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Auteur : Andrew Nagorski
Traducteur : Jean Bourdier
Date de saisie : 27/08/2008
Genre : Histoire
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-87706-654-9
GENCOD : 9782877066549
Sorti le : 27/08/2008
Ayant mis aux prises, de la fin septembre 1941 à la fin avril 1942, dans les conditions les plus atroces, un total de sept millions d'hommes dont plus de deux millions et demi devaient figurer au bilan des pertes, la bataille de Moscou représente certainement le plus gigantesque affrontement militaire de l'Histoire moderne. Son issue, de plus, décida en bonne part de celle de la Deuxième Guerre mondiale.
Il n'en demeure pas moins qu'au contraire des batailles de Stalingrad ou de Koursk, dont l'importance stratégique et politique fut finalement moindre, elle n'est le plus souvent citée qu'en passant, et très rarement remise à sa vraie place. Il y a des raisons à cela - des raisons pour lesquelles les détails de cet affrontement presque direct entre deux tout-puissants dictateurs, Hitler et Staline, gênent encore bien des historiens officiels.
Se penchant, à travers d'émouvants témoignages de survivants comme à travers des archives encore inédites, sur l'effroyable drame humain que représentèrent ces sept mois d'une lutte à la sauvagerie sans bornes, et n'hésitant pas, en violant tous les tabous, à explorer les coulisses politico-psychologiques de cette tragédie, Andrew Nagorski nous apporte, en même temps qu'un récit passionnant, les raisons de l'étrange discrétion continuant à entourer l'un des épisodes clés de la Deuxième Guerre mondiale.
En tant que journaliste de Newsweek pendant plus de trente ans, Andrew Nagorski a dirigé les bureaux de Hong-Kong, Moscou, Rome, Bonn, Varsovie et Berlin. Il est maintenant directeur du service politique de l'Institut Est-Ouest à New York.
Extrait de l'introduction :
À l'automne 1941, deux gigantesques armées se livrèrent une bataille féroce sur la périphérie nord, sud et ouest de Moscou. Des deux côtés, ce n'étaient pas tant les généraux qui menaient le jeu que les tyrans, Adolf Hitler et Joseph Staline. Ces deux dictateurs donnaient à tous leurs ordres, n'hésitant jamais à envoyer des millions d'hommes à la mort, que ce soit au combat ou dans les prisons et les camps. Tous deux firent preuve d'une impitoyable résolution et, à certains moments, d'un brillant sens tactique, mais ils se montrèrent également portés à des erreurs d'appréciation stratégiques de colossale envergure.
Hitler expédia ses armées au coeur de la Russie sans équipements d'hiver, car il était convaincu qu'elles triompheraient bien avant l'arrivée des premiers froids. Staline envoya beaucoup de ses soldats au combat sans armement, car il n'avait pas préparé le pays à l'assaut allemand. Cela condamna d'innombrables milliers d'Allemands à geler à mort durant le premier hiver de la campagne de Russie, et d'innombrables milliers de soldats de l'Armée rouge à une mort instantanée, car ils ne pouvaient survivre assez longtemps pour ramasser une arme quelconque sur les morts et les mourants.
La bataille de Moscou, qui dura officiellement du 30 septembre 1941 au 20 avril 1942, mais s'étendit en réalité bien au-delà de ces deux cent trois jours de massacre incessant, fut la première bataille où les armées d'Hitler essuyèrent un échec dans l'application de leur tactique de Blitzkrieg. Quand ces mêmes armées avaient écrasé la Pologne, la France et une bonne part de l'Europe avec une incroyable rapidité, elles avaient paru impossibles à arrêter. «Cette défaite, note dans ses Mémoires Fabian von Schlabrendorff, l'un des officiers allemands qui devaient participer ultérieurement au complot contre Hitler, représentait plus qu'une simple bataille perdue. Avec elle s'effondrait le mythe de l'invincibilité du soldat allemand. C'était le commencement de la fin. L'armée allemande ne devait jamais se remettre complètement de cette défaite.» C'est assez vrai, mais les forces allemandes n'en devaient pas moins continuer à combattre avec une étonnante ténacité, et leur défaite ultime était encore très loin ; de tels jugements ne sont portés qu'avec le bénéfice de l'analyse rétrospective.
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