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Et un, et deux, et trois... zéro. 12 juillet 1998, le ciel de Saint-Denis s'embrase, la France s'embrasse. On est les champions, on est les champions... Les Bleus brandissent la Coupe du monde. La bande à Jacquet a réalisé l'exploit.
Que de souvenirs ! Les buts de Zidane en finale, les gamineries d'Henry et Trezeguet pendant la séance des tirs au but contre l'Italie, les chevauchées de Petit, le baiser porte-bonheur de Blanc sur le crâne de Barthez...
Espoirs, doutes et joies... : Jean-Noël Blanc fait revivre les émotions de la compétition en se glissant dans la peau de certains joueurs et dans celle du sélectionneur.
Mis bout à bout, ces vingt-deux instantanés composent le roman vrai d'une épopée inoubliable. Une plongée dans l'intimité de l'équipe championne du monde.
Sociologue et écrivain, Jean-Noël Blanc est aussi, comme il se plaît à le dire, un «vieux crampon» qui a longtemps joué au football. Considéré comme l'un de nos meilleurs écrivains sportifs, il a reçu le prix Charles-Exbrayat et le prix Renaissance de la nouvelle. Parmi ses ouvrages : Jeu sans ballon (Seuil, 1996), Tête de moi (Gallimard, 2002) et Le Grand Braquet (L'Archipel, 2003). Récemment, il a publiée Jardin à moustaches (Le Castor Astral, 2007) et un polar, Virage serré (Archipoche, 2008).
Les courts extraits de livres : 08/06/2008
Neuf ans après
C'est Thierry qui est arrivé le premier, en fin de matinée. Il portait autour du cou l'accréditation plastifiée qui l'autorisait à pénétrer dans les entrailles du Palais omnisports de Bercy, et quand il est entré dans la salle de réunion tout le monde a pu voir qu'il boitait bas. Ceux qui sont venus l'accueillir lui ont demandé combien de temps sa blessure allait l'éloigner des terrains. Trois ou quatre mois, a dit Thierry, jusqu'en juin je suis mort.
Alors c'est gentil d'avoir apporté ton cadavre pour venir nous soutenir, a répliqué quelqu'un, et Thierry a dit en riant qu'il était prêt à tout pour les copains, et tiens, à propos, ils ne sont pas encore là ?
Il n'a pas eu longtemps à attendre. Les autres sont arrivés un à un, et chacun, en apercevant Thierry, commençait par prendre de ses nouvelles. Il répondait en souriant, vous allez voir en automne je péterai le feu.
Il pétera rien du tout, a dit Youri qui venait d'entrer à son tour dans la salle, il se la pète et c'est tout.
Oh le mec, a dit Thierry en se reculant pour mieux détailler le nouvel arrivant, tu tournes dans un film ou quoi ?
Il a tendu les deux bras devant lui pour montrer la tenue de Youri, le manteau prune, le béret noir, et il a crié à la cantonade eh les gars venez voir les sapes de l'Américain si c'est pas mortel.