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.. Charles Marville : Paris photographié au temps d'Haussmann

Couverture du livre Charles Marville : Paris photographié au temps d'Haussmann

Auteur : Patrice de Moncan

Date de saisie : 30/10/2008

Genre : Photos

Editeur : Ed. du Mécène, Paris

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-907970-89-1

GENCOD : 9782907970891

Sorti le : 30/10/2008

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  • 15/12/2008

Patrice de Moncan, éditeur, auteur


  • Les présentations des éditeurs : 02/12/2008

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui ce qu'était Paris avant 1850. Encore en grande partie médiéval, son coeur était encombré, misérable et obscur. Autour de Saint-Germain-des-Prés, Saint-Nicolas-des-Champs, l'Ile de la Cité, la Bastille et jusqu'aux portes du Louvre, ce n'était qu'un noeud de ruelles sinueuses, mal éclairées et insalubres.

L'état dramatique de nombreux quartiers imposera à Napoléon III, avec l'aide de son préfet le baron Haussmann, de transformer la ville en une capitale moderne. Bien sûr, certains contempo­rains comme Victor Hugo ou Eugène Sue, nostalgiques de cette ville chargée d'histoire, reprocheront à l'empereur et à Haussmann d'avoir tué l'âme du vieux Paris en rasant des îlots entiers pour créer de larges voies, claires et aérées.

Ce sont ces transformations que Charles Marville est chargé de photographier pour le compte de la Ville de Paris, tant pour conserver une trace historique des quartiers à jamais détruits que pour démontrer aux plus sceptiques l'urgente nécessité de «donner de l'air et de l'eau» à cette capitale asphyxiée.

La vie de Marville ainsi que les conditions dans lesquelles il a été engagé par l'Administration des Travaux Historiques sont peu connues, la plupart des informations ayant disparu dans l'incendie qui ravagea l'Hôtel de Ville sous la Commune. Pourtant nous savons que le photographe avait commencé à prendre des vues des rues anciennes pour son propre compte, et c'est probablement pour cette raison qu'il fut choisi en 1865 par l'administration parisienne pour continuer ce travail. Ainsi, entre 1865 et 1878, il prendra des centaines de clichés selon une technique immuable : chargé d'effectuer un travail topographique et documentaire - et non pas artistique -, Marville photographie toujours la rue dans son ensemble, dans un sens puis dans l'autre, se postant souvent légèrement décalé afin de révéler le tracé sinueux de la voie et l'état de délabrement et d'insalubrité des maisons à démolir.

La chance de Marville fut d'avoir été le témoin privilégié de l'un des bouleversements les plus importants de l'Histoire de Paris. Notre chance est que ses photographies nous soient parvenues et nous permettent de replonger, grâce à cet ouvrage, dans un Paris aujourd'hui disparu, tout en assistant à l'extraordinaire renaissance d'une ville.


  • Les courts extraits de livres : 02/12/2008

LE PARIS D'HAUSSMANN PHOTOGRAPHIÉ PAR CHARLES MARVILLE

Il serait difficile d'imaginer aujourd'hui ce qu'était Paris avant 1850 sans les photos de Charles Marville. Encore en grande partie médiéval, son coeur était surpeuplé et le plus souvent misérable. Autour de Saint-Germain-des-Prés, Saint-Nicolas-des-Champs, l'Ile de la Cité, la Bastille et jusqu'aux portes du Louvre, ce n'était qu'un noeud de ruelles sinueuses, mal éclairées et insa­lubres. Sans ces documents, il serait tout aussi difficile d'imaginer l'importance des travaux entrepris à Paris sous le Second Empire.

Napoléon III imposera à son fidèle préfet, le baron Haussmann, de transformer la ville en une ville moderne. Et dès 1867, au lendemain de l'Exposition Universelle de Paris, les transformations de la capitale française, après avoir suscité l'admiration de ses visiteurs, seront copiées par les plus grandes cités européennes.
Bien sûr, certains contemporains tels Victor Hugo ou Eugène Sue, nostalgiques d'un passé riche d'histoire, reprocheront à l'empereur et à Haussmann d'avoir détruit l'âme du vieux Paris en rasant des îlots entiers pour créer de larges voies et moderniser la capitale... oubliant un peu vite l'effroyable misère qui régnait alors à l'intérieur de ces murs.
Charles Marville sera chargé par la Ville de photographier la transformation et l'assainissement de Paris, tant pour conserver une trace historique des quartiers à jamais détruits que pour démontrer aux plus sceptiques l'urgente nécessité de «donner de l'air et de l'eau» à cette capitale asphyxiée, fixant aussi sur ses plaques les grandes avenues arborées et les larges perspectives créées par le Second Empire.
Quand en 1852 Napoléon III nomme Georges-Eugène Haussmann préfet de la Seine, le Vieux Paris est une ville malade qui a subi en moins de soixante-dix ans les méfaits de trois révolutions, les ravages de deux invasions des armées étrangères et une succession d'épidémies meurtrières dont celles du choléra de 1832 et de 1849.
Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), Rambuteau, préfet de la Seine, tenta bien d'améliorer les conditions de vie dans la capitale. «De l'eau et de l'ombre, c'est ce qu'il faut aux Parisiens,» aimait-il répéter. Pour cela, il fit construire plusieurs fontaines monumentales, (place de la Concorde et place Saint-Sulpice) et multiplia à travers la ville les bornes-fontaines de sorte que le volume d'eau journalier des Parisiens fut multiplié par cinq. Il planta de nombreux arbres et créa le premier jardin public de Paris dans l'île de la Cité. Malgré ses efforts, les conditions de vie ne connurent pas d'amélioration notoire. On peut même affirmer que Paris accumula un important retard par rapport aux villes de province qui se modernisaient sous l'effet des administrateurs royaux qui étaient dotés de larges attributions, tant dans les domaines financier, administratif, judiciaire, qu'en matière de police. Cela leur permettait de mener à bien des travaux d'urbanisme importants. A Paris, la situation était bien différente. La municipalité se heurtait sans cesse à deux représentants du roi, à l'intendant de la région d'Ile-de-France, qui exerçait surtout un rôle de figuration, et au lieutenant de police chargé du maintien de l'ordre de la bouillonnante capitale.


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