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Auteur : Emmanuel Chirache
Date de saisie : 18/06/2008
Genre : Musique, Chansons
Editeur : Mot et le reste, Marseille, France
Collection : Formes
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-915378-65-8
GENCOD : 9782915378658
Sorti le : 18/06/2008
Hommage ou opportunisme, la cover est un exercice de style inévitable de la sphère rock. That's All Right Marna, une reprise d'Arthur Crudup, un noir, par Elvis Presley, un blanc, va pulvériser les barrières raciales derrière lesquelles le rock naissant était maintenu. Les Beatles commencent par des reprises et font à leur tour l'objet de relectures diverses, tout comme les Rolling Stones et bien d'autres. Puis viendra le tour des tribute bands et leurs adaptations au goût du jour de chansons d'une autre époque. En d'autres termes, la reprise évolue sans cesse avec le rock, contribuant à inventer ses formes, fonder ses groupes, élargir son horizon musical, définir sa généalogie ou sauvegarder son patrimoine de chansons. Cet ouvrage fait le tour de ces reprises emblématiques pour mieux cerner les contours parfois insaisissables du rock et de la pop. Car une grande reprise nous enseigne toujours quelque chose.
Né à Paris en 1979, Emmanuel Chirache, rédacteur en chef du webzine Inside-Rock, signe son premier livre Covers une histoire de la reprise dans le rock. Cet ouvrage a été réalisé avec la collaboration d'Aurélien Noyer.
La collection Formes reçoit le concours financier de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Extrait de l'avant-propos :
«Je vais vous chanter "Sunny", de Christophe Willem». Voici comment un candidat d'une célèbre émission de télé-crochet se présenta au jury avant sa performance faisant innocemment référence à un autre vainqueur de cette même émission. Inutile de dire qu'il perdit tout de suite quelques points... Pour risible qu'elle soit, cette anecdote prouve au moins une chose : ne jamais se fier à une reprise. Car une reprise n'est pas uniquement une ancienne chanson que l'on joue de nouveau, loin de là. Il s'agit surtout d'un immense paradoxe : montrer pour mieux cacher. En effet, sous couvert d'honorer un artiste ou une chanson, la reprise jette au contraire un voile pudique sur ce qu'elle prétend éclairer. Nous avons beau nous moquer de l'ignorance du candidat cité plus haut, combien d'entre nous savent que «Sunny» fut écrite par Bobby Hebb en 1966 ? Il faut l'avouer humblement, nous nous sommes tous trompés au moins une fois sur l'origine exacte d'une chanson, que nous avons attribuée à tort au groupe qui l'a récupérée avec succès plutôt qu'à son auteur. Dans les années soixante et au-delà, Certains ont attribué la paternité de «Mr. Tambourine Man» aux Byrds, celle de «You Can Leave Your Hat On» à Joe Cocker, celle de «Hey Joe» à Jimi Hendrix, tandis que d'autres soutenaient mordicus que «Cocaine» était une chanson d'Eric Clapton, «Gloria» un morceau des Doors, voire que «House Of The Rising Sun» avait été composée par les Animals. Plus récemment, beaucoup furent persuadés que «Knockin' On Heaven's Door» provenait du répertoire des Guns N' Roses ou que Nirvana avait inventé «The Man Who Sold The World». Le mot français de «reprise» ne rend donc pas justice à la réalité de la chose, il ne fait qu'évoquer la partie émergée d'un iceberg bien plus vaste. L'expression anglaise nous éclaire davantage. To cover, v.t. : couvrir. To cover one's tracks : dissimuler, brouiller les pistes. Ces définitions décrivent mieux les différentes facettes de la reprise, beaucoup plus nombreuses qu'on pourrait le croire au premier abord.
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