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_ Melnitz

Couverture du livre Melnitz

Auteur : Charles Lewinsky

Traducteur : Léa Marcou

Date de saisie : 17/09/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 22.90 € / 150.21 F

ISBN : 978-2-246-71671-6

GENCOD : 9782246716716

Sorti le : 17/09/2008

La réussite de ce roman tient à ce qu'il atteint ce difficile équilibre entre le particulier et l'universel. De cette famille juive implantée à Endingen, petit bourg "autorisé" aux juif, à "l'émancipation" dans la ville de Zurich, 5 générations plus tard, que de chemin parcouru. Et pourtant : aspirer à devenir un citoyen suisse ordinaire ne suffit pas, le repli communautaire vous est imposé, malgré vous, par ceux-là même qui le dénoncent. Bref, on l'aura compris, Lewinsky interroge avec beaucoup de subtilité non dénuée d'humour le devenir d'une minorité à la fois fortement imprégnée de sa propre culture et tentée, aussi, pour rompre ses chaînes, de la dissoudre dans le creuset dominant. Alors faut-il se débarrasser de la mémoire qui vous encombre ou s'y cramponner pour mieux lutter contre le courant ?


  • Les présentations des éditeurs : 08/06/2009

Melnitz, c'est la saga de la famille Meijer, une famille juive suisse, de 1871 à 1945 - de la guerre franco-prussienne à la fin de la deuxième guerre mondiale. Un grand roman salué comme le «Cent ans de solitude» suisse.
En 1871, les Meijer - Salomon le marchand de bestiaux, sa femme Golda, leur fille Mimi, romanesque et coquette, et Hannele, une orpheline qu'ils ont élevée, vivent à Endingen, bourgade helvétique qui fut longtemps l'une des deux seules où les Juifs étaient autorisés à résider.
L'arrivée, impromptue, de Janki, un vague cousin, qui s'installe chez eux, va bouleverser ce petit monde clos. Il aurait, dit-il, vécu à Paris. Il est beau parleur, hâbleur et ambitieux. Il ouvre à Baden, la ville voisine, un magasin «Aux Tissus de France», et, épouse Hannele la laborieuse, qui va travailler avec lui avant de fonder son propre magasin, les «Galeries Modernes». Mimi épouse Pin'has, le fils du boucher et érudit talmudiste, follement amoureux d'elle et qui le restera toute sa vie.
La famille Meijer a commencé son ascension sociale, quitte peu à peu Endingen pour Baden, puis Zürich. Entre dans la modernité. Parallèlement, Janki multiplie les efforts pour être admis dans la société suisse, toujours foncièrement antisémite. Son fils François va finir, dans le même espoir, par se convertir.
Comme toutes les familles, les générations successives de Meijer vivent leurs amours, leurs drames, leurs succès et échecs professionnels, évoluent- y compris sur le plan religieux - en passant du 19ème au 20ème siècle. Mais leur histoire est profondément marquée par l'Histoire. Ainsi, pendant la guerre de 14, Zalman, le gendre de Janki, ancien militant syndicaliste aux Etats-Unis, franchit les lignes de front pour aller chercher son fils Ruben, qui étudie dans une Yechiva au fin fond de la Galicie, où avancent les Cosaques. Cependant qu'Alfred, le fils de François, est soldat dans l'armée française et tué en Alsace. En 1937, Hillel - petit-fils de Zalman - ardent sioniste qui se prépare à l'émigration en Eretz Israël - se bat, à Zürich, avec les pro-hitlériens du Front National. Arthur, le plus jeune fils de Janki et Hannele, devenu médecin, soigne gratuitement les enfants juifs réfugiés d'Allemagne, acceptés pour 3 mois en Suisse, et finit par épouser la mère de deux d'entre eux, afin de lui permettre de recevoir un visa d'entrée en Suisse - laquelle a fermé ses portes aux persécutés. Ruben, devenu rabbin dans une ville allemande, décrit dans ses lettres une situation de plus en plus sombre, mais refuse d'abandonner sa communauté. Il va disparaître, avec sa famille.
1945 : L'Oncle Melnitz est de retour et raconte. La première phrase du livre a dit de lui :«Après sa mort, il revenait. Toujours.» Il apparaissait aux moments cruciaux auprès de l'un ou l'autre des Meijer pour évoquer des souvenirs, souvent tragiques, du passé, leur rappeler qu'ils ne sont pas des Suisses tout à fait comme les autres. A présent, lui qui sait tout - Melnitz ou la mémoire - raconte aux Meijer survivants, et à qui veut l'entendre, des événements du passé récent, incroyables, «surtout ici en Suisse où l'on a vécu toutes ces années sur une île», et que souvent l'on aurait préféré ignorer.
«Vous avez eu de la chance, vous, ici, en Suisse», observe l'oncle Melnitz...

