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Auteur : Guillaume Thibault
Préface : François Loos
Date de saisie : 06/10/2008
Genre : Economie
Editeur : Technip, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-7108-0919-7
GENCOD : 9782710809197
Sorti le : 23/09/2008
La mondialisation et son cortège de délocalisations inquiètent. Depuis 1978, l'industrie a perdu 1,5 million d'emplois. La France va-t-elle devenir un pays sans usine ? Toutes les enquêtes d'opinion le montrent, les Français plébiscitent le retour d'une «politique industrielle». Face à l'afflux des investisseurs étrangers et à un capitalisme financier jugé débridé, les Français vont jusqu'à réclamer le «patriotisme économique».
On pensait la politique industrielle reléguée au rayon des accessoires obsolètes. Après avoir connu ses heures de gloires dans les années d'après-guerre et jusqu'au début des années 1980, le colbertisme à la française semblait avoir démontré son inefficacité à répondre aux enjeux économiques contemporains.
Mais, en quelques années, les termes du débat ont changé. Les récents développements de la théorie économique ont ouvert de nouvelles pistes de promotion de la croissance économique. Il n'est plus question de nationalisation, de planification et de dirigisme. Innovation, compétitivité, attractivité sont les nouveaux éléments de vocabulaire de la politique industrielle. L'État entrepreneur a vécu ; l'État stratège, facilitateur, doit s'imposer. En mettant en oeuvre la politique d'offre qui relancera la croissance française. Et en assurant la défense des intérêts nationaux avec la même discrète efficacité que certains gouvernements étrangers. Plutôt qu'un handicap, l'Union européenne devrait constituer un formidable levier pour soutenir cette politique.
Une certaine vigilance reste de mise. En France, l'impulsion de l'État est sans cesse recherchée en même temps qu'elle est critiquée. Oui à une «nouvelle» politique industrielle, mais Oui seulement si cette politique correspond à une volonté d'intégration offensive dans la mondialisation.
Guillaume Thibault est consultant en stratégie, spécialisé dans le domaine de l'industrie. Il est diplômé de l'ESSEC, de l'Institut d'études politiques et titulaire d'un Master en Droit public. Il enseigne à l'Université de Cergy-Pontoise.
L'industrie et la politique industrielle : des notions aux contours imprécis
«En première approximation, relèvent de l'industrie les activités économiques qui combinent des facteurs de production (installations, approvisionnements, travail, savoir) pour produire des biens matériels destinés au marché.»
INSEE
«La sous-évaluation du périmètre industriel ne peut être analysée comme une seule erreur «technique» d'appréciation. C'est une erreur politique :
- elle limite de facto la nature des enjeux industriels ;
- elle relativise la crise et la variété des menaces mondiales ;
- elle occulte la nécessité d'une stratégie globale (recherche, éducation et de formation, diplomatie, législation et réglementation, fiscalité, etc.) qui soit autre chose que l'addition de mesures sectorielles d'incitation, de soutien ou de soins palliatifs.»
Bernard Carayon
député du Tarn, 2005
«Il existe des centaines de définitions de la politique industrielle.»
Elie Cohen, Jean-Hervé Lorenzi
Conseil d'analyse économique, 2000
La France est une grande puissance industrielle, la deuxième en Europe et la cinquième dans le monde. Son industrie a connu de profondes évolutions depuis 1973. De plus en plus ouverte au monde, elle subit de plein fouet les évolutions de la conjoncture mondiale et la concurrence des pays en voie de développement. Elle a dû se soumettre à plusieurs phases de restructuration pour maintenir sa compétitivité. Ces mutations se sont traduites par une diminution significative du poids de l'industrie dans l'économie. En trente ans, elle a perdu 1,5 million d'emplois.
Curieusement, c'est au cours de cette même période que les pouvoirs publics semblent avoir renoncé à la «politique industrielle» et au «colbertisme» à la française. Depuis le tournant de la rigueur de 1983, les acteurs emblématiques de cette politique (le Commissariat au Plan, le ministère de l'Industrie, les grandes entreprises publiques) se sont effacés les uns après les autres. L'expression «politique industrielle», devenue synonyme de dirigisme et d'inefficacité, était presque devenue taboue... jusqu'à ce qu'en 2005, un éminent rapport commandé par le Président de la République au patron du groupe Saint-Gobain, Jean-Claude Beffa, ne préconise une «nouvelle politique industrielle» et le renouveau des grands programmes industriels. Pourquoi ? Parce que depuis l'adhésion de la Chine à l'OMC, en décembre 2001, la mondialisation a connu une brusque accélération. Sur la même période, on a observé une nouvelle phase de recul de l'emploi industriel - marquée par le phénomène des délocalisations - et un effondrement du solde commercial des biens industriels. Le spectre du déclin industriel nourrit les inquiétudes : la France va-t-elle devenir un pays sans usine ? Et il remet la question de la politique industrielle à l'ordre du jour. Depuis quelques années, les responsables politiques, économiques et syndicaux ne cessent d'en réclamer la mise en oeuvre. Pour Dominique de Villepin, il faudrait même un «patriotisme économique». Après Jacques Chirac, le nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy, s'est engagé à son tour à conduire une nouvelle politique en faveur de l'industrie.
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