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.. L'héritage allemand

Couverture du livre L'héritage allemand

Auteur : Janine Massard

Date de saisie : 08/10/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : B. Campiche, Orbe, Suisse

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-88241-224-9

GENCOD : 9782882412249

Sorti le : 08/10/2008

Janine Massard suit le destin tragique d'une famille allemande du vingtième siècle. Pressentant la tragédie (quel rôle exact auront les hommes de la famille ?), Kunigunde Sidonia dite «Mutter» rejoint en Suisse sa fille, Heide, quittant ainsi son mari, son fils, et l'Allemagne. La bête immonde s'installe en Allemagne, tandis que Heide fonde une famille. Histoire d'une nation, histoire d'une famille. Famille marquée également par la tragédie : des maladies terribles affecteront chacune de ses générations. Heide vieillit en assistant à la mort de ses descendants. Devant cette injustice («Pourquoi notre descendance et pourquoi pas nous, les mères, l'ordre des choses serait respecté»), elle se questionne mais repousse l'idée simpliste d'une malédiction sur les jeunes générations, héritage d'un lourd passé. Un sujet essentiel et difficile traité avec humanité, tact et intelligence, sans aucune lourdeur.


  • Les présentations des éditeurs : 16/10/2008

Janine Massard est née à Rolle. Elle exerce divers métiers avant de commencer des études de lettres à Lausanne, qu'elle interrompt pour se vouer à récriture.
Son oeuvre comporte surtout des récits et des romans. Pour La Petite Monnaie des jours (1983), elle reçoit en 1986 le Prix Schiller. Trois mariages lui vaut le Prix des Écrivains vaudou en 1993. Ce qui reste de Katharina obtient le Prix de la Bibliothèque pour Tous en 1998. Elle reçoit le Prix Edouard-Rod (2002) pour Comme si je n'avais pas traversé l'été. Le Jardin face à la France (2005) a reçu un Prix de la Fondation vaudoise pour la Culture.
Présidente de l'Association Films Plans-Fixes depuis janvier 2003. Janine Massard vit actuellement à Pully.

Et si, par des voies occultes, les crimes nazis retombaient sur la descendance ? C'est la question que finit par se poser Heide, dont le frère a fait la guerre sous l'uniforme SS, en constatant qu'une étrange multiplication de malheurs les atteint, lui comme elle, dans la chair de leur chair. Alors, hasard ou syndrome du châtiment ?


  • Les courts extraits de livres : 16/10/2008

Sans les événements qui se sont succédé une bonne vingtaine d'années après son trépas, Heinrich Honorius aurait erré dans les consciences des vivants puis serait tombé en déshérence, à l'extinction de sa descendance.
Né en 1916, dans un village près de Stuttgart où le nazisme s'était propagé plus rapidement que le doryphore, il avait été aspiré dès sa quinzième année par la Hitlerjugend et, moins d'une décennie plus tard, avait rejoint la SS, dont la graphie allait devenir célèbre par ses dérèglements.
Ach ! disaient ceux qui se bouchaient les oreilles à l'évocation de la faute collective, ça c'est Greuelmärcben und so weiter, histoires cruelles inventées, pires que celles des Grimm.
Heinrich Honorius, que ses familiers, sans être capables d'en retracer l'origine, avaient pris l'habitude de désigner par les deux initiales de ses prénoms, était devenu l'oncle par alliance de Léa Boex - contrainte de s'introduire maintenant dans la narration, dès lors qu'elle s'est mise en tête de retracer l'évolution de cette branche allemande greffée sur sa vie et qui rebondira de manière inattendue sur la voie qu'elle s'était jusque-là tracée. Même si elle ne l'avait rencontré que quatre ou cinq fois pendant les premières années de son mariage, elle ignorait tout de lui sauf que, diplôme de comptable en poche, il était entré dans la SS, avait, comme Unterscharführer puis Scharführer, guerroyé sur le Front de l'Est, en Ukraine, jusque vers la fin de 1943, gelé sur un poteau et redouté les orgues de Staline. Blessé au cours d'un combat, il avait perdu un oeil et sa jambe droite était demeurée raide. Après cela, il avait été affecté à des postes moins exposés. De la guerre, le revenant n'avait rien à en dire, sinon qu'il n'avait été qu'un tout petit bras de la grosse machine et s'était senti abandonné et trompé après la capitulation.


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