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Les Échos illusoires du luth mettent en scène un jeune homme naïf, impressionnable, mais qui cherche à «résister» aux forces obscures. Après une nuit d'angoisse et d'incidents tragi-comiques, une aube mouvementée, une séquence hilarante chez un barbier, Yasuo retrouvera un «moi» régénéré et heureux. Le Goût en héritage décrit des hommes qui rentrent de la guerre et les liens mystérieux qui se tissent entre une femme et la mère d'un soldat disparu. Une atmosphère sombre, onirique, traversée de fulgurances poétiques. Les deux nouvelles mélangent réalisme et fantastique. On y découvre la patte de l'écrivain, avec ses réflexions ironiques ou désabusées, son recul tendre par rapport au ridicule de ses personnages, son attirance pour des caractères au psychisme ambigu, presque limite, son goût pour les situations comiques, voire grotesques, et ses notations poétiques.
Traduit du japonais par Hélène Morita
Natsume Sôseki (1867-1916) est l'un des plus grands écrivains japonais du XIXe siècle. Ses textes les plus célèbres sont Je suis un chat (Gallimard), Botchan (Le Serpent à Plumes), Oreiller d'herbes (Rivages poche). Le Mineur («Biblio», Le Livre de Poche), Sanshirô (Gallimard), Et puis (Le Serpent à Plumes), Le Pauvre Coeur des hommes (Gallimard).
Les courts extraits de livres : 12/11/2008
«Oh ? s'exclama Tsuda, c'est extraordinaire ! ! Voilà bien longtemps que je ne t'avais pas vu...» La mèche de sa lampe était trop longue, et il était à cet instant occupé à la tailler.
Je faisais alors pivoter avec trois doigts mon bol à thé - une porcelaine ordinaire de Sôma - posé sur mes genoux, si comprimés dans mon pantalon que le tissu menaçait de craquer. Et je réfléchissais qu'en effet, je m'étais fait bien rare. Car nous étions déjà à la pleine saison des cerisiers en fleurs, et depuis notre rencontre au Nouvel An, je n'étais pas venu dans la pension de Tsuda.
«Oui... j'ai souvent pensé te rendre visite, et puis j'étais tellement pris...
- Je le sais bien ! Tu es évidemment très occupé. Ta vie d'aujourd'hui, elle n'est plus la même, non ? Ce n'est plus comme quand tu étais encore étudiant. Tu n'es sans doute pas libre avant six heures du soir, j'imagine ?