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.. Mémoires espagnoles : l'espoir des humbles

Couverture du livre Mémoires espagnoles : l'espoir des humbles

Auteur : Véronique Olivares Salou

Préface : Michel Reynaud

Date de saisie : 06/11/2008

Genre : Histoire

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-915293-50-0

GENCOD : 9782915293500

Sorti le : 06/11/2008

  • Le courrier des auteurs : 04/07/2009

1) Qui êtes-vous ?
Véronique Olivares Salou née en 1953 à Paris, dès son enfance elle plonge dans ce monde solidaire des Espagnols républicains qui ont lutté toute leur jeunesse pour notre liberté. Cette communauté sera marque indélébile de son futur. Elle travaille d'abord sur ces républicains qui n'acceptèrent jamais d'être considérés comme des victimes mais comme de farouches et héroïques combattants du fascisme et publie aux Éditions Tirésias en 2005 Les républicains espagnols au nazi de Mauthausen, le devoir collectif de survivre" témoignages des déportés espagnols eux-mêmes, ouvrage bilingue ; Vieux compagnons dont la jeunesse est à la douane. Éditions Tirésias mai 2006 Le Roman des Glières les Républicains espagnols dans le maquis de Haute Savoie, en collaboration avec Michel Reynaud, prix littéraire de la résistance (2007).

2) Quel est le thème central de votre livre ?
Cet ouvrage est le recueil de la mémoire de protagonistes anonymes : témoignages de l'espoir porté par ce peuple et de son aspiration à la liberