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Date de saisie : 02/04/2008
Genre : Sciences et Technologies
Editeur : Documentation française, Paris, France
Prix : 45.00 € / 295.18 F
ISBN : 978-2-11-006284-0
GENCOD : 9782110062840
Sorti le : 02/04/2008
Destiné aux différents acteurs (maîtres d'ouvrage, maîtres d'oeuvre, entreprises de travaux, partenaires institutionnels, etc.) agissant dans les domaines de la gestion, l'aménagement et la restauration des milieux aquatiques (cours d'eau, canaux, étangs, milieux humides, etc.), le présent manuel technique livre les savoir-faire développés depuis plus d'une décennie sur le territoire français en matière de génie végétal.
Déclinant les techniques végétales essentielles et largement illustré à travers le commentaire de cas concrets, le présent ouvrage vise à forger une culture commune où l'apprentissage et l'expérimentation auront toute leur place.
À l'heure où les États membres de l'Union européenne se sont récemment fixés, à travers la directive cadre sur l'eau, l'atteinte d'un «bon état écologique» des eaux, ce manuel est une invitation à rechercher des solutions adaptées, à considérer de plus près les origines des phénomènes et les effets de nos interventions au regard des enjeux.
L'eau et l'homme : une relation conflictuelle
Les cours d'eau, les étangs, les marais, pour ne citer que quelques exemples parmi les eaux de surface, sont des milieux naturels, normalement riches et diversifiés. De nombreuses espèces végétales et animales s'y reproduisent, s'y nourrissent ou s'y cachent. Une mosaïque de biotopes, d'associations et de formations végétales juxtaposées confère aux sites humides une profonde qualité biologique et paysagère. De plus, ces milieux rassemblent de nombreux usages dont l'homme a su tirer parti au fil du temps, tant d'un point de vue économique que des loisirs, au détriment souvent d'une forme de «naturalité» originelle.
Récemment, quelques événements, voire malheureuses catastrophes liées aux inondations, sont venus rappeler aux hommes que les importants travaux de chenalisation (recalibrage, rectification, endiguement, protection étendue de berge, etc.) entrepris sur les cours d'eau ne peuvent être forcément garants d'une sécurité infaillible. Les travaux systématiques de drainage et de remblaiement entrepris antérieurement dans les zones capables de retenir l'eau, l'imperméabilisation de vastes surfaces qui accompagne le développement urbain ont d'ailleurs fortement influencé ces phénomènes.
Du fait d'aménagements hydrauliques «musclés», d'une politique de construction soutenue, de pressions systématiques et excessives d'usages, de pratiques culturales intensives, du drainage des zones humides, le risque d'inondation et les dégâts considérables qui lui sont associés se sont en bien des cas accrus, en fréquence et en intensité. Il est probable aussi que ce risque augmentera encore, en relation avec les changements climatiques annoncés dans un proche avenir.
De surcroît, et au-delà de ces aspects quantitatifs, il est certain que d'un point de vue qualitatif, l'eau a subi, au cours de ces opérations, des dégradations notoires, irréversibles à long terme dans certains cas sans des moyens considérables pour récupérer la qualité originelle. Les pollutions chroniques ou accidentelles, qui affectent encore les milieux aquatiques en général et les cours d'eau en particulier, ne peuvent qu'affaiblir et mettre en danger les écosystèmes et les nappes phréatiques dont l'homme, faut-il le rappeler, utilise les ressources. Sous les impacts des interventions précitées, la valeur écologique ou la qualité biologique des eaux, avec son cortège d'espèces végétales et animales, normalement parfaitement structuré soit par les crues naturelles pour les cours d'eau, soit par les précipitations pour les zones humides, a fortement diminué et beaucoup de biocénoses diversifiées de valeur ont quasiment disparu de très nombreux fleuves, rivières ou ruisseaux (Wasson J.-G. et al., 1995) ainsi que de zones jadis marécageuses.
Le Rhin, pour exemple, qui est le troisième fleuve européen (1 320 km), a vu ses surfaces alluviales inondables diminuer de 85 % au cours des deux cents dernières années, dû notamment à l'urbanisation et aux usages agricoles.
Il est vrai que, par le passé, l'homme n'a pas toujours vécu une relation conflictuelle avec les eaux de surface. Celles-ci étaient même vénérées. Il est donc certain, au regard des problèmes susmentionnés et des mauvais résultats obtenus, que l'homme saura trouver les motivations et les énergies nécessaires à la reconquête du naturel. On constate du reste que de très nombreux pays multiplient aujourd'hui les études et les projets de restauration de cours d'eau dégradés ainsi que de revitalisation de zones humides.
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