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Auteur : John Cheever
Traducteur : Dominique Mainard
Date de saisie : 04/06/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : J. Losfeld, Paris, France
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-07-078721-0
GENCOD : 9782070787210
Sorti le : 14/05/2008
Mort en 1982, pris Pulitzer en 1978, comparé à Tchekov, il n'a écrit que des nouvelles.
Dans la lignée de R. Carver, John Cheever observe à la loupe les classes moyennes américaines.
Il décrit les fractures de nos vies, tous ces petits riens qui font problème : la mélancolie, les frustrations (on se croirait dans les tableaux d'Edward Hopper !), le mal être de beaucoup d'entre-nous par rapport à ce que nous ressentons, mais nous ne comprenons pas ou nous ne parvenons pas à expliquer, la partie cachée des choses, les ravages d'une société sans autre idéal que l'apparence ou le confort matériel.
Un style limpide, précis, au service d'un humour grinçant, d'un ton décalé.
Le rire et les larmes jaillissent de la même source.
Un grand écrivain et un beau travail d'éditeur.
Comme dans le recueil précédent, Déjeuner de famille, on retrouve dans Le ver dans la pomme le mal-être dont souffrent presque tous les personnages de Cheever, la quête de quelque chose qu'ils ne savent nommer mais dont l'absence leur est insupportable. Cheever révèle les secrets de famille derrière les façades mais il le fait toujours avec humour et fantaisie (Le jour où le cochon est tombé dans le puits), de temps à autre sur un ton loufoque et touchant, mais toujours avec une grande empathie pour ses personnages, comme dans La duchesse.
John Cheever (1912-1982) devient dès les années 1930 le chef de file de l'école dite du New Yorker. Écrivain culte aux États-Unis, il est l'auteur de presque deux cents nouvelles et de cinq romans. Couronné des prix les plus prestigieux tels que le Pulitzer Prize, le Benjamin Franklin Short Stories Award, le National Book Award ou le National Book Critics Award, il est célébré par John Updike comme le meilleur styliste de sa génération, encensé par Saul Bellow, Raymond Carver, Vladimir Nabokov et Philip Roth qui dit de lui : «John Cheever est un réaliste enchanté, et sa voix, dans ses lumineuses nouvelles [... ], est aussi riche et reconnaissable que les plus grandes voix de la littérature américaine d'après-guerre.»
Joëlle Losfeld est une éditrice avisée. Elle nous distille avec parcimonie, d'une publication à l'autre, les nouvelles de John Cheever (1912-1982), toutes extraites du recueil «The Stories of John Cheever» sans cesse réédité aux Etats-Unis, et comment s'en étonner ? Ce chef de file de l'école dite du «New Yorker» fut bien, après Hemingway, le plus grand nouvelliste américain de son temps...
En moins de 20 pages, Cheever suggère une forme de durée romanesque comme la beauté déliquescente des paysages italiens de l'exil.
John Cheever (1912-1982), électron libre de la nouvelle, de la phrase langoureuse, sinueuse jusqu'à la menace sourde, semble écrire à l'intuition. Il est maître de l'imperceptibilité, des aveux refoulés, des amours cadenassées. Il cherche derrière des pots de confiture, s'attarde sur des fleurs fanées, tambourine à une porte close, se fige devant un paysage muet, et met en scène l'ivresse du rien, du vide. Il emmène tout son petit monde, hommes, femmes, enfants, dans des défaites intimes sans jamais les accabler. Il embraye sur quelques phrases faussement anodines, accélère, et, au détour d'un mot, révèle l'entourloupe. Cheever est un pudique, un écrivain qui fait de l'élégance et du non-dit un art à part entière...
Cheever ironise, s'amuse de tous ces petits arrangements bêtement humains, pique ici ou là ses personnages, ses compatriotes, comme s'il voulait les réveiller, leur donner une seconde chance, et se sortir lui-même d'une aliénation latente, d'une décadence inévitable. La subversion, chez ce dandy de Cheever, a des allures de vieilles dames effarouchées aux cris imperceptibles - de tout petits «oh !».
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