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Si l'on aime à pénétrer des univers vraiment personnels, il faut lire les nouvelles de William Goyen.
Dans cet ensemble de 7 nouvelles, l'auteur nous transporte dans un réel imaginaire et dans un rêve aux teintes quotidiennes. L'enfance est au coeur de la plupart des textes. Une enfance qui est trahie, trop éloignée de l'innocence.
Plus que l'enfance, c'est surtout l'enfant qui y palpite, avec une mélancolie adulte et un regard grand ouvert sur un monde livide.
Ainsi, dans le premier écrit dont est tiré le titre du recueil, un jeune garçon solitaire et fragile se lie d'amitié avec le fils d'une famille de paysans déracinés, qui ont emménagé à la ville par nécessité. Noyés dans les deuils, ils repartiront moins nombreux, laissant le jeune garçon aimanté de leurs désolations, l'âme pleine d'une compassion triste.
La poésie fait parfois son chemin en éclaboussant le récit de quelques ombres incroyablement pures sur un fond noir et blanc. On croise des êtres singuliers qui se promènent au milieu de paysages taris. Des êtres malmenés et d'autres illuminés de grâce.
On ne ferme pas ce livre sans ressasser une phrase (à la manière de William Goyen qui utilise dans son écriture ce martèlement répétitif) :
Cette souffrance de l'homme est elle définitive ?
Les présentations des éditeurs : 26/07/2008
Ce recueil de William Goyen regroupe sept nouvelles inédites en français, toutes antérieures à La maison d'haleine, son premier roman, salué entre autres par Anaïs Nin, Gaston Bachelard et Albert Camus.
Dans ces textes de jeunesse, on trouve déjà, pleinement constitué, l'univers singulier du grand écrivain texan, où les éléments autobiographiques ne brident jamais ni la fantaisie ni la poésie. Ils imposent d'emblée l'évidence d'une écriture lyrique, d'un chant qui excelle à sonder les mystères de l'âme.
La figure de l'enfant est au centre de ces nouvelles, qui offrent autant de paraboles sur la perte de l'innocence. Le malaise s'installe au sein d'un merveilleux instable et trompeur. William Goyen est là tout entier : secret, sensuel, tourmenté, interrogeant sans se lasser la souffrance de l'homme.
William Goyen, né en 1915 au Texas et décédé en 1983, descend d'une famille basque émigrée en Louisiane. Il poursuit des études à l'université de Houston tout en y enseignant la littérature, avant de s'engager dans la marine américaine. Au retour de la guerre, il s'établit au Nouveau-Mexique où il commence à écrire. Aux Editions Gallimard ont paru notamment La maison (l'haleine (1954), Le fantôme et la chair (1956) et Un livre de Jésus (2008).