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Auteur : Octavia Estelle Butler
Traducteur : Philippe Rouard
Date de saisie : 11/09/2008
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-84626-124-1
GENCOD : 9782846261241
Sorti le : 11/09/2008
Imaginez une gamine de 10 ans, noire et amnésique, cherchant ceux qui l'ont laissée pour morte dans une forêt après avoir décimé sa famille. Traquée par des ennemis inidentifiables, elle remonte peu à peu le fil de sa vie passée pour se rendre compte qu'elle est en réalité âgée de 53 ans, dotée de pouvoirs surnaturels et d'une sexualité aussi vitale qu'ambiguë.... Qu'elle est en fait un vampire hors du commun qui peut vivre à la lumière du jour.
«Octavia Butler est une des plus grandes voix de la fiction, point. En conteuse de génie, elle pose un regard impitoyable sur le racisme, le sexisme, la pauvreté et l'ignorance et offre au lecteur une vision de l'horreur et la beauté de la nature humaine.» Washington Post Book World
«Ce que l'auteur "cyberpunk" William Gibson fait pour les jeunes blancs désoeuvrés, Octavia Butler le fait pour les gens de couleur. Elle nous donne un futur.» Vibe
«C'est une des rares auteurs qui prête attention aux relations humaines, à la façon dont les humains s'entraident et s'entredéchirent. Et elle le fait avec une crédibilité extraordinaire.» Locus
À travers ses onze romans et recueils de nouvelles, la voix de Butler trouve un écho tout particulier dans la littérature féministe, afro-américaine et dans la science-Fiction moderne. Cependant, comme Elmore Leonard, Margaret Atwood, Walter Mosley, Ursula Le Guin et quelques autres, son oeuvre défie les limites du genre et est acclamée par les lecteurs de toutes tendances littéraires. Elle nous a récemment quittés. Ne regrettons pas les histoires qu'elle avait encore à nous raconter (nous n'aurons jamais la fin des paraboles), plongeons nous dans celles qu'elles nous a laissées, et écoutons-la :
«Je pense qu'une des raisons qui m'a menée à la SF, c'était la banalité de mon existence. Si on est seul et socialement inadapté, et qu'on lit beaucoup, on a l'impression que d'autres mondes plus intéressants sont à portée de main.»
«Je suis un écrivain de 53 ans, je me rappelle l'écrivain que j'étais à 10 ans, et j'attends d'être un écrivain de 80 ans. Je suis confortablement asociale : un véritable ermite en plein coeur de Seattle. Pessimiste si je ne me contrôle pas, féministe, ex-Baptiste, je suis une combinaison explosive d'ambition, de paresse, de doutes, d'assurance et de motivations.»
Je me réveillai dans les ténèbres. J'avais faim, terriblement faim ; je souffrais. Il n'y avait rien d'autre dans mon univers que faim et douleur, pas même le souvenir d'autre chose.
J'étais étendue sur une surface dure, inégale, qui me faisait mal. Une source de chaleur dont j'ignorais la nature me brûlait le flanc. Je m'en écartai, me traînant lentement jusqu'à ce que je trouve de la fraîcheur, moins de dureté, moins de souffrance.
Bouger, respirer m'était difficile. Je serrai mon crâne entre mes mains en gémissant. Le seul bruit de ma voix et même le contact de mes mains sur ma tête ne faisaient qu'intensifier la douleur. Me palpant le crâne, je sentis en deux endroits sous mes doigts une épaisse croûte presque molle au toucher.
Par-dessus tout j'avais faim. Une faim dévorante, qui me nouait le ventre. Je ramenai mes jambes contre moi, les serrant contre ma poitrine, m'accrochant à cette surface sur laquelle je reposais. Puis, la conscience me revenant lentement, je pensai un instant que cela pouvait être un lit mais en vérité ce que je sentais sous moi n'avait rien d'un oreiller, d'un drap, d'une couverture, car c'était dur, jonché d'une matière friable et poussiéreuse, des feuilles mortes, peut-être.
Le pire, c'était ce noir autour de moi. Je ne pouvais même pas distinguer mes mains quand je les levais devant moi. Pourquoi cette obscurité ? Étais-je blessée aux yeux ? Étais-je aveugle ?
Je gisais en tremblant dans le noir, terrifiée à l'idée d'avoir perdu la vue.
Soudain j'entendis quelque chose venir vers moi, quelque chose de grand, bruyant, un animal sans doute. Je ne pouvais le voir mais je le flairais. Il ne dégageait pas une bonne odeur mais paraissait comestible. Bien qu'affamée, je n'étais pas en condition pour chasser. Je restai encore un moment à gémir et à trembler jusqu'à ce que la griffe de la faim éclipse toute autre sensation. Je me sentais soudain capable de localiser la créature au bruit qu'elle faisait. Si celui que je ferais moi-même ne l'effrayait pas, je pourrais peut-être l'attraper, la tuer et la manger.
Ou peut-être pas. Je tentai de me relever mais retombai en arrière, mesurant une fois de plus combien tout mon corps était douloureux. Je ne bougeai plus, attentive à me détendre et à ne plus trembler. L'animal se rapprochait.
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