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Auteur : Marc Ronvaux
Date de saisie : 12/06/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Jourdan, Waterloo, Belgique
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-87466-013-9
GENCOD : 9782874660139
Sorti le : 12/06/2008
Quand il enterre son frère aîné, le jeune comte Henri ignore qu'une haine tenace pèse sur sa famille, lourd secret qui poursuit son père depuis son premier mariage avec la sulfureuse Sibylle. Celui que l'on surnommera «Henri l'Aveugle» se retrouve, au gré des successions, à la tête d'un immense territoire, convoité par les princes de Hainaut, du Brabant, de Flandre et de Liège qui se disputent l'ancienne Lotharingie.
Nous sommes à l'aube du XIIe siècle. C'est le temps des croisades et des chevaliers, le temps des guerres et des pillages mais celui aussi où naît un monde nouveau : les villes s'éveillent, les abbayes fleurissent. Guerre et misère, amour et amitié, haine et fourberie : à chaque page laissez-vous emporter et surprendre.
Dans la grande tradition du roman de chevalerie, un récit historique passionnant, savoureusement mis en relief par le langage et par la vie quotidienne de l'époque, reconstitués avec une érudition et un souci du détail remarquables.
L'auteur
Marc Ronvaux est originaire de Namur. Passionné d'histoire, écrivain régionaliste à succès, il a déjà publié plusieurs ouvrages historiques.
Le comte Godefroid se tenait au-devant des siens, raide et immobile, à deux pas de la fosse ouverte dans le cimetière de la collégiale. C'était un homme âgé déjà - n'est-on pas un vieillard, aux yeux de tous, quand on a la fortune d'approcher la soixantaine ? - mais toujours fort et droit. Il gouvernait Namur depuis plus de vingt ans, doux aux siens, mais impétueux, féroce pour ses ennemis. Ses sujets l'aimaient d'un amour sincère, non de cette affection hypocrite que l'on doit témoigner aux puissants. Ils l'aimaient surtout parce qu'il était de belle taille et bonne mine : il est doux d'avoir un beau prince quand tant sont disgracieux et de triste figure. Il était grand, dominant le commun d'une demi-tête, le cheveu blanc, mais dru encore. Nulle émotion ne paraissait sur son large visage aux traits épais, nulle larme dans son oeil sombre, fixé sur la tombe ouverte que bientôt la terre fermerait. Pourtant, dans le linceul de drap blanc, gisait Albert, son fils aîné.
Perdre un enfant, cela n'est rien. N'est-il pas mieux dans l'autre monde qu'en celui-ci ? D'ailleurs, il faut en élever deux pour en voir un arriver à l'âge d'homme ou de femme. Et à quoi bon s'y attacher trop tôt ? Les choses ont toujours été ainsi et ne changeront sans doute jamais. C'est la loi de la nature, elle touche également les rois et les vilains. Combien de ses enfants ne voit-on pas s'aliter, pris de fièvre, et mourir en quelques heures ou quelques jours ? Même les plus robustes ne sont épargnés : ça court, ça s'échauffe, ça vous boit de l'eau trop fraîche, et ça se couche pour ne plus se relever. Non, décidément, s'attacher à un palefroi, à une femme, oui, peut-être, à un enfançon jamais. Besognons nos femmes sans relâche et au bout du compte, s'il plaît à Dieu, il restera toujours l'un ou l'autre héritier pour maintenir notre maison.
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