Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Poétesse rom a la voix de feu, Zoli fascine ceux qui l'approchent mais reste insaisissable. Élevée sur les routes par son grand-père, qui a bravé l'interdit tzigane en lui apprenant à lire et à écrire, Zoli découvre très jeune le pouvoir des mots. Mais coucher sur le papier l'histoire de sa communauté, c'est livrer aux gade une partie de l'âme tzigane. Adulée par le régime communiste avant de devenir paria, bannie par les siens pour avoir transgressé les règles, Zoli paiera sa liberté au prix fort...
Parabole sur l'exil, éloge de la différence, Zoli est le voyage sans retour dans l'Europe des années trente à nos jours, d'une femme à la volonté impitoyable, et, à travers elle, un hymne aux «errants du monde» que l'on veut à toute force sangler à la terre.
Né à Dublin en 1965, Colum McCann est l'auteur de plusieurs romans - dont Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, et Zoli - et de deux recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil et Ailleurs, en ce pays. Colum McCann vit aujourd'hui à New York.
«Un pur, nécessaire et vrai romancier.» Frédéric Vitoux, Le Nouvel Observateur
Traduit de l'anglais par Jean-Luc Piningre
"Domaine étranger" dirigé par Jean-Claude Zylberstein
Les courts extraits de livres : 09/11/2008
Il longe le lit du ruisseau et l'immonde paysage se révèle peu à peu, les seaux renversés dans un coude plus loin, le landau cassé dans les mauvaises herbes, le baril de pétrole qui tire une langue rouillée, la carcasse d'un frigo dans les ronces.
Le chien qui vient renifler le devant de la voiture a comme la peau recousue sur les os. Encore une seconde, et les gamins déboulent, se massent contre les vitres. D'un coude qu'il voudrait nonchalant, il abaisse les clenches aux angles des portières. Il y a un môme assez agile pour sauter sans un bruit, empoigner les deux essuie-glaces et s'étaler sur le capot. Deux autres s'accrochent au pare-chocs arrière et se laissent traîner, pieds nus dans la gadoue. Les filles courent de chaque côté, le nombril à l'air dans leurs jeans taille basse. L'une d'elles tend un doigt en riant, puis s'arrête, net, muette. Le gamin du capot glisse par terre, les patineurs lâchent le pare-chocs, et la rivière est soudain là, boueuse, rapide, inattendue. Un coup de volant brutal, les mûriers grattent les vitres, le chiendent craque sous les essieux, mais la voiture retrouve le chemin. Les enfants rappliquent à toutes jambes en poussant des cris.
Courbées sur la rive opposée, deux vieilles femmes se redressent avec un sourire en coin, hochent la tête et recommencent à frotter sur les galets des draps gorgés de lessive.