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.. Bordeaux : capitale lumineuse

Couverture du livre Bordeaux : capitale lumineuse

Auteur : Laure Vernière

Illustrateur : photographies d'Anne Garde

Date de saisie : 25/08/2008

Genre : Guides Tourisme, Voyages

Editeur : Assouline, Paris, France

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-84323-971-7

GENCOD : 9782843239717

Sorti le : 25/08/2008

  • Les présentations des éditeurs : 02/07/2009

Bordeaux a longtemps suscité de troubles et profondes passions chez ses poètes, avec son infranchissable façade classique 18e d'une parfaite beauté, ses vieux quartiers aux ruelles sombres, ses alentours infinis de pins menant jusqu'à l'Océan Atlantique. Bordeaux, cette ville grise et mouillée, se méfiant du monde extérieur, méritait bien alors son nom de belle endormie. Le monde n'est pas uniforme, Bordeaux non plus.
Radicalement rajeunie, en mouvement perpétuel, la ville de Bordeaux rejette avec audace l'uniformité et n'a peur ni de la modernité, ni du mélange des genres. L'élégante diversité du Bordeaux d'aujourd'hui, des architectures nobles ou populaires, des formes de vie, des couleurs nouvelles, exige un travail photographique libre et neuf.
La photographie argentique à laquelle Anne Garde est fidèle correspond pour elle à une nécessité car elle est vivante, organique, changeante, d'où l'utilisation de photographies noir et blanc et couleur de plusieurs époques qui dévoilent une sorte de fraîcheur dans cette ville, qui est un corps vivant et en devenir.

Après une maîtrise de sociologie et des études de journalisme, Anne Carde décide de se consacrer à ce que l'oeil ne voit pas, une vérité somnambule, par le rapt photographique Cette dimension secrète, qu'elle découvre dans les portraits ou dans les images de lieux et d'architectures, est la signature de ses images. Son dernier défi poétique et photographique, Extralight, a été exposé en France et en Espagne en 2007 Ecrivain voyageur et plasticienne, Laure Vernière, docteur ès-lettres et PHD de l'Université de Fordham, est son double littéraire, notamment au travers de cahiers de voyages originaux réalisés à quatre mains : Japan Express (te Seuil, 2003) et Pondicherry Masala (te Seuil, 2004).
Anne Garde et Laure Vernière travaillent également pour divers magazines internationaux, l'édition et la publicité.


  • Les courts extraits de livres : 02/07/2009

Bordeaux a le dangereux privilège d'avoir acquis une renommée internationale grâce à l'esprit aristocratique de son vin. Céleste se souvient de ses années américaines où l'on confondait Paris France et Paris Texas, mais le vin de Bordeaux, inimitable lui, ne prêtera jamais à confusion. La geste s'est ainsi imposée, in vino veritas, jusqu'à estomper longtemps de la carte géographique la ville même qui, sous le nom de Burdigala, la victorieuse, a fait naître ce vin dès l'époque latine et depuis, le parfait et le distingue avec un art inégalé. Sans l'urbanité et le génie de la ville de Bordeaux, alliés à sa beauté naturelle, historique, négociante et architecturale, l'élixir n'aurait jamais fait le tour du monde. Ce n'est pourtant ni Bordeaux qui a fait le vin, ni le vin qui a fait Bordeaux. C'est un subtil équilibre de la terre sablonneuse, des rivières, du soleil et de la pluie, du désir, du commerce et de l'intelligence, qui a permis à cette région d'Aquitaine de créer ces vins-là. Il faudrait être Omar Khayam, musicien et lettré persan, pour chanter le Bordeaux comme il se doit, mais Céleste, la clocharde de Jack Kerouac, connaît la chanson, les clichés et leurs envers déroutants.

Avec son goût ancré de la belle pierre, on comparait déjà Burdigala à une "petite Rome". Plus tard, Bordeaux s'impose comme cité religieuse et, sous la domination anglaise, devient une ville citadelle. Enfin, au siècle des Lumières, elle est sacrée sans conteste "plus belle ville de France". Les grands intendants furent à cette époque animés d'une frénésie architecturale imprévisible, Tourny surtout, éblouissant d'énergie, d'audace et de passion pour la nouvelle capitale des Lumières. Il supprime les remparts pour édifier la parfaite façade que l'on sait sur le fleuve, l'impressionnante place de la Bourse qui, si l'on avait écouté l'architecte Gabriel, aurait été trois fois plus vaste, des allées, des cours, des places, des portes monumentales, des hôtels particuliers, de nouveaux quartiers, des jardins... L'apothéose architecturale couronnant cette révolution urbaine sera l'admirable Grand Théâtre, conçu en 1773 par Victor Louis.
Bordeaux a longtemps suscité de troubles et profondes passions chez ses esthètes, ses poètes, ses érudits, avec sa façade XVIIIe siècle si pure - la plus cohérente d'Europe -, ses vieux quartiers médiévaux aux ruelles sombres, ses zones portuaires - la rue des Vivants, la rue des Étrangers -, suivies de ses alentours infinis de pins menant jusqu'à l'Atlantique. Cette ville grise, mouillée, parfois dorée, se méfiait du monde extérieur et portait fort bien ce surnom de "belle endormie" qui choque les Bordelais les plus rock and roll.


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