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Artiste française née en 1942, France Mitrofanoff a multiplié les expositions et les travaux monumentaux en se tenant toujours à la frontière séparant, d'une part, l'abstraction lyrique (frénésie du grain pictural : taches, giclures, éclaboussures...) et, d'autre part, le plaisir visuel des formes parfaitement agencées. En témoigne particulièrement sa grande série récente sur le thème de la Forêt.
Jean-Luc Chalumeau souligne que : «Comme le texte poétique selon Kristeva, le champ pictural selon Mitrofanoff échappe aux lois de sa propre syntaxe. Si le sémiotique y ouvre un espace hétérogène, c'est parce que c'est précisément cette hétérogénéité qui doit être travaillée par la pratique artistique.» Cet ouvrage offre ainsi la possibilité de se perdre dans le mystère de la création picturale.
Jean-Luc Chalumeau, critique d'art, a publié une trentaine d'ouvrages dont, aux Éditions Cercle d'Art, La Force de l'art. Il est directeur de la revue Verso Arts et Lettres.
Les courts extraits de livres : 25/11/2008
DES FORÊTS
COMME VOUS N'EN AVEZ JAMAIS VU
Depuis 2005, France Mitrofanoff peint des forêts, essentiellement des troncs d'arbres puisque nous ne voyons de ces derniers ni la base, ni la cime. L'artiste pose donc implicitement un problème important : celui du rapport du monde de l'objet esthétique avec le monde réel - la nature - s'il est exact que l'objet esthétique est le monde d'un auteur, un monde non réel, évidemment lié à l'objet représenté, mais non pas identique.
Or France Mitrofanoff est profondément engagée dans son oeuvre : nous éprouvons, devant par exemple Ils nous regardent vieillir, le fait que quelque chose se passe ici, qui est sérieux. Il ne s'agit pas d'un divertissement : l'objet esthétique créé par Mitrofanoff est vrai. Il est d'abord vrai par rapport à lui-même, vrai ensuite par rapport à l'artiste, vrai enfin par rapport à la nature (le réel), ce dont il faudra tirer les conséquences.