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Le capitaine Guillaume Féraud n'a connu qu'une seule chose dans sa vie : la guerre. Mais en 1815, tandis que l'empereur de France abdique devant les royalistes, il devient un paria de la société. Que faire quand on ne sait que manier l'épée ? Il décide de partir pour le sud de la France et de rejoindre les rebelles. Mais Féraud ne croit pas à la politique, seulement à l'honneur, alors quand il croise la misère et l'injustice à Toulouse, il préfère arrêter ses errances. Pour trouver - peut-être - le bonheur. Ce magnifique roman d'aventure sur fond d'amour et d'initiation transforme un soldat presque ordinaire en véritable héros justicier. L'auteur nous plonge dans l'ambiance sordide des années qui suivent la chute napoléonienne, et nous fait littéralement vibrer au travers de son héros bourru mais attendrissant. Comme si on y était...
Les courts extraits de livres : 09/11/2008
Le jour se levait à peine sur les vallons boisés. Une lumière blafarde éveillait la contrée, comme malgré elle. Il était plus de six heures en ce jour de juillet 1815. Après deux semaines de chaleur accablante, le temps était devenu maussade. De lourds nuages recouvraient la région telle une houle paresseuse. Il pleuvait depuis quatre jours sur les vallées de l'Indre et du Loir. Les sols regorgeaient d'eau, les arbres dégouttaient à en mourir. Même loin de toute habitation, la nature hésitait à s'ébrouer. On entendait de rares psalmodies de grives. Il fallait tendre l'oreille afin de percevoir l'aboiement des faons nouveaux-nés. De loin en loin, on pouvait apercevoir quelques équipes de journaliers, débutant leur labeur aux champs. Ils étaient par groupes de six, leurs outils sur l'épaule et les sabots s'enfonçant lourdement dans les chemins transformés en marais. Tous portaient un chapeau à large bord en mauvais cuir qui les faisait ressembler à de grands champignons des prés.
A quelques centaines de mètres de là, un petit promontoire boisé dominait le vallon. Emergeant de sous sa capote en lambeaux, un homme se mit à tousser longuement. Il secoua le vêtement trempé, quoiqu'imperméable. La qualité du tissu d'avant les grandes campagnes le protégeait au moins de ça. Il lissa son épaisse moustache de ses doigts noirs et toussa encore. La faim le torturait horriblement depuis deux jours. Ne pouvant faire le moindre feu de peur d'être repéré, il se voyait contraint de manger des fruits et des racines. Son cheval ne connaissait pas ce genre de problèmes. Il leva la tête et vit l'animal qui l'observait : impassible et tranquille.