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Auteur : Sandor Marai
Traducteur : Catherine Fay
Date de saisie : 03/11/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Grandes traductions
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-226-18871-7
GENCOD : 9782226188717
Sorti le : 03/11/2008
Un professeur de latin dans une petite ville hongroise décide de décrire les menus évènements de sa vie et la couleur de ses pensées dans un journal intime. Plus par ennui que par nécessité, l'homme d'une cinquantaine d'années qui commence à rédiger ces pages, se trouve dans une station balnéaire modeste où il s'ennuie dans une solitude épaisse, comme il s'ennuie par habitude.
Il se promène, salue poliment ses semblables, évite les rencontres et les conversations s'octroie quelques centilitres de vin au dîner. Il a une représentation très stricte et précise de ce que doit être sa vie et de l'attitude que doit avoir un homme de sa condition.
Tout son être est régi par une rigueur maniaque, un tantinet méprisante, jusqu'au jour où un homme en villégiature comme lui, va ouvrir une brèche dans ce qui semble si bien réglé.
Il sèmera un doute brûlant dans son coeur qui ne s'éteindra plus. De retour de ses vacances, le professeur va retrouver son quotidien, ses collègues, ses élèves, sa petite ville. Et pourtant une vérité nouvelle va ronger son âme.
Au fur et à mesure des pages, Sandor Marai, qui écrit à la première personne, nous emporte dans le désespoir abyssal d'un homme qui, malgré une honnêteté implacable sur lui-même, se crevasse comme une main plongée dans la glace. Il révèle petit à petit les meurtrissures d'un être que le manque tue et dont l'âme réclamera réparation. L'amour, dévastateur qu'il éprouvera alors, le conduira à une étreinte fatale avec la folie.
Un livre puissant, magnifiquement écrit.
Dans une petite ville de la province hongroise, un respectable professeur de latin mène une vie terne et solitaire, dénuée de surprise. Lorsqu'il entreprend de tenir son journal, pour «faire passer le temps», cette apparente tranquillité vole en éclats. Au fur et à mesure qu'il confie les menus faits et gestes de ses journées, des bribes de souvenirs d'enfance lui reviennent, la glace qui recouvrait ses émotions se craquelle, et sa propre vérité surgit enfin. Cette première fêlure en annonce une autre, qui va faire basculer sa vie : un premier amour, violent, tardif, ravageur...
Sous la forme du journal intime, ce premier roman de Sándor Márai relate de manière saisissante la renaissance et la descente implacable d'un homme dans la psychose. Il impose d'emblée le talent magistral du grand auteur des Braises, de L'Héritage d'Esther, de Métamorphoses d'un mariage...
De nombreuses références nous viennent à l'esprit. Márai en a-t-il eu lui- même conscience ? Aucun doute sur l'influence de Freud. Mais, mille fois mieux encore, on songe à Schnitzler et à son exploration de la «pénombre des âmes»...
Des références qui s'annulent au bout du compte. En bref, ce premier Márai est déjà magistral. Et singulier.
Avec minutie et un calme détachement, le premier livre de l'auteur hongrois Sandor Marai analyse le douloureux impact de petits événements presque insignifiants sur les fondements d'une vie réglée comme une horloge...
Le roman détaille ce moment où un être humain se défait. Tant qu'il ne se passait rien, le héros pouvait survivre ; il s'est produit quelque chose, si peu que ce soit, et tout se dérègle. Dépression, mélancolie, psychose, maladie mentale... Une lente descente que l'on pressent implacable. D'autant plus terrifiante qu'elle nous est décrite avec les mots tranquilles du quotidien. Le détachement du clinicien d'où sourd pourtant l'immense compassion de l'auteur pour son personnage.
Sándor Márai écrit sur la lenteur, le gris des sentiments et l'économie des gestes. La solitude est son thème favori, les illusions amoureuses sont son obsession. Dès son premier roman, ce Premier Amour publié à 28 ans, l'écrivain hongrois, né en 1900, dit que le monde est une prison dont on ne peut sortir que par la passion, à condition de la regarder en face...
Adulé en Hongrie dans les années 1930, l'auteur des Confessions d'un bourgeois n'a jamais cessé de décrire les métamorphoses de son pays, passé des années de guerre à la férule soviétique. Mais il n'a pas cherché le combat frontal, préférant développer ses histoires autour d'un homme apparemment falot ou d'une femme sans aspérités qui doivent tout à coup faire face : au désir, à la guerre, à la trahison...
Son oeuvre magnifique connaît une gloire posthume, en France, grâce à un éditeur têtu, et dans le monde entier.
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