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Auteur : Jean-Marie Blas de Roblès
Date de saisie : 21/08/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Zulma, Honfleur, France
Collection : Littérature française
Prix : 24.50 € / 160.71 F
ISBN : 978-2-84304-457-1
GENCOD : 9782843044571
Sorti le : 21/08/2008
De Alcântara, dans le Nordeste, Eléazard von Wogau, Correspondant de presse, héros inquiet de cette incroyable forêt d'histoires, reçoit la biographie inédite d'Athanase Kircher, célèbre jésuite de l'époque baroque. Fasciné, il lance une enquête qui va avoir bien des incidences sur sa vie privée. Jean-Marie Blas de Roblès tire une fresque fabuleuse. Monstrueux Roman somme, récit ambitieux où se mêlent la démesure et l'érudition, Là où les tigres sont chez eux résultat de dix années de labeur d'un globe-trotter érudit et polyglotte, augure-t-il de la naissance d'un écrivain ? La réponse est OUI !
Nous l'avons choisi comme notre coup de coeur dans le catalogue "Libraires Ensemble" à Charge pour Bernard Pivot de faire son boulot avec les Goncourt !
Eléazard von Wogau, érudit fraîchement divorcé, traîne son mal de vivre au milieu des fastes décatis de la ville d'Alcântara, Brésil. L'un de ses anciens condisciples lui fait parvenir un manuscrit concernant Athanase Kircher, savant jésuite bien oublié du XVIIème, dont il entreprend l'exégèse. Pendant ce temps, son ex-épouse Elaine remonte le fleuve Paraguay et s'enfonce dans la jungle amazonienne pour une expédition archéologique qui tourne au cauchemar - Pendant ce temps, leur fille Moéma glisse sur la pente savonneuse de l'addiction et de la haine de soi - Pendant ce temps, Moreira, gouverneur de la Province d'Alcântara, échafaude une machiavélique opération immobilière avec la bénédiction du Pentagone - Pendant ce temps, le jeune Nelson, mendiant et pickpocket infirme, rumine des projets de vengeance à l'encontre dudit gouverneur.
Enfin ! On en tient enfin un ! Nous voulons dire : un roman français dont la folle ambition, la complexité assumée et transcendée, la stupéfiante maîtrise rejoignent celles des grands livres de la littérature mondiale - et l'on n'avait pas vu ça depuis longtemps, peut-être depuis le mémorable Montée en première ligne de Jean Guerreschi. On ne sait où donner de la plume pour rendre justice à cet opus extravagant : les adjectifs qui viennent à l'esprit pour le circonvenir - érudit, baroque, inspiré, échevelé ? - vous filent entre les doigts comme les pièces d'une monnaie qui n'aurait plus cours. Par quel bout prendre ce maître-livre ? Par quel versant escalader une telle montagne ? Le versant Kircher, ce savant adulé en son temps mais bien oublié aujourd'hui - ses intuitions enthousiastes ont fait long feu - mais dont la tentative désespérée d'harmoniser, de lire le monde force encore l'admiration - Le versant Eléazard, exégète borgésien du précédent, qui se perd et se retrouve à la fois dans une entreprise biographique vouée à l'échec - Le versant Elaine, et sa dérive amazonienne digne du Aguirre de Werner Herzog - Ou le versant Brésil, tout simplement ? Un pays travaillé par des traditions mystérieuses et tenaces, des complots cyniques, des révoltes sans espoir. On ne dira pas comment l'oeuvre de Kircher, mort à Rome en 1680, se trouve sollicitée au beau milieu de la jungle amazonienne à la fin du XXème siècle. Ni pourquoi Eléazard, d'un clic de souris, efface sans regret l'exégèse qui aurait dû être le sommet de sa carrière - Ni de quelle manière stupéfiante se termine l'expédition d'Elaine - On ne dira rien de plus, car on se plait à imaginer les lecteurs de cet article en route vers leur librairie préférée - la nôtre, de préférence, mais pour la bonne cause nous serons magnanimes -, on entend déjà leurs pas précipités sur le trottoir devant la boutique, et l'on s'apprête déjà à les régaler d'un festin rare, Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès.
Il paraît que les jurés du Goncourt ont pris de bonnes résolutions... Qu'ils ne ratent pas cette occasion de le prouver !
Athanase Kircher, le jésuite parcourt l'Europe de la guerre de trente ans.
