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Auteur : Aravind Adiga
Traducteur : Annick Le Goyat
Date de saisie : 11/09/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Buchet Chastel, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-283-02332-7
GENCOD : 9782283023327
Sorti le : 11/09/2008
Belram Halwai vient d'une des régions les plus pauvres d'Inde. Sa seule chance est d'avoir appris à lire et à écrire avant d'être retiré de l'école pour travailler. Son intelligence précoce et sa volonté de sortir de la «cage à poule» le poussent à affronter son destin. Il parvient à devenir chauffeur et part pour Delhi avec son maître. Si sa situation s'améliore, il a de plus en plus conscience de son état d'esclave. Deux Indes coexistent, celle des Ténèbres, et celle de la Lumière. L'une se meurt au service de l'autre, et c'est tout le pays qui est gangrené par la corruption et la violence. Belram, qui a décidé d'échapper à cette fatalité, est prêt à tout, même au pire, jusqu'à la mort, y compris celle des siens s'il le faut. Chaque génération donne naissance à un tigre blanc. Il devra être celui-là.
Un premier roman puissant, écrit par un jeune indien au talent incontestable et prometteur. L'auteur décrit et analyse son pays loin des images d'Épinal occidentales. Le lecteur est happé par cette écriture de roman noir, par ces analyses lucides de sociologue affûté, par un pays qu'il redécouvre sous un nouveau jour, par quelques envolées philosophiques autant qu'humoristiques, par les destins de ces personnages en lutte perpétuelle pour la survie.
Le tigre blanc, c'est Balram Halwai, ainsi remarqué par l'un de ses professeurs impressionné par son intelligence aussi rare que ce félin exceptionnel.
Dans son Bihar natal miséreux, corrompu et violent, Balram est pourtant obligé d'interrompre ses études afin de travailler, comme son frère, dans le tea-shop du village. Mais il rêve surtout de quitter à jamais les rives noirâtres d'un Gange qui charrie les désespoirs de centaines de générations. La chance lui sourit enfin à Delhi où il est embauché comme chauffeur. Et tout en conduisant en driver zélé, au volant de sa Honda City, M. Ashok et Pinky Madam, Balram Halwai est ébloui par les feux brillants de l'Inde récente des nouveaux entrepreneurs.
L'autre Inde, celle des trente-six millions et quatre dieux, celle des castes, des cafards, des taudis, des embouteillages monstres, des affamés, des éclopés et des laissés-pour-compte de la Shining India du XXIe siècle, finit par avoir raison de son honnêteté. Car, de serviteur fidèle, Balram bascule dans le vol, le meurtre et pour finir... dans l'Entreprise...
Roman obsédant écrit au scalpel et à même la chair du sous-continent, Le Tigre blanc, conte moderne, irrévérencieux, amoral mais profondément attachant de deux Indes, est l'oeuvre du plus doué des jeunes auteurs indiens.
Né à Madras en 1974, Aravind Adiga vit à Bombay. Le Tigre blanc est son premier roman.
Roman traduit de l'anglais (Inde) par Annick Le Goyat
Aravind Adiga livre un premier roman brillant et incisif qui met au jour les dysfonctionnements de la «plus grande démocratie du monde». Cinquième auteur indien à recevoir le Booker Prize, ce journaliste de 34 ans qui a étudié à Columbia et à Oxford s'inscrit dans la lignée de Naipaul, Salman Rushdie, Arundhati Roy et Kiran Desai. Prometteur
Né à Madras en 1974, aujourd'hui installé à Bombay, Aravind Adiga est en effet un sacré trouble-fête, et son Tigre blanc se pare des pires noirceurs pour dépeindre l'envers de ce «miracle économique indien» dont parlent les amateurs de clichés...
C'est le portrait d'un Rastignac oriental que brosse Adiga dans ce conte sulfureux qui fustige les archaïsmes religieux et la corruption affairiste d'un pays «où l'on gagne à jouer sur les deux tableaux, car l'entrepreneur indien doit être à la fois loyal et véreux, sincère et sournois».
À l'intention de :
Son Excellence Wen Jiabao
Cabinet du Premier ministre
Pékin
Capitale de la Chine, nation éprise de liberté.
De la part du :
«Tigre blanc»
Intellectuel
Entrepreneur
Résidant dans le centre mondial de la technologie et de l'externalisation
Electronics City Phase I (sis Hosur Main Road)
Bangalore, Inde.
Monsieur le Premier ministre,
Ni vous ni moi ne parlons l'anglais, cependant certaines choses ne peuvent se dire que dans cette langue.
L'ex-femme de mon ex-employeur le défunt M. Ashok, Pinky Madam, m'a appris l'une d'elles. Et, ce soir, à 23 h 32 il y a dix minutes, les mots me sont venus tout naturellement à l'esprit, quand j'ai entendu la présentatrice de All India Radio annoncer : «Le Premier ministre Jiabao se rendra à Nangalore la semaine prochaine.»
En vérité, j'utilise cette expression chaque fois que de grands hommes, dont vous êtes, visitent notre pays. Je n'ai rien contre les grands hommes. À ma manière, monsieur, je me considère même comme l'un des vôtres. Mais, dès que je vois notre Premier ministre et ses distingués acolytes se rendre à l'aéroport en limousine noire, faire des salutations - des namastés, comme on dit chez nous - devant les caméras de télévision, et expliquer combien l'Inde est morale et angélique, je ne peux m'empêcher de prononcer ces paroles en anglais.
Car vous allez bientôt visiter notre pays, n'est-ce pas, Votre Excellence ? En général, pour ce genre de nouvelles, on peut se fier à notre radio nationale.
Je plaisante, monsieur.
Ha !
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