Inscrivez-vous àla Lettre des Libraires.
Libraires,partagez vos découvertes.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
est notre partenaire « Télé » : chaque jeudi soir, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie ».
est notre partenaire « Radio ». Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche soir, François Busnel reçoit deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée.
est notre partenaire « Presse écrite ». Découvrez en exclusivité le palmarès des livres préférés des libraires de France.
Auteur : Patrice Pluyette
Date de saisie : 18/09/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Seuil, Paris, France
Collection : Fiction & Cie
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-02-094576-9
GENCOD : 9782020945769
Sorti le : 21/08/2008
Le capitaine Belalcazar et son équipage partent à la recherche de la légendaire cité de Païtiti, et de son Eldorado : surprises, obstacles de toutes sortes et aventures magiques sont au rendez-vous de ce roman picaresque au style parodique et débridé. Pluyette confronte ses personnages hauts en couleur à des situations improbables, paradoxes spatiaux, anomalies physiques ; mais c'est probablement le lecteur qui, au sortir de ce conte farfelu, a connu la plus belle aventure...
Le capitaine Belalcazar, archéologue à la retraite et vague descendant d'un conquistador espagnol, met les voiles une nouvelle fois vers la jungle du Pérou pour trouver l'or de la mystérieuse cité inca de Païtiti. Un beau bateau, une belle équipe, un itinéraire rigoureusement planifié : cette tentative sera la bonne. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Les obstacles se multiplient. On n'a pas fini d'être surpris. Et l'auteur semble y prendre un malin plaisir.
Découvert par Maurice Nadeau, qui publie en 2004 son premier roman, Les Béquilles, le jeune Patrice Pluyette, trente et un ans, a changé de registre sans rien sacrifier de ses qualités d'écriture ni de son exigence littéraire. Depuis son entrée en littérature, il a renoncé à la carrière dans l'enseignement à quoi ses études de lettres à la Sorbonne le prédisposaient et s'est établi dans le Morbihan avec sa femme et son fils afin de se consacrer à l'écriture. Il publie, toujours chez Nadeau, un deuxième roman (Un vigile) avant de rejoindre le Seuil où paraît Blanche. Il a aujourd'hui opté pour un genre traditionnel en apparence, disons le roman d'aventures, mais afin de mieux le subvertir. Le farfelu façon Pluyette n'est jamais gratuit. Son histoire peut se lire comme un conte philosophique, une parabole plutôt grinçante sur l'homme contemporain, sa recherche de paradis qu'il a perdus depuis des siècles déjà, à cause de sa bêtise, de son fanatisme, de son avidité.
La Traversée du Mozambique par temps calme n'est pas un roman d'aventures ordinaire. Son action ne se situe d'ailleurs à aucun moment au Mozambique. Et le périple qu'il retrace est tout sauf tranquille. Le titre, d'une belle puissance évocatrice, est juste un point de départ. Une invitation au voyage qu'il ne faut surtout pas manquer : ce livre est sans doute le plus divertissant de cette rentrée littéraire...
C'est peu dire que le lecteur est à la fête, les péripéties sont savoureuses, l'humour ravageur, l'invention constante et la fantaisie de plus en plus débridée. Avec La Traversée du Mozambique par temps calme, c'est la lecture elle-même qui devient une aventure.
Passant d'un registre classique («des sandales eussent été adéquates») à une expression très contemporaine («tu vas kiffer ta race») avec un plaisir contagieux, ce jeune romancier virtuose nous rejoue Pirates des Caraïbesà la façon des Monty Python. Ici, l'aventure consiste à revisiter le genre sur un rythme débridé, en jonglant avec les poncifs et des trouvailles jubilatoires.
Le commencement
Le maire a terminé son discours et transpire du front ; midi approche. Un vent frais souffle de l'ouest mais compte tenu des précipitations récentes qui ont rincé la région on s'estime heureux, la mer est calme et la foule se presse autour de l'embarcation. Dans l'embarcation Hug-Gluq est blond, il paraît grand et se tient à l'arrière du bateau, la main gauche sur la taille, l'autre contre un objet proche, successivement le mât et la malle ; on dirait qu'il va poser pour un magazine de voile ou donner un ordre tant son regard est vivant, en réalité il attend de savoir ce qu'il doit faire en regardant son capitaine, lequel salue la foule. Negook, le frère de Hug-Gluq, est parti voir si par hasard il ne trouverait pas dans le bazar une guitare de voyage bon marché et le capitaine commence à se rendre compte qu'il a engagé deux nigauds.
C'est étonnant l'histoire de ces deux types. Originaires d'une tribu indienne du nord de l'Alaska, ils passent leur enfance à suivre les histoires des ancêtres chasseurs d'ours sous la tente du grand-père quand, un fin duvet ombrageant le renfoncement de la lèvre supérieure (ils ont à peine douze ans), ils partent à leur tour chasser l'ours. Les battues durent des semaines, des mois, et toujours ils reviennent saufs; on leur reconnaît l'indéniable qualité du chasseur d'ours : l'honnête bravoure. À force de manier la lance ils deviennent beaux, s'épaississent, forcissent; lors des veillées autour du feu l'éclat rougeâtre des flammes lèche le galbe de leurs muscles, les pucelles pâlissent. Ils sont taillés comme des Grecs. On leur promet les plus belles femmes, les plus belles ouvertures pour finir chef de tribu, mais rien n'y fait : humbles et professionnels, ils déclinent ces avances, prétextant l'ascèse comme seul moyen de continuer à chasser l'ours honorablement. Un jour, la quiétude du camp est troublée par l'arrivée intempestive d'une bande de jeunes hippies venant de l'Iowa. Ils initient les deux chasseurs aux rudiments fumeux de la liberté individuelle ; la tribu voit ça d'un mauvais oeil et elle a raison, désormais les deux chasseurs ne reviendront plus, fini, ras le bol de toute cette vie, on veut connaître le monde.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia