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.. Crack

Couverture du livre Crack

Auteur : Tristan Jordis

Date de saisie : 21/08/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre rouge

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-02-097255-0

GENCOD : 9782020972550

Sorti le : 21/08/2008

Un roman-documentaire bouleversant sur un univers trop peu connu et pourtant si souvent jugé, celui des toxicomanes. La galette ou caillou est au coeur du sujet, comme elle l'est dans la vie de ces "marginaux". Une plongée terrifiante Porte de la Chapelle où se côtoient kifs, prostitutions, agressions et grandes envolées philosophiques. Bien peu à redire si ce n'est que l'on tient là un des romans "coup de poing" de cette rentrée.


  • Les présentations des éditeurs : 23/08/2008

«Le soir, je fumais un joint à La Villette avec Bouba, mon seul vrai pote dans le milieu. Comme je lui confessais une vive appréhension à l'idée de me retrouver au coeur de la frénésie nocturne du crack, il se moqua de moi.
- J'y crois pas, tu vas descendre avec Saga porte de La Chapelle, à minuit. Ha, petit Blanc, demain ils vont t'attendre, planqués à chaque coin de rue, tu vas te faire dépouiller. Je t'aimais bien, vraiment, je te trouvais sympa, c'est dommage que tu finisses comme ça.
Il est plié de rire. Je ris jaune - la peur. Confrontation avec un monde dangereux, riche en fantasmagories. Il faut y aller, pas le choix. À chercher la guerre, elle vient à votre rencontre. J'attendais cette proposition d'un guide depuis un mois. J'ai donné ma parole à Saga, plus de retour en arrière possible, l'histoire peut commencer.»

L'auteur a passé un an à sillonner l'univers des toxicomanes, porte de La Chapelle à Paris. Dans ce livre, il retrace l'histoire de vies déshéritées, mais aussi celle de liens très forts qui se nouent.

Tristan Jordis a trente ans, Crack est son premier livre.



  • La revue de presse Sabine Audrerie - La Croix du 17 septembre 2008

Texte hybride mêlant récit et enquête, sociologie et littérature, le premier livre de Tristan Jordis est l'une des belles surprises de cette rentrée. Journaliste reporter d'image de formation, l'auteur, ayant été mis en contact avec une association d'aide aux toxicomanes de la Goutte d'or à Paris, a décidé de réaliser un documentaire dans le milieu des accros au crack, cette drogue récente aux ravages bien plus puissants que ceux de l'héroïne. Son exploration va s'étendre au champ immense d'une zone géographiquement restreinte, entre Marx-Dormoy et la porte de la Chapelle. Un monde dans le monde, avec ses codes et son langage, habité d'alcool, de cigarettes et de substituts narcotiques, de «calculs, intérêts, traîtrises», et d'où émergent pourtant, dans un regard ou une parole, de réels moments de grâce.


  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 4 septembre

Le jeune auteur réalise à la Goutte d'Or ce que Jean Hatzfeld a fait au Rwanda, avec Une saison de machette et La Stratégie de l'antilope : reconstitution des dialogues au plus près de la vérité on y découvre une langue décidément vivante, choses vues et entendues à minuit au fin fond d'un squat, descriptions sans concession. Un «roman documentaire» comme il en existe trop peu...
Crack est bien plus qu'un reportage, car l'auteur ne reste pas neutre. Il n'hésite pas à dire son empathie, à présenter sa vision des choses, ses réflexions, notamment sur la culpabilité d'être là, à observer cette misère sans rien pouvoir faire.


  • La revue de presse Dominique Fernandez - Le Nouvel Observateur du 4 septembre 2008

C'est pour sa valeur documentaire que ce livre doit être recommandé. Plus de la moitié tient en dialogues. Jordis donne la parole aux garçons et aux filles qu'il côtoie, et chacun, dans son langage coloré, souvent savoureux, expose son histoire...
Mais aussi, mais surtout, ils racontent la précarité, la solitude, la misère, l'impossibilité d'échapper à la tyrannie de la drogue. Pas de sentiments, dans ce cloaque. Pas même de sexe, en dehors de la prostitution. Le copain fait tapiner sa copine. Descentes de flics, expulsions, séjours en prison, voilà les seules aventures possibles. Tous les efforts des «associations» n'éveillent qu'une ironie suspicieuse...
Jordis réussit à nous faire comprendre quelle illusion tragique pousse ces épaves à chercher dans le crack «la répétition inexorable d'un principe de plaisir décharné».


  • Les courts extraits de livres : 23/08/2008

Extrait du prologue :

Mai 2006. Tout frais sorti d'une formation de Journaliste Reporter d'Images très instructive, je suis paré pour l'action, caméra à l'épaule. Malheureusement, peu d'activité en cette période dans les maisons de production. Impatient de confronter l'enseignement à la réalité du terrain, d'éprouver mes compétences, je décide de me lancer dans un sujet test. Tout d'abord, trouver un univers étrange, aux sensations risquées, m'immerger dans l'aventure au coin de la rue. Le souvenir d'une association du 18e arrondissement qui accueillait des toxicomanes l'après-midi et leur proposait des ateliers créatifs me revient spontanément en tête. Espoir Goutte d'Or (EGO). La drogue, la perte de soi, le vertige et la chute. Cette histoire résonne comme un écho lointain et mystérieux. Je décroche mon téléphone et tombe sur une vieille dame enthousiaste qui, au milieu d'un brouhaha général, me vante les qualités du travail effectué. «Venez donc.» Il ne m'en faut pas plus.
Je pousse la porte d'une petite association de la Goutte d'Or par un après-midi ensoleillé. Dans la pièce, un bourdonnement de voix assourdissant : la tension inhérente à cet univers se relâche. Une cinquantaine d'usagers sont attablés devant un café, un thé, un bol de corn-flakes, certains circulent devant le bar où les servent des travailleurs sociaux. Ils sont six accueillants pour encadrer, informer, se renseigner et orienter les usagers. La cordialité des rapports instaure une sorte d'équilibre dans les quarante mètres carrés de l'as­sociation. Il semble qu'aucun pouce d'espace ne soit laissé vacant. Poignées de mains, discussions, échanges, observations. Il en émane une intense vitalité, presque instable dans certains contacts. Pourtant, les dynamiques de la rue sont momentanément suspendues, les carapaces s'ouvrent, soulageant la dimension fiévreuse de ces existences. Certains dorment affalés sur les tables. L'idée est de profiter de ces heures de confort. Dans la mesure du possible, tout a été aménagé pour. Préserver le jour du côté hérissé de la nuit. Une fille mignonne capte mon regard et s'approche, sou­riante. «C'est pour faire un film.» Elle me félicite de mon initiative et m'indique la marche à suivre : soumettre un projet lors de l'assemblée d'EGO, réunion ouverte du mercredi soir qui se conclut par un vote à main levée des propositions débattues. La semaine suivante, l'assemblée rejeta mon projet, le jugeant trop flou. On m'invita à passer du temps sur place pour le préciser.


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