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Au début de sa vie professionnelle, l'auteur fut témoin d'une tragédie technologique française due à l'incompétence.
Puis il fut nommé par l'O.N.U. responsable du plus grand projet hydrologique international, dans le Golfe du Bengale.
De retour en France, il constata que l'incurie technologique pouvait engendrer des catastrophes naturelles cependant prévisibles.
Sollicité pour une nouvelle mission au Bangladesh, il découvrit que sous couvert humanitaire, le gouvernement français organisait tout simplement un génocide en injectant des milliards de dollars dans une intervention, tout en mystifiant les chefs d'état des sept nations les plus industrialisées du monde.
De même, les conséquences catastrophiques du tsunami de Noël 2004 auraient-elles pu être évitées ?
Devons-nous dénoncer des dérives technologiques funestes ou persister dans le respect de la tradition chinoise des trois singes de la sagesse : ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire ?
Paul G Dumas est diplômé ingénieur de l'École Centrale de Lyon et de l'Université de Lyon. Il a suivi un enseignement post-universitaire en informatique chez IBM. Il exerce une fonction d'expert international et communautaire dans les domaines de l'ingénierie écologique, des risques majeurs et de la gestion des eaux.
Les courts extraits de livres : 09/11/2008
Une ingénierie au-dessus de tout soupçon
En ce 3 décembre 1959, je sortais de mon bureau pour procéder à ma visite matinale sur un chantier de barrage dans les environs de Montélimar. Le soleil venait de se lever dans un ciel sans nuage. Quel beau soleil d'Austerlitz ! pensai-je machinalement.
Lors de mon retour, en franchissant la porte de mon bureau, je me mis à rire de mon erreur : il me revint à l'esprit que le soleil d'Austerlitz était apparu un 2 et non un 3 décembre et que précisément la veille, le temps avait été médiocre. A ce moment, la sonnerie du téléphone retentit. Je décrochai le combiné et appris la nouvelle consternante.
À neuf kilomètres en amont de Fréjus, le barrage de Malpasset construit sur le Reyran, affluent de l'Argens, avec son type à voûte mince, haut comme une maison de huit étages, avait vraiment fière allure.
Lors de la période de remplissage, la phase la plus critique de la vie d'un barrage, alors que le niveau parvenait aux 9/10 de la hauteur utilisable, des suintements apparurent en rive droite et se transformèrent en sources dont le débit augmentait avec l'élévation du niveau d'eau. Il se mit à pleuvoir.