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Sous le couvert d'un pseudonyme, le narrateur explique comment il est devenu un hors-la-loi ou un "outlaw" pendant l'époque que tous ces westerns hollywoodiens ont déifiés. Il raconte les perceurs de coffre-fort et comment ils se soutiennent, il explique ses rapines, et comment il berna les représentants de la loi plusieurs fois. Mais surtout il explique la prison et l'enfer que cela pouvait être.
Très instructif, a la limite du document ethnographique. A signaler que ce roman a servi de matrice au livre culte de la beat generation Junky de William Burroughs.
"Avant mon vingtième anniversaire, j'étais sur le banc des accusés d'une cour d'assises pour tentative de vol. [...] Entre quatorze et vingt ans, je m'étais enfui de chez mon père et j'avais pris la route. J'étais devenu un voleur à l'arraché, un videur-de-tiroir-caisse, un "visiteur" de pensions bon marché - en somme un gagne-petit plein de promesses [...] A vingt-cinq ans, j'étais un cambrioleur confirmé, un rôdeur de nuit, attentif à ne jeter son dévolu que sur les meilleures maisons [...] A trente ans, j'étais un membre respecté de la confrérie des yeggs ou "casseurs de coffres-forts" [...] A quarante ans, j'étais un voleur de grand chemin qualifié, solitaire et compétent ; un évadé, un fugitif, avec pas moins de vingt-cinq ans d'expérience dans le "milieu". Une bien triste expérience !".
"Pendant ces vingt-cinq ans, voilà toutes les choses qui me sont arrivées, et que je vais raconter ici. Et je vais les raconter comme je les ai vécues : le sourire aux lèvres." Et voici ce qui fait la force de ce livre, c'est son ton. Publié en 1926, justement sous-titré "Autoportrait d'un hors-la-loi" - "Yegg" n'a pas pris une ride. Il fait partie des ces témoignages intemporels, dans lequel on y voit une Amérique loin de la grande Histoire. On y croise des hommes qui ont encore une morale (mais Jack Black ne se berce pas d'illusions sur l'humanité) et du courage, et le parcours de Jack Black force le respect. C'est une petite perle qu'a exhumé cette jeune maison d'édition, félicitations.
Les présentations des éditeurs : 04/06/2008
Publié aux état-Unis en 1926, c'est le récit de la vie criminelle de Jack Black, de son initiation, de son apprentissage auprès d'artistes du cambriolage, de ses succès et de ses revers. Il nous fait rencontrer l'Amérique vagabonde et souterraine des hobos et des criminels, avec ses codes et ses héros. à bord des trains de marchandises, dans les fumeries d'opium, les tribunaux, les geôles de campagne, les pénitenciers, Jack Black nous donne à voir une géographie parallèle, faite de chemins de traverse, de refuges sûrs, de campements précaires et de repères de receleurs, celle du refus de se laisser enfermer dans les conventions et les emplois des «honnêtes citoyens».
Livre culte pour la Beat Generation, Yegg a servi de matrice à Junky de William S. Burroughs.