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Auteur : Mark Frost
Traducteur : Daniel Roche
Date de saisie : 02/07/2008
Genre : Histoire
Editeur : First Editions, Paris, France
Collection : Documents
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-7540-0789-4
GENCOD : 9782754007894
Sorti le : 12/06/2008
1944. Alors que l'issue de la guerre ne fait plus aucun doute, les allemands affectent une poignée d'hommes à une mission suicide qui, en cas de succès, pourrait affecter le cours de l'Histoire.
Mark Frost s'appuie apparemment sur des faits restés longtemps secrets pour bâtir un suspense prenant et en profite pour brosser le portrait de deux personnages diamétralement opposés l'un à l'autre mais avec un objectif commun (un officier SS aussi rusé que sadique et un jeune homme américano-allemand ne sachant plus dans quel camp se situer) : le second objectif.
1944. Bataille des Ardennes. L'issue de la guerre parait évidente et les Américains se voient déjà chez eux pour Noël. Mais les Allemands décident de jouer leur va-tout et se donnent six semaines pour changer le cours de l'histoire. Le lieutenant colonel Otto Skorzeny, célèbre depuis qu'il a aidé Mussolini à s'échapper, reçoit l'ordre de mettre sur pied «l'opération Griffon» : une force spéciale de deux mille hommes, parlant couramment anglais, portant des uniformes de GI et roulant dans des véhicules subtilisés aux alliés. Leur objectif : semer la confusion dans les lignes de défense américaine. Parmi eux, vingt hommes sont sélectionnés pour mener à bien une mission secrète. Ils sont parfaitement entraînés, connaissent tout de la vie sexuelle de Betty Grable et se révèlent incollables sur les quinze dernières saisons de base-ball : en bref, ils maîtrisent la culture américaine sur le bout des doigts. Ce qui devrait leur permettre de réaliser le second objectif : supprimer une importante personnalité du camp adverse. Pour l'instant, ils ne savent pas encore de qui il s'agit. Mais rien ne doit les arrêter...
Mark Frost a plus d'une corde à son arc : il est le créateur de la série télévisée Hill Street blues le coauteur (avec David Lynch) de l'incontournable Twin Peaks et les deux romans qu'il a déjà commis, La liste des sept et Le sixième messie (Pocket), ont fait de lui un écrivain à succès. Il est par ailleurs fan de golf et a dédié à sa passion un ouvrage qui fait référence : La plus grande partie de tous les temps (Albin Michel).
Grafenwöhr, Bavière, Allemagne
3 novembre 1944
Bernie Oster arriva à Nuremberg après une nuit solitaire dans le train, muni de l'ordre de mission portant la mention «secret» que son chef lui avait remis la veille à Berlin. À la fin de l'entretien, avant que les soldats l'escortent jusqu'au train, on lui avait dit de ne prendre aucun bagage et de s'habiller en civil. Il tendit ses papiers aux officiers SS de la gare de Nuremberg, qui le conduisirent dans une pièce vide où ils le laissèrent sans lui donner d'explications. Vers midi, on le fit monter à bord d'un camion bâché, avec une douzaine d'autres hommes qui l'avaient rejoint dans son isolement.
On leur avait interdit de parler. Ils n'échangèrent que des regards et des hochements de tête prudents. Aucun ne portait d'uniforme, mais leurs attitudes et leurs manières étaient celles de soldats ou de marins. Assis seul dans un coin, Bernie fumait cigarette sur cigarette en se demandant d'où venaient ces hommes et ce qu'ils pouvaient avoir en commun. Lors de leur entrevue, son chef ne lui avait donné aucun détail, si ce n'est que lui, Bernie, s'était «porté volontaire» - sans qu'on lui en ait d'ailleurs laissé le choix - pour une mission spéciale exigeant un transfert immédiat. Quinze heures plus tard, à plusieurs centaines de kilomètres de chez lui, il traversait une région de l'Allemagne qui lui était parfaitement inconnue.
Peu après le démarrage du camion, le plus agité des passagers laissa échapper la question que tous se posaient : «Qu'est-ce qu'on fait ici ?... Qu'est-ce qu'ils nous veulent ?»
Bernie ne répondit pas. Le risque était trop grand que l'un de ces hommes soit une taupe SS chargée d'enregistrer leurs conversations - ou de les provoquer en posant ce genre de questions. Il avait déjà assez de raisons de craindre pour sa vie. C'était sans doute aussi le cas de ses compagnons ; aucun d'entre eux n'ouvrit la bouche.
Il s'approcha de la bâche et regarda au-dehors à travers un interstice de la toile. Leur camion avançait sur une route nationale, dans un paysage gris et morne - arbres dénudés, champs en jachère, vastes étendues arides et monotones. Ils devaient rouler depuis une heure et demie quand le véhicule tourna pour s'engager sur une petite route serpentant dans un bois sombre. Au bout d'un kilomètre, il approcha d'une sorte d'enceinte entourée de grilles d'acier et de barbelés s'étendant à perte de vue sous les arbres.
L'endroit ressemblait à une prison. Des gardes vêtus d'uniformes inconnus patrouillaient sur les parapets et les miradors surmontant les murs d'enceinte. Des mitrailleuses étaient placées au sommet des tourelles, le canon orienté vers l'intérieur du camp. Bernie sentit son estomac chavirer.
C'est donc ça. J'ai été découvert.
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