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Auteur : Gilbert Mercier
Date de saisie : 03/09/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-87706-662-4
GENCOD : 9782877066624
Sorti le : 03/09/2008
Au milieu du XVIIIe siècle, il était de bon ton dans la plupart des salons parisiens de tenir les sentiments pour ridicules et démodés. Venue de la lointaine cour de Lorraine, l'étonnante Madame de Graffigny, formée à l'école du roi Voltaire et de la redoutable Emilie du Châtelet, eut soudain raison du «préjugé à la mode». À la lecture de ses Lettres d'une Péruvienne (1747), on versa des larmes derrière les éventails de la cour de Louis XV, mais aussi à travers la France et bientôt dans toute l'Europe. En cinquante ans, une quarantaine d'éditions en cinq langues se succédèrent. Madame de Graffigny récidiva au théâtre avec une «comédie larmoyante» intitulée Génie. Le public lui fit un triomphe. Puis, on l'oublia...
Deux cent cinquante ans après sa mort (1758) la correspondance de cette pure Lorraine, arrière-petite-nièce du graveur Jacques Callot, qui avait fréquenté tout ce que le Paris mondain comptait de célébrités, est considérée, surtout à l'étranger, comme un parfait exemple de la langue familière française du siècle des Lumières dans sa fraîcheur et sa spontanéité.
Suivre Françoise de Graffigny au jour le jour, de la cour de Léopold de Lorraine, puis de Stanislas Leszczynski, où son «guignon», comme elle disait, ne l'épargna pas, jusqu'à Paris où la gloire l'attendait, c'est découvrir tout un pan, souvent méconnu, de ce temps des Lumières à la faveur desquelles les femmes entreprirent de se libérer des vieux jougs.
Journaliste, Gilbert Mercier a longtemps dirigé le service des informations générales du quotidien régional L'Est Républicain, à Nancy. Ancien président de l'Académie de Stanislas et, désormais, membre d'honneur, Gilbert Mercier vit à Vence.
Il a publié plusieurs ouvrages, dont Madame Voltaire en 2001.
L'ARRIÈRE-PETITE-NIÈCE DE JACQUES CALLOT CHARME LA DUCHESSE ELISABETH-CHARLOTTE
D'Issembourg ne faisait rien dans la demi-mesure. Quand les commères de l'esplanade de la Carrière, au coeur de Nancy-la-Ducale, le virent déboucher de la voûte des chameaux sur sa jument grise, elles surent que le sort de Marguerite-Christine Callot, veuve de Claude Bermant, seigneur d'Andilly, en était jeté.
Cambré comme une arbalète dans son grand uniforme écarlate à revers jaunes et brandebourgs d'argent, François-Henry d'Issembourg du Buisson d'Happoncourt tenait les rênes de sa vieille jument, à vrai dire moins pimpante que le cavalier, d'une main experte où brillait la bague ornée d'un diamant qu'il ne sortait de son écrin que dans les grandes circonstances. Et celle-là en était une.
L'écuyer d'Issembourg en avait donc fini de cette vie de soldat en campagne ballotté au gré des humeurs de Louis XIV et des princes de Lorraine, de citadelles en champs de bataille et de bivouacs de fortune en camps militaires. Devenu lieutenant des chevau-légers, dans le régiment de M. le marquis de Boufflers, sa conduite exemplaire durant le siège de Namur, en 1692, lui valait de goûter à un repos bien gagné dans la cité lorraine occupée par les troupes françaises depuis 1670. D'Issembourg ne regrettait rien de son passé de cavalier errant. Il avait suivi sans faillir les traces de son père Henry, anobli en 1660 par le duc Charles IV «pour s'être lui-même couvert du laurier de la vertu, qui est le plus vrai et le plus légitime apanage de la noblesse».
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