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1991. La guerre contre les Groupes islamistes armés débute en Algérie.
Abdelkader Tigha rejoint les services de contre-espionnage algériens. Il a 21 ans et veut servir son pays en contrant la menace des terroristes.
Torture, disparitions, escadrons de la mort, attentats... Pendant huit ans, l'horreur sera son quotidien. Huit ans de lutte dont il ne sortira pas indemne...
Un frère assassiné, un autre blessé grièvement. Entre la peste et le choléra, le jeune sergent Tigha ira jusqu'au bout de ses forces avant que le dégoût ne s'empare de lui et qu'il ne décide de fuir son pays.
Poursuivi par son propre service, il se lance alors dans une course contre la montre...
De Tunis à Tripoli, de Damas à Amman, les hommes du contre-espionnage algérien mettront tout en oeuvre pour le récupérer.
Leur raison ? Tigha en sait trop. Trop sur les manipulations de son ancien service durant leur guerre contre les islamistes. Trop sur les escadrons de la mort, sur les disparitions d'innocents, sur la mort des moines de Tibbherine...
En Thaïlande, les services secrets français le reçoivent et prennent son témoignage mais l'abandonnent aussitôt sur la pression d'Alger. Victime d'une manipulation, Abdelkader Tigha fera trois ans de prison à Bangkok.
Enfin libre, il écrit aujourd'hui l'histoire authentique d'un homme traqué qui n'a plus rien à perdre sinon la vie. Contre-espionnage algérien offre une plongée à couper le souffle dans les coups tordus de la guerre civile algérienne.
Depuis neuf ans, Abdelkader Tigha a fui l'Algérie, son pays natal, et est aujourd'hui réfugié en Hollande.
Reporter de guerre, Philippe Lobjois est spécialisé dans le journalisme d'investigation. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Frères à abattre (Nouveau monde, 2006).
Les courts extraits de livres : 17/06/2008
Centre de détention de l'immigration - Bangkok
Je m'appelle Abdelkader Tigha. J'ai 34 ans. Je suis sergent-chef au contre-espionnage algérien. J'ai été trahi, mais je suis toujours vivant.
L'homme du UNHCR m'a trahi, il a donné mon nom à l'ambassade d'Algérie. Au lieu de me protéger. Mon ancien service a retrouvé ma trace. À plus de 10 000 kilomètres de chez moi.
Je suis toujours vivant, mais ce soir je m'évade.
Avec la complicité du général de la police thaïlandaise, je vais reprendre ma course. Fuir.
Fuir. Toujours et encore.
Eh Kader, tu vas faire quoi en sortant ? Il y a qui qui t'attend dehors ?
Personne. Il n'y a personne. Juste l'ambassadeur d'Algérie et des hommes de mon ancien service qui aimeraient bien me ramener au pays, histoire de discuter du bon vieux temps, du temps de notre guerre contre les islamistes...
Tu vas aller voir les filles, hein !
Je souris. Cela fait trois ans que je suis là, et ce soir je m'évade enfin.
Comment expliquer à mes compagnons de cellule que je ne suis pas un demandeur d'asile comme les autres !
Mon avocat m'attend dehors. Je me demande encore comment j'en suis arrivé là. Pourtant, rien ne m'y prédisposait. Je ne suis pas un superhéros, juste un homme ordinaire qui, depuis trois ans, court sans s'arrêter.