C'est un génial et sympathique touche à tout, scientifique, écrivain, inventeur, doué d'une mémoire et d'une intelligence hors du commun.
Rêveur, capable des inventions les plus loufoques, il n'hésite pas à se colleter à la réalité.
C'est aussi un mystique favori des princes et des papes.
Eléazar Von Wogau, journaliste tourmenté, exilé au fin fond du Matto Grosso brésilien, travaille de nos jours sur un manuscrit relatant la vie d'Athanase.
Les deux destinées alternent, se répondent ; - un chapitre sur Athanase, un sur Eléazard et ceux qui gravitent autour de lui : Elaine, son ex-femme, partie dans la jungle avec une mission scientifique qui tournera mal au pays des trafiquants d'armes et de tribus qui n'ont encore jamais vu de blancs.
- Moéma, sa fille qui, à travers la drogue, le vaudou et le sexe cherche un retour à l'état d'innocence originelle et qui sera brisée.
Loredana, son étrange et attachante amie, d'autres personnages aussi.
Moreira, le dictateur local qui s'enrichit sur le dos des paysans.
Nelson, le cul de jatte des favelas qui rêve d'un fauteuil électrique Honda dont le prix ne cesse d'augmenter.
Toutes ces vies sans liens apparents constituent une trame solide et puissante qui sert de point d'appui à une réflexion profonde sur la condition humaine : que devient un homme enlevé à son pays natal et jeté volontairement ou non sur une terre étrangère ? Qu'on fait les occidentaux en asservissant le monde aux lois de la raison et du profit le transformant en une boule de non sens, tournant sur elle-même, sans but ?
Que sont devenus ces peuples "primitifs" qui ont su garder le contact avec les forces qui nous entourent ? Un récit ample dans lequel on peut se laisser immerger et alors quel régal.
Dix ans de travail pour cette "somme". J. M. Blas de Roblès n'a pas perdu son temps.
Eléazard von Wogau est un misérable correspondant de presse qui végète au fin fond du Nordeste brésilien dans un village étouffé par la moiteur de la forêt tropicale. Il se passionne pour la biographie d'un jésuite de l'époque baroque Athanase Kircher (authentique) surnommé le maître des cent arts.
Jean Marie Blas de Roblès n'avait rien publié depuis 1989, il nous plonge dans un extraordinaire roman tissé d'aventures croisées. L'auteur maîtrise un sens du merveilleux et une grande érudition. Le roman oscille entre périodes historiques et contemporaines, dans les paysages grandioses, humides et étouffants du Brésil, véritable terra incognita... Epoustouflant et vertigineux pendant plus de 700 pages et fruit de dix ans de travail ! Mon coup de coeur de la rentrée !
Dans un Brésil écartelé entre misère et opulence, Elézard, correspondant de presse étranger, découvre médusé la biographie inédite de l'étonnant père jésuite, Athanase Kircher, dont l'existence vouée toute entière au savoir, suscita au 17ème l'admiration de ses contemporains.
La lecture du manuscrit dévoile l'incroyable destinée d'un savant d'exception qui a la naïveté de croire qu'il peut résoudre la plupart des énigmes de son temps. S'il se passionne pour tous les domaines de la connaissance, c'est parce qu'il y voit l'explication même du seul dieu capable d'éclairer les hommes, celui de l'Eglise romaine, dont il est un humble serviteur.
Au nom de ces prétendues découvertes des hommes tels que Kircher sont partis instruire le monde et l'évangéliser. Pourtant si toute la science de Kircher ou presque était fausse, seules ses croyances étaient vraies. Le scepticisme d'Eléazard se fait alors plus indulgent. Quelle leçon peut-on alors tirer des expériences de Kircher ? Et, au-delà, le contact des hommes, qu'ils viennent du passé ou qu'ils soient nos contemporains, a-t-il quelque chose d'essentiel à nous apprendre ?
C'est là tout le sens de ce roman passionnant qui interroge avec une incroyable érudition ce qui fait notre civilisation, ce qui s'est joué jadis dans la confrontation des peuples et des cultures et qui est à l'oeuvre aujourd'hui. Alternant le récit de la folle existence d'un esprit hors du commun du passé et celui d'une poignée d'hommes et de femmes qui n'ont en commun que de vivre dans le Brésil d'aujourd'hui, Jean-Marie Blas de Roblès a construit une oeuvre majeure qui force l'admiration. Car c'est autant une odyssée dans le temps qu'il poursuit qu'une odyssée dans l'espace multiforme du Brésil contemporain. Dans l'intervalle, incommensurable, il est encore un enjeu auquel il ne craint pas de se mesurer, celui de la connaissance et de son devenir.
