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Auteur : Joël Cornette
Date de saisie : 07/10/2008
Genre : Histoire
Editeur : Points
Collection : Points. Histoire, n° 401
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-7578-0995-2
GENCOD : 9782757809952
Sorti le : 11/09/2008
Histoire de la Bretagne et des Bretons 1
Devenue française en 1532, la Bretagne n'a jamais cessé d'être elle-même. Son identité s'impose, par-delà les lieux communs, de la «Celtie» idéalisée des druides et des chevaliers du Graal jusqu'à Bécassine.
Dans ce livre-somme, Joël Cornette, Breton et historien, retrace l'aventure mouvementée d'un territoire singulier, depuis ses plus lointaines origines jusqu'à l'aube du XXIe siècle.
Voici la Bretagne restituée, «en majesté» : des menhirs de Carnac à la fin du dernier millénaire, en passant par les effervescences de 1789 ; de l'ère viking à la «révolution verte» de l'agriculture; de la grande à la petite histoire, avec la foule des Bretons anonymes mais aussi les personnages illustres, les ruptures fondatrices comme les révolutions silencieuses, vécues au quotidien.
Cet ouvrage a obtenu le Grand Prix d'histoire de l'Académie française 2006.
Joël Cornette
Né à Brest, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire, professeur à l'université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis. Il a publié notamment Le Marquis et le Régent. Une conspiration bretonne à l'aube des Lumières (Tallandier, 2008) et a dirigé dans l'Histoire de la France politique le volume La Monarchie entre Renaissance et Révolution (Seuil, 2000).
Extrait de l'introduction :
Les paradoxes de la bretonnité
Un 1888, Anatole Le Braz se désolait de l'«entêtement» des Bretons. Et il jugeait cette singularité de caractère rétrograde parce qu'elle les rendait imperméables à toute influence extérieure : «La masse des Bretons continue le rêve celte, hostile aux suggestions du dehors, circonscrit dans les formes trop étroites d'un particularisme local. Ils pensent, de nos jours, avec le cerveau de leurs lointains ancêtres, sans l'avoir enrichi d'une cellule nouvelle.» Bretons avant tout, donc, malgré et après des siècles de centralisation monarchique, de jacobinisme républicain agressif, d'étatisation planifiée, de francisation forcée...
Quel est le fondement d'une identité collective ? En 1975, un sondage de la Sofres révélait que, chez les Bretons, le sentiment d'appartenance à leur province venait presque à égalité avec le sentiment d'appartenance à la France. 22% des personnes interrogées affirmaient même se sentir bretons avant de se sentir français. Plus tard, dans le Baromètre annuel 1991 de l'Observatoire interrégional du politique (OIP), la Bretagne paraissait la région à laquelle ses habitants s'identifiaient le plus : 23% estimaient «appartenir avant tout» à cette dernière, résultat supérieur de 13 points à la moyenne nationale. En outre, 75% des Bretons s'y déclaraient favorables à la politique de régionalisation, alors qu'autant voyaient dans la région, plutôt que dans le département, l'unité politique et administrative de l'avenir. Ce chiffre était supérieur de 10 points à celui de 1989 et l'un des plus élevés de toutes les régions françaises. Cette singularité est confirmée par l'enquête effectuée en 1998 : «Diriez-vous que vous vous sentez très proche, assez proche ou pas proche du tout des habitants de votre région ?» Le total «très proche» et «proche» s'élevait à 91 %, plaçant la Bretagne en tête de toutes les régions. À égalité avec la Corse...
Réciproquement, du côté «français», la Bretagne occupe, elle aussi, une position particulière. Cette particularité transparaît clairement dans un sondage mené par la Sofres en 1991 sur L'Image des régions vues par les Français. Deux questions étaient alors posées à un échantillon de 1 000 personnes. À la première, consacrée à la «sympathie» provoquée par les habitants des différentes régions, la Bretagne obtint le meilleur capital de sympathie de toutes les régions françaises. À la seconde question, consacrée aux «qualificatifs» qui définissent le mieux les Bretons, les quatre premières réponses furent : «entêtés» (43%), «travailleurs» (22%), «sympathiques» (21%), «accueillants» (19%).
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