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Auteur : Battulga Dashdor
Date de saisie : 14/10/2008
Genre : Art - Peinture
Editeur : Ouest-France, Rennes, France
Collection : Le lecteur de l'imaginaire
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-7373-4547-0
GENCOD : 9782737345470
Sorti le : 14/10/2008
De sa Mongolie natale à la Bretagne, Battulga Dashdor a certainement subi les difficultés et les souffrances d'une itinérance forcenée. Mais il a immédiatement mis en oeuvre l'art secret habitant son imaginaire : la peinture traditionnelle mongole. Battulga Dashdor nous livre, par le filtre de sa culture, son cheminement en Bretagne. C'est un émerveillement.
Une mélodie des steppes de la Mongolie...
... où je suis né en 1974 à Oulan-Bator, la capitale. Mon prénom «Bat-Tulga» signifie «trépied et solide». J'ai poursuivi mes études entre 1982 et 1992 alors que le russe était encore obligatoire à l'école. A l'époque, la Mongolie avait un régime totalitaire et était occupée par l'Union des républiques socialistes soviétiques. J'appartiens à la dernière génération ayant vécu sous la dictature communiste. En 1990, le gouvernement a changé et la Mongolie a retrouvé son droit à la liberté d'opinion, d'expression et de publication.
En Mongolie, il y a une grande différence entre la campagne et la ville. Personnellement, j'ai toujours vécu dans un appartement, je suis un citadin. Je n'ai pas beaucoup d'attaches familiales à la campagne mais pendant mes vacances, je séjournais chez un oncle très éloigné. C'étaient des nomades qui vivaient dans une yourte. Je montais à cheval et j'aimais beaucoup cela. Les chameaux, par contre, ne m'intéressaient pas car je les trouvais grotesques. L'oncle de mon grand-père était un moine bouddhiste et il savait tout faire : dessiner, peindre, sculpter. Mon grand-père me disait souvent que j'avais hérité de ses talents.
Je ne sais pas à partir de quel âge j'ai commencé à dessiner. Je dessinais tout le temps des chevaux sur mes cahiers. En 1992, à l'âge de 18 ans, j'ai souhaité intégrer l'Ecole des Beaux-Arts. Outre l'enseignement général, on y apprenait à dessiner la nature, les humains, les animaux, les natures mortes. On y faisait de la sculpture, de la poterie, de l'orfèvrerie, de la gravure. On nous enseignait également la religion et l'histoire de l'art. Car, contrairement aux autres écoles, la nôtre nous initiait aux arts occidentaux. Tous les étudiants copiaient les peintres célèbres occidentaux et orientaux. C'était très fatigant, on dessinait parfois cinq heures d'affilée. Tous les trois mois, il y avait un examen.
Avec le retour de la démocratie, la technique de la peinture traditionnelle a été de nouveau autorisée. Ce fut une véritable révolution pour un artiste peintre comme moi.
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