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Auteur : Philippe Dupuich
Date de saisie : 14/10/2008
Genre : Histoire, Géographie
Editeur : Ouest-France, Rennes, France
Collection : Beaux livres
Prix : 30.00 € / 196.79 F
ISBN : 978-2-7373-4461-9
GENCOD : 9782737344619
Sorti le : 14/10/2008
Oubliez vos préjugés sur le pays noir ! D'ailleurs, il est vert... Le Bassin minier n'a pas fini de vous étonner. Les cinq auteurs et le photographe sont d'emblée tombés amoureux de cette terre. Ils nous racontent ici avec talent leurs découvertes. Tantôt nous sommes projetés trois cents millions d'années en arrière à l'époque du carbonifère, tantôt nous sommes déjà en 2011 dans les salles du fabuleux musée du Louvre à Lens.
Gravir les plus hauts terrils d'Europe, prendre un café avec Jacques Bonnaffé, pourchasser nuitamment la chimère à Bernicourt, se perdre dans les cités-jardins un jour de Sainte-Barbe, descendre dans les galeries souterraines du Centre historique minier de Lewarde, flâner le nez en l'air dans les villes où tout change, tout bouge, participer à la cueillette de champignons et - même ! - à des vendanges joyeuses, tout est possible en ce pays-ci. Avec tant de trésors, qui sait si, d'ici quelques années, le Bassin minier ne sera pas inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco ? Car il y a quelque chose qu'on n'enlèvera jamais à ce pays : son âme.
J'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'une attraction une. Une sorte de «grand huit» comme il s'en érigeait sur les places de ma ville les jours de ducasse : l'on jouait à se faire peur en s'installant dans les voiturettes qui, après une lente ascension, descendaient follement en tournoyant. Là, le spectacle était quelque peu différent : de petits wagonnets, suspendus à un long fil, montaient doucement à l'assaut d'une noire colline. Une colline différente de nos monts de Flandre et d'Artois, parce qu'elle formait un parfait triangle isocèle, figure géométrique que nous avait apprise l'instituteur.
Un terril. Gamins en vadrouille sous la direction du vicaire de la paroisse, élevés dans la plaine flamande à quelques kilomètres à peine du Bassin minier, nous ignorions tout, ou presque, de celui-ci. Le but de l'excursion, comme on disait avec respect, était tout autre. Il s'agissait de visiter les lieux de tragiques batailles qui avaient meurtri cette région à jamais.
D'abord Vimy, une crête qui la domine et où moururent, en 1917, des milliers de soldats canadiens. Puis Notre-Dame-de-Lorette, point culminant des monts d'Artois, où quarante mille Français avaient été abattus, fauchés, lors d'une violente offensive, en 1915.
Il y avait là, il y a toujours, une tour-lanterne dominant d'immenses champs plantés de croix. Et aussi un ossuaire, renfermant les restes de milliers de soldats inconnus. Ce mot - ossuaire - m'avait fait peur. J'avais 7 ans. Je craignais de trouver en ce lieu des amoncellements de crânes et d'os, comme ceux du squelette dressé au fond de la classe dite du «certificat» dans mon école primaire. Un squelette que nous, les petits, observions à la dérobée, à travers la fenêtre, en nous dressant sur la pointe de nos galoches, et qui nous était devenu familier. Mais «ossuaire», ce seul terme, nouveau pour moi, faisait naître des images d'horribles cadavres aux chairs déchirées et rouges de sang. En fait, je n'aperçus là que quelques cercueils. Et m'empressai de sortir.
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