Charles Lewinsky est né en 1946 à Zurich.
Après des études de littérature allemande et de théâtre, il débute son apprentissage de metteur en scène avec Fritz Kortner. Tour à tour dramaturge, scénariste, parolier ou metteur en scène, il est l'auteur de très nombreux spectacles primés. Son roman Johannistag (à paraître chez Grasset) lui vaut le prix de la Fondation Schiller en 2000.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 30 octobre 2008

Des poussières d'existences, des fragments de destins, de petites histoires qui se concassent sous la meule de la grande. Une famille qui traverse les tourmentes des guerres et des persécutions, sur cinq générations. Avec l'impressionnant Melnitz, Charles Lewinsky - né à Zurich en 1946 - signe un roman-fleuve qui charrie tous les secrets, ambitions et désarrois de la dynastie Meijer, des juifs de Suisse allemande...
Mêlant argot yiddish, spiritualité et sensualité, Lewinsky peint remarquablement l'odyssée de cette famille, sur les eaux troubles d'une époque engloutie. Un roman qui prouve que les recettes balzaciennes sont les meilleures.


  • La revue de presse Marie de Cazanove - La Croix du 22 octobre 2008

Avec "Melnitz", l'Allemand Charles Lewinsky signe une belle saga sur la vie d'une famille juive en Suisse, entre petites et grande histoires...
Le roman de la famille Meijer s'arrête en 1939. Avec intelligence, Charles Lewinsky a préféré taire ce que tout le monde sait. L'épilogue, seul Melnitz pouvait le livrer. Il reviendra donc, en 1945, continuer la litanie des morts commencée des siècles plus tôt. Et conclure, sans pitié : «Vous avez eu de la chance, ici, en Suisse.»


  • La revue de presse Samuel Blumenfeld - Le Monde du 10 octobre 2008

Devenu un best-seller, le livre s'est vendu en Allemagne à plus de 150 000 exemplaires. Il a depuis été traduit en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas, où il s'est à chaque fois retrouvé sur la liste des meilleures ventes. Lewinsky a mis quatre ans pour écrire Melnitz. Ce n'est pas seulement un tour de force, mais aussi une tentative miraculeuse et aboutie de ressusciter des formes romanesques emblématiques du XXe siècle laissées en jachère depuis Les Buddenbrook, de Thomas Mann, La Famille Moskat, d'Isaac Singer, Les Thibault, de Roger Martin du Gard...
Melnitz n'est pas non plus un roman juif, c'est un roman suisse - pays avec lequel Lewinsky entretient une relation complexe. Le livre s'étend longuement sur la séduction exercée par les thèses nazies en Suisse dans les années 1930. Il prolonge ainsi l'un des premiers romans de Lewinsky, inédit en France, où l'auteur imaginait une Suisse privée de sa neutralité et qui devait faire face à l'occupant nazi. "Toutes les sagas juives pourraient avoir comme sous-titre "Le Chemin vers la tragédie". De ce point de vue, Melnitz n'est pas une saga juive, ne serait-ce que parce que la Suisse a été touchée mais pas dévastée par la Shoah. J'ai surtout écrit ce roman à l'intention des Suisses qui ne connaissent pas leurs voisins."


  • La revue de presse Astrid Eliard - Le Figaro du 1er octobre 2008

En France, les lecteurs le découvrent avec Melnitz, son premier livre traduit en français, une saga familiale qui court sur plus de 700 pages et un siècle d'histoire...
Dans le roman, le personnage de Melnitz, une figure fantoma­tique qui tient à la fois de Cassandre et du prophète Jérémie, porte la mémoire des martyrs juifs, et libère ainsi celle des Meijer, plus occupés à vivre leur vie qu'à pleurer les victimes de leur siècle. «Il y a trop de mémoire pour un si petit peuple», ajoute Charles Lewinsky, qui préfère qu'on dise de ­Melnitz qu'il s'agit d'un roman suisse, plutôt que d'un roman juif...
Après une vie passée à écrire en artisan et à aiguiser sa technique, Charles Lewinsky a publié un grand roman classique qui doit beaucoup à ses qualités de feuilletoniste, et l'a fait connaître en dehors de son pays.


  • La revue de presse Mona Ozouf - Le Nouvel Observateur du 1er octobre 2008

«Melnitz» déroule la saga d'une famille juive qui, arrivée en Suisse en 1871, s'est partagée entre assimilation, révolution et sionisme. Bouleversant...
Quand s'achève ce livre bouleversant, impossible à quitter pour peu qu'on l'ait ouvert, on retrouve Melnitz. Moins blême, semble- t-il, et presque ragaillardi par la tragédie qui lui a donné raison. C'est qu'il a changé d'emploi. Dans son rôle de Cassandre, on l'écoutait peu. Désormais, on adresse des requêtes ferventes à l'homme- mémoire : mettre des prénoms d'enfants sur des photos sépia, ouvrir des valises abandonnées, retrouver des convois perdus, identifier des ombres, retracer des destins engloutis. «Six millions de nouvelles histoires, dit-il, des histoires incroyables, surtout ici, en Suisse, où l'on a vécu toutes ces années sur une île, à pied sec au milieu de l'inondation.»


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