Si Jean-Marie Blas de Roblès fait preuve d'érudition, il la met toute entière au service de son oeuvre, une oeuvre dont l'intelligence n'a d'égale que la simplicité très remarquable et très salutaire de son écriture. Car ce texte est celui d'un homme humble, sinon malicieux, qui n'a de cesse d'interroger les hommes pour leur demander : "Qui sommes-nous ?".
"Là où les tigres sont chez eux" est l'oeuvre d'un humaniste de notre temps comme il en existe fort peu.
Notre grand coup de coeur de la Rentrée.
S'il ne fallait en lire qu'un, lisez le roman de Jean-Marie Blas de Roblès, publié aux Editions Zulma. Nous le tenons pour l'un des meilleurs ouvrages publié ces dernières années.
Là où les tigres sont chez eux est le fruit de dix ans de travail, roman somme qui interroge le genre avec une formidable érudition mise au service d'un sens merveilleux de la narration.
Voyageur érudit, archéologue de terrain habitué du rivage des Syrtes et des déserts libyques, Jean-Marie Blas de Roblès nous offre, autour de la révélation du génie baroque d'Athanase Kircher, une kyrielle extravagante de portraits contemporains en lice pour la conquête du sens dans un monde forcené et pathétique.
Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, puis ballotté en Camargue, à Rouen et dans les Vosges après le rapatriement des Français d'Algérie, Jean-Marie Blas de Roblès passe son adolescence dans le Var. Études de philosophie à la Sorbonne, d'histoire au Collège de France, régates au long cours en Méditerranée. En poste au Brésil comme enseignant et directeur de la Maison de la Culture Française à l'Université de Fortaleza, il reçoit le prix de la nouvelle de l'Académie Française pour son recueil La Mémoire de riz (1982). Transfert en Chine Populaire : premiers cours sur Sartre et Roland Barthes jamais donnés à l'Université de Tien-Tsin (Tianjin), à la fin de la Révolution Culturelle ; La Mémoire de riz est traduite en chinois et en tchèque. Parution de L'Impudeur des choses, son premier roman (1987). Après un séjour au Tibet, il rejoint sa nouvelle affectation à l'Université de Palerme en empruntant le Transsibérien. Un deuxième roman, Le Rituel des dunes, paraît en 1989. C'est à Taïwan (Alliance Française de Taipei) qu'il commence son troisième roman, Là où les tigres sont chez eux, et abandonne l'enseignement pour se dédier à l'écriture. Voyages au Pérou, au Yémen et en Indonésie. À partir de 1990 publication d'essais ou de textes poétiques en revues - notamment dans Le Mâche-Laurier (2006)-, et de Méduse en son miroir (2008) chez Mare Nostrum. Membre de la Mission Archéologique Française en Libye depuis 1986, il a participé chaque été aux fouilles sous-marines d'Apollonia de Cyrénaïque, de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine ; il dirige actuellement la collection Archéologies qu'il a créée chez Edisud et où il a publié plusieurs ouvrages de vulgarisation. Dans le même cadre d'activités, il est aussi responsable de rédaction de la revue Aouras, consacrée à la recherche archéologique sur l'Aurès antique.
Dix ans d'écriture clandestine pour bâtir ce livre inattendu, foisonnant, déjà récompensé par le Prix du roman Fnac...
La lecture, elle, se mue en expédition sinueuse et fantasque, un pied chez Borgès, l'autre chez Conrad. On arpente, on s'engouffre, on sourit. C'est Montaigne chez Indiana Jones. Parmi les milliers de Brésiliens - «même pas des esclaves, à peine des hommes, mais toujours des hommes» -, on s'attache à un mendiant des favelas, à une jeune étudiante cocaïnomane et à un perroquet qui s'appelle Heidegger. Rien que pour cette bestiole, on voudrait reprendre le livre depuis le début.
Si ce roman n'était qu'un monument d'érudition propre à épater les ignorants, il aurait peu d'intérêt. Certainement conscient de ce risque, Jean-Marie Blas de Roblès l'a évité avec subtilité. Si Là où les tigres sont chez eux - titre tiré d'une phrase des Affinités électives de Goethe, ce qui a son importance - n'était qu'un livre à lectures plurielles, mêlant aventures, considérations sociales et politiques, réflexions sur la création, la découverte, la transmission, ce serait déjà passionnant. Mais il est plus encore, renvoyant chacun à sa manière d'envisager le temps, l'histoire, l'art, la biographie, y compris celle que l'on s'est racontée, avec "l'obstination poignante et maladive que nous mettions à romancer notre existence"...
A sa maîtrise du récit, Jean-Marie Blas de Roblès sait ajouter l'humour, et une délicieuse auto-ironie, que l'on pourra méditer à loisir : "Ce n'est pas l'érudition qui importe, tu le sais bien, dit Loredana à Eléazard, c'est ce qu'elle tend à démontrer. Une simple notice de quelques lignes peut toucher plus juste que huit cents pages consacrées au même individu..." Mais, là, on vient de lire 800 pages qui touchent juste.
C'est un gros livre envoûtant, intelligent, dépaysant et bien écrit, dont on tourne la dernière page avec regret. «Là où les tigres sont chez eux», de Jean-Marie Blas de Roblès, est un vrai bijou...
Soit une formidable symphonie de voix, construite comme une cathédrale où la finesse de chaque détail contribue à la beauté de l'ensemble. On pourrait presque lire les différents récits indépendamment les uns des autres. Entre roman d'aventure et conte philosophique, Jean-Marie Blas de Roblès nous emmène dans le Brésil de l'ombre, où les mythes ancestraux se heurtent à la politique et à la modernité...
L'auteur, archéologue passionné et globe-trotter polyglotte, a travaillé dix ans sur ce livre. Notre bonheur le récompense.
Entre la Rome savante du XVIIe siècle et le Brésil bouillonnant d'aujourd'hui, Jean-Marie Blas de Roblès déploie un roman étourdissant, virtuose, déjà primé par le prix du roman Fnac...
Il a fallu près de quinze ans à Jean-Marie Blas de Roblès pour achever cette entreprise qui tient du conte philosophique autant que du roman d'aventures, entre Zadig et Indiana Jones ! Solidement charpentée, l'oeuvre repose sur six récits - parallèles au départ - qui convergeront vers une fin... inexorable et explosive. Cinq sont contemporains et se situent dans le Brésil des années 2000, tandis que le sixième, touffu, est la biographie d'Athanase Kircher, jésuite du XVIIe siècle, soi-disant rédigée par celui qui fut son proche disciple...
Au-delà des efforts désespérés de chacun des personnages pour donner un sens à sa vie, l'auteur laisse planer un enjeu supérieur : «Que dire d'une humanité incapable d'avoir une vision du monde dans lequel elle vit sinon qu'elle court à sa perte (...) ? Perdre de vue le monde, n'est-ce pas commencer à se satisfaire déjà de sa disparition ?» Érudite - mais «ce n'est pas l'érudition qui importe, tu le sais bien, c'est ce qu'elle tend à démontrer», dit l'un des personnages du roman -, l'oeuvre de Jean-Marie Blas de Roblès ouvre sur des espaces de réflexion à la Piranèse. Cette construction très excitante autant que l'écriture somptueuse font de ce roman d'aventures luxuriant une lecture jubilatoire.
Qui a dit que le grand roman d'aventures devait abandonner toute ambition philosophique ? Certainement pas Jean-Marie Blas de Roblès. Son nom, digne d'un héros de roman picaresque, ne vous dit certainement pas grand-chose. Et pour cause : cet écrivain peu prolifique a joué profil bas pendant plus de dix ans pour mener à bien le roman feuilletonesque dont il rêvait, Là où les tigres sont chez eux...
Zigzaguant de l'Europe de l'âge baroque au Nordeste brésilien contemporain, les micro-intrigues se répondent les unes aux autres (citons la vengeance d'un adolescent cul-de-jatte des favelas) et constituent, selon les mots de l'auteur, «une anamorphose de notre époque, une fiction totalisante, proche de l'opéra». Ce jeu de mosaïques borgésien n'en reste pas moins toujours palpitant et drôle, notamment lorsque l'auteur se permet quelques digressions érudites à la Umberto Eco. Par exemple, saviez-vous que le mot «piranha» signifiait, étymologiquement, «porte du clitoris» ?
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