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Auteur : Howard McCord
Traducteur : Jacques Mailhos
Date de saisie : 23/10/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallmeister, Paris, France
Collection : Nature writing
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-35178-019-0
GENCOD : 9782351780190
Sorti le : 25/08/2008
William Gasper mène une vie de solitaire. Un simple container abrite ses maigres objets dans un village oublié. La plupart du temps, il arpente inlassablement La Lune, une montagne "de nulle part" en plein coeur du Nevada. Alors qu'il escalade et marche sans relâche, son passé et sa personnalité s'éclairent peu à peu. Des poursuivants surgissent alors dans la montagne, un inquiétant jeu du chat et de la souris s'engage...
Les multiples facettes de ce roman inclassable oscillant entre essai philosophie et thriller font penser à La Route et à Ce pays n'est pas pour le vieil homme de Cormac MacCarthy. Une intrigue se noue peu à peu et évolue crescendo vers une fin musclée et inattendue.
William Gasper mène une vie de solitaire. Un simple container abrite ses maigres objets dans un village oublié. La plupart du temps, il arpente inlassablement La Lune, une montagne "de nulle part" en plein coeur du Nevada. Alors qu'il escalade et marche sans relâche, son passé et sa personnalité s'éclairent peu à peu. Des poursuivants surgissent alors dans la montagne, un inquiétant jeu du chat et de la souris s'engage...
Les multiples facettes de ce roman inclassable oscillant entre essai philosophie et thriller font penser à La Route et à Ce pays n'est pas pour le vieil homme de Cormac MacCarthy. Une intrigue se noue peu à peu et évolue crescendo vers une fin musclée et inattendue.
William Gasper fait le récit de sa dernière marche sur la Lune ; la Lune est une montagne sans aucun intérêt pour la plupart des habitants du Nevada ! Sans doute est-ce pour cela que Gasper s'y complaît. Dans une existence antérieure, il était sniper pour le compte de la "Compagnie". Lui se définit plutôt comme appartenant à la catégorie des "assassins", qu'il différencie de celle des guerriers. Nulle forfanterie dans cet aveu, nulle modestie non plus. C'est un système de vie, un apprentissage de la mort. Depuis cinq ans, Gasper se rend très souvent sur la Lune, pour vivre loin des hommes, en contact intense avec cette nature exigeante qu'est la montagne. Il ressent ainsi profondément ses souvenirs, ses rythmes propres. Nulle idée de rédemption, un état, simplement, où sa vigilance s'exacerbe, ses ressources naturelles trouvent leur plein emploi. Pourtant, les réminiscences, l'inconscient, les rêves le conduisent parfois à retrouver Cerridwen : c'est une sorcière qu'il a connue dès sa jeunesse dans les Marines. Son alter-ego, son juge, sa quête ?
Howard McCord est né en 1932, au Texas. Vétéran de la guerre de Corée, il est l'auteur de recueils de poésie et de récits distingués par plusieurs prix» prestigieux aux États-Unis. Il a également parcouru à pied de nombreux pays. Il vit à Bowling Green, dans l'Ohio.
L'HOMME QUI MARCHAIT SUR LA LUNE
Qui est William Gasper, cet homme qui depuis cinq ans arpente inlassablement la Lune, une "montagne de nulle part" en plein coeur du Nevada ? De ce marcheur solitaire, personne ne sait rien. Est-il un ascète, un promeneur mystique, un fugitif ?
Tandis qu'il poursuit son ascension, ponctuée de souvenirs réels ou imaginaires, son passé s'éclaire peu à peu : ancien tueur professionnel pour le compte de l'armée américaine, il s'est fait de nombreux ennemis. Parmi lesquels, peut-être, cet homme qui le suit sur la Lune ? Entre Gasper et son poursuivant s'engage alors un jeu du chat et de la souris.
D'une tension narrative extrême jusqu'à sa fin inattendue, L'homme qui marchait sur la Lune est un roman étonnant et inclassable qui, depuis sa parution aux États-Unis, est devenu un authentique livre culte.
Traduit de l'américain par Jacques Mailhos
Nos livres préférés, ceux que l'on classe dans nos bibliothèques, sont par définition des livres inclassables. Disons-le autrement, les livres que nous rangeons sont ceux qui nous dérangent...
Le narrateur hallucine-t-il quand il sent près de lui une sorte d'esprit féminin, flanquée d'un chat pour ses basses oeuvres et qui tour à tour le protège et veut sa mort ? La force insidieuse, incroyable, tragique même de Howard McCord est là. Dans ce double état de lecture et de compréhension du monde qu'il propose à ses lecteurs. Un homme gravit une montagne et la redescend. Cet homme est un ancien tueur, la fin du livre est, à cet égard, d'une brutalité stupéfiante, n'en disons pas plus. Et puis il y a cette déraison, ces égarements d'une conscience hallucinée en communion, peut-être, avec la magie non moins hallucinée des paysages du Nevada. On ne gravit pas impunément la Lune. On n'ouvre pas moins impunément ce livre. Randonneurs et lecteurs, prenez garde !
Howard McCord, poète, vétéran de la guerre de Corée, est pour la première fois traduit en français. Il ne laisse aucune alternative au lecteur. Il mêle lyrisme et cruauté, mélancolie et horreur, nous contraint à suivre les méandres de l'esprit foutraque de son héros, nous oblige à escalader avec lui des pentes vertigineuses, sur lesquelles toute raison vacille. L'Homme qui marchait sur la Lune est un brûlot, un roman à part, qui réussit une foudroyante alchimie et fait de l'abjecte folie des hommes du grand art.
Entre naturalisme et polar, L'Homme qui marchait sur la Lune, livre-culte de l'Américain Howard McCord, est enfin traduit en français...
Dans ce bref roman, McCord dépose une à une les pièces d'un puzzle qui dessine le profil escarpé de son William Casper. On gravit la montagne avec lui, on boit en sa compagnie à de maigres filets d'eau, on contemple le ciel étoilé, on goûte son cynisme «survivaliste»... Et puis, soudain, coups de feu dans la sierra et final à la Pulp Fiction. Howard McCord réussit un tour de force : ouvrir une voie entre Thoreau et Tarantino.
Tant de lecture alimente les réflexions du tueur lettré. Courbant le dos sous les rafales à 4 000 mètres d'altitude, il remâche sa métaphysique : nous sommes le fruit du hasard, et il n'existe pas de dessein. Comment prétendre le contraire, alors que les physiciens nous expliquent qu'ils ne connaissent que dix pour cent de la matière de l'Univers ? Ne croit-il donc à rien, ce Gasper autour de qui les gens commencent à mourir sans l'avoir prévu ? Bien sûr que si ! A travers les étoiles, sous les gneiss et les granits, au fond des grottes, dans le rêve des hommes trop prudents, il y a Cerridwen, la sorcière venue des brumes et des contes du pays de Galles, avec son chat meurtrier : Palug. C'est elle qui joue avec les idées et la vie de Gasper : atrocement belle, joliment cruelle, elle se faufile dans ses rêves, se glisse dans son sac de couchage et laisse des avertissements. On peut toujours tuer le Chat, par exemple quand il se présente sous la vêture d'un sicaire ennemi venu sur la montagne pour effacer Gasper, mais il revient toujours. Son crâne desséché au fond d'une grotte en est la preuve, déposée naturellement par la déesse maléfique pour inquiéter, avertir Gasper, le tueur qui l'a créée dans ses ruminations. Complexe et précis, effrayant et subtil, sainement pessimiste : tel est le magnifique roman d'un poète érudit qui voudrait le bien et constate le mal.
JE QUITTAI STERNS À QUATRE HEURES DU MATIN, en prenant la rivière asséchée vers le nord sous un dense amoncellement d'étoiles lointaines. Le lit de l'arroyo mêlait sable, gravier et galets de granit et de gneiss de la taille d'un poing, les berges sablonneuses d'une teinte plus sombre dans l'obscurité remontaient de chaque côté en coupant les étoiles. La première demi-heure, je me concentrai sur ma marche, mais trébuchai plusieurs fois sur des pierres éboulées grosses comme des melons en lente progression vers la ville. Mon sac me crée toujours une sensation étrange pendant la première heure, mais je peux, sans m'arrêter, procéder à de petits réglages des sangles dorsales et abdominales, presser mon dos contre la charge jusqu'à ce qu'il l'épouse parfaitement, et adapter mon équilibre à ma nouvelle géométrie sans y penser vraiment. Le ciel s'éclaircissait lentement et les contours des mesquites, ocotillos et yuccas commençaient à prendre des formes plus acérées. Devant moi, la silhouette brute de la Lune emplissait un quart du ciel.
Trois jours passèrent comme ça : marche de quatre heures du matin jusqu'à l'après-midi, parfois tard, dîner, sommeil, puis réveil et ainsi de suite, jusqu'à ce que la Lune emplît la moitié du ciel et que le chemin commençât à prendre de la pente. Je mange très peu et, à part une gorgée de cognac au coucher du soleil, je ne bois que du thé ou de l'eau. On n'a guère besoin d'abri à l'approche de la Lune, et mes bivouacs sont des plus sommaires. À partir du quatrième jour, l'eau cesse d'être un souci car il en perle des larmes çà et là sur les flancs de la Lune. Plus haut, le vent peut être votre ennemi.
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