujours en vie ? Maintes questions aujourd'hui encore sans réponse... Patrick Besson reprend l'affaire. Ou retouche simplement un tableau déjà bien usé, à tant avoir été regardé. Il dresse, par la même occasion, un portrait de l'époque, époque pas si lointaine où sévissaient Johnny Hallyday, Richard Anthony et bien d'autres. Une écriture hachée, un style neutre et imagé pour ce documentaire romancé. Du "réchauffé divertissant", dirons-nous, sauvé par un auteur qui sait trouver les mots.
Les présentations des éditeurs : 08/06/2009
Née en 1948, Agnès Le Roux aurait aujourd'hui soixante ans. Ou faut-il dire a ? Elle a disparu : meurtre ou exil volontaire loin, très loin de la promenade des Anglais ?
L'une des plus fameuses énigmes de la seconde moitié du XXe siècle met en scène Mme Le Roux mère, Renée, copropriétaire du Palais de la Méditerranée, le célèbre casino niçois sur lequel Jean-Dominique Fratoni entend mettre la main. L'amant d'Agnès, Maurice Agnelet, va favoriser l'opération en aidant la fille à voter contre sa mère au conseil d'administration, renversant la majorité et chassant Renée Le Roux de son poste de P-DG.
Le récit est l'évocation, par un romancier, d'un fait divers mêlant des éléments amplement divulgués par les médias à des aperçus et interprétations propres à l'auteur. C'est aussi l'occasion fournie à Patrick Besson de brosser un portrait très contrasté de Nice, gouvernée à l'époque par Jacques Médecin.
La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 22 mai 2008
Ce brillant romancier serait un piètre flic. Il a écrit ce livre - d'où le charme acidulé qui s'en dégage ? - comme s'il avait encore 20 ans. Sur un air de sirtaki, Patrick drague Agnès parce qu'elle a de gros seins, des lèvres pulpeuses, de grands airs, des jupes sages et de l'argent. Ses phrases sont rapides et râpeuses, pleines de calembours, de néologismes de lycée (oh, «la serretitude»), de chansons de l'époque (Sheila, Johnny), de provocations (Monaco, «dernier pays communiste») et de câlins. C'était en effet la seule manière de rendre au corps d'Agnès Le Roux sa jeunesse d'avant le saccage.
La revue de presse Jacques-Pierre Amette - Le Point du 1er mai 2008
Pour bien suivre l'itinéraire Besson, il faut savoir qu'il a rédigé son premier livre à l'âge de 17 ans, en 1974. Il s'en souvient avec une telle nostalgie qu'il n'écrit, depuis, que des premiers livres. Il les reprend avec un Bic baveux prêté par une copine blonde aux yeux verts. Il veut retrouver la verdeur de la première phrase, l'émotion ineffable du premier manuscrit envoyé par la poste. D'où sa fraîcheur. On hume, vers la fin du livre, une vague odeur de mort, d'absence, un désarroi, un côté sonate inachevée ; des ombres arrivent, Agnès, en contre-jour, nous parle : bonjour tristesse. On croyait lire une pochade, on a sans doute une prière.