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_ Carnets d'un vieil amoureux

Couverture du livre Carnets d'un vieil amoureux

Auteur : Marcel Mathiot

Préface : Philippe Delerm

Date de saisie : 09/10/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Philippe Rey, Paris, France

Collection : Document

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-84876-126-8

GENCOD : 9782848761268

Sorti le : 09/10/2008

  • Les présentations des éditeurs : 08/06/2009

Du 1er janvier 1927 - il a 16 ans -, jusqu'à son décès en avril 2004, Marcel Mathiot a tenu ses carnets. Une page par jour, datée, titrée et écrite d'une belle plume. Cela pendant soixante-dix-sept ans ! Il parle de son métier de maître d'école fidèle aux principes de Jules Ferry - trente-huit ans dans un petit village d'Anjou -, évoque ses amourettes, mais défilent aussi ses souvenirs de la guerre de 14, du Front populaire, la honte de son pacifisme aveugle avant et durant l'Occupation.
Sur ses vieux jours, Marcel se plonge dans les livres d'Histoire et regrette d'en avoir enseigné les mensonges officiels. Il nourrit les carnets de ses lectures, de Montaigne à Kundera en passant par Voltaire, Anatole France, Romain Rolland, Apollinaire et les chanteurs poètes.
Le 23 janvier 2000, après soixante-huit ans de vie commune, Marcel perd sa femme et redevient «célibataire»... Les carnets lèveront le voile sur ses nombreuses et durables liaisons. «Je n'ai plus rien à cacher, je peux dire, écrire ce que je veux.» Toutes accourent après le décès de Geneviève, son épouse légitime : Hélène, «le grand amour de ma vie, le seul véritable» ; Mado, «la plus proche, la plus sensuellement connue» ; Lili, «la plus intelligente, celle avec qui j'aurais pu vivre raisonnablement» ; Emma, jeune femme de 35 ans, «qui me déclara un amour inattendu»...
Marcel refuse de porter un costume de vieillard. «Avons-nous envie de devenir centenaire ? Pas vraiment. Avons-nous envie de mourir ? Pas du tout.» Il est plus fringant, plus séducteur, plus viril qu'à 20 ans. Nulle perte de mémoire. À 90 ans, sa vie sexuelle et amoureuse est flamboyante. Il se donne comme un jeune marié et se raconte sans fard. Sa relation érotique avec Mado, sa maîtresse de 86 ans, est si intense qu'elle va jusqu'à l'inquiéter. Au point de lui écrire, le 31 juillet 2000 : «Tu m'aimes avec une passion qui m'effraie parfois quand, de tendre femme amoureuse, tu deviens une affamée de sexe, prenant un visage tendu, presque sauvage [...] Trois jours de suite, tu m'as entraîné dans ces étreintes de plus en plus sensuelles. Je ne passerai pas cette nuit avec toi, Mado, craignant d'en être épuisé.»

Écrit dans une langue admirable, ce document exceptionnel bouscule l'image asexuée du quatrième âge que l'on ne voit habituellement qu'au travers du prisme de la pathologie. Mais il est surtout une belle leçon d'amour de la vie de la part celui qui aima non seulement les femmes mais aussi la littérature, la gastronomie, l'humour, la nature. Un homme qui, jusqu'à la fin, refusa avec énergie la marque du temps, un homme définitivement «fait pour être jeune»...



  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 30 octobre 2008

De ses 60 carnets, qui couvrent 21.600 jours, Claire Hauter et Bernard Fillaire ont gardé les quatre dernières années. C'est un document passionnant. Il ne révèle pas seulement des prouesses érotiques qui bousculent pas mal d'idées reçues sur le quatrième âge, il dresse aussi l'étonnant portrait d'un homme qui traversa le XXe siècle en se moquant de la morale (conseiller municipal de Contigné, il s'opposa au pudibond Jean Foyer) et en n'ayant le souci que de son bonheur...
Ces «Carnets d'un vieil amoureux» (Philippe Rey, 20 euros) et d'un parfait inconnu sont la meilleure surprise de cette rentrée.


  • La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 10 octobre 2008

Une page par jour, jamais plus : c'est sa bonne dose de "drogue inoffensive" pour "éviter un éparpillement de la pensée". Il ne se considère pas écrivain, mais "écriteur", malgré une plume alerte et mordante qu'envieraient bien des auteurs. Les extraits de ce journal exceptionnel, préfacés par Philippe Delerm, nous donnent un livre étonnant, parfois à peine croyable, qui est une célébration de la sexualité du quatrième âge, mais aussi une émouvante traversée du XXe siècle...
Les dernières pages de son journal, écrites dans une maison de retraite, sont poignantes. Elles se concluent par un mot inachevé. Ces gémissements-là ne s'inventent pas.


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