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.. Les 200 plus beaux dessins du monde

Couverture du livre Les 200 plus beaux dessins du monde

Auteur : Jean-Luc Chalumeau

Date de saisie : 03/11/2008

Genre : Arts

Editeur : Chêne, Paris, France

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-84277-896-5

GENCOD : 9782842778965

Sorti le : 03/11/2008

  • Les présentations des éditeurs : 08/11/2008

«Ce que je crois, c'est que, qu'il s'agisse de peinture ou de sculpture, au fond il n'y a que le dessin qui compte...»
Alberto Giacometti (1901-1966)

Le dessin serait à la fois «la plus obsédante tentation de l'esprit (Paul Valéry) et «l'incarnation de la réalité même du corps» (Jacques Derrida), d'où l'intérêt qu'il suscite depuis plus de six siècles en Occident, sous des formes et des techniques variées (pierre noire, pointe d'argent, sanguine, fusain, aquarelle, pastel...).
Deux cents exemples réputés les plus beaux, du XVe siècle à nos jours, sont réunis ici - parmi lesquels figurent les plus grands maîtres comme Botticelli, Raphaël, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Rembrandt, Ingres, Picasso mais aussi d'admirables artistes moins célèbres tels que Pisanello ou Jean Clouet - et largement commentés. Reproduits pour la plupart en grandeur réelle, ils font du présent livre un exceptionnel «musée imaginaire».

Jean-Luc Chalumeau, critique et historien de l'art, est notamment l'auteur, aux éditions du Chêne, de Lectures de l'art (1981, trois éditions, traduit en quatre langues) ; Histoire de l'art contemporain (Klincksieck, 2005) ; Les Théories de l'art (Vuibert, 1992-2007, quatre éditions, traduit en trois langues) ; Peinture et Photographie (Éd. du Chêne, 2007) ; Les 200 plus beaux tableaux du monde (Éd. du Chêne 2007).


  • Les courts extraits de livres : 08/11/2008

Extrait de l'introduction :

«Il n'y a que le dessin qui compte...»

QU'EST-CE QUE LE DESSIN ? faut-il se contenter de la définition de Piero della Francesca : «Par le mot dessin nous entendons les profils et les contours qui sont contenus dans la chose» ? Ce serait oublier que déjà au quattrocento disegno signifiait aussi dessein, c'est-à-dire le véhicule terrestre de l'image divine. Plus généralement encore, à l'origine de tous les arts se trouve un acte graphique qui a pu naître de la plume (ou, avant elle, la pointe d'argent), du crayon (ou, avant lui, la pierre noire ou de couleur) ou encore du pinceau (l'aquarelle fait partie du champ du dessin, comme d'ailleurs le pastel). Aucun dessin de l'An­tiquité n'est parvenu jusqu'à nous, et infiniment peu du Moyen Age, c'est pourquoi l'histoire du dessin en Occident commence à la Renaissance, moment où il est considéré comme le premier signe de la force de l'artiste et de sa virtuosité. Remarquons que, d'emblée, il parvient à l'idée de perfection : c'est ainsi qu'est ressentie tout de suite l'Allégorie de l'Automne de Botticelli : «Le paradigme de l'art toscan et l'un des plus purs dessins universels par son rythme de danse et son élan aérien, ses élongations mélodiques au-delà de l'anatomie», écrit Jean Leymarie.
S'il fallait désigner «le plus beau dessin du monde» en recueillant les opinions des critiques et des historiens de l'art, ce serait sans aucun doute celui-là, à égalité avec les produits les plus remarquables de la passion graphique qui anima notamment Pisanello, Michel-Ange, Raphaël, Rembrandt, Ingres, Picasso ou Degas. N'est-ce pas à propos de ce dernier que Paul Valéry a déclaré que le dessin est «la plus obsédante tentation de l'esprit» ? Tentation de l'esprit : à moins qu'il ne nous fascine tant que parce qu'il incarne aussi la réalité même du corps, comme l'a si bien vu Jacques Derrida : «Le dessin prolonge l'acte de la main, et avec elle du poignet, de l'avant-bras, du regard, et finalement du corps tout entier. Contre l'intellectualisation à laquelle on a voulu parfois le réduire, le dessin produit une configuration rythmée du réel naissant du rythme même du corps.» Bref : aussi bien devant l'esquisse que devant l'oeuvre longuement élaborée, l'homme se reconnaît, d'où son intérêt jamais démenti pour l'art du dessin, d'où son adhésion aux propositions les plus fameuses concernant ce mode d'expression : «la probité de l'art», disait Ingres, ou bien, selon la déclaration définitive de Le Brun : «Un crayon suffit pour tout exprimer de la nature, y compris les passions humaines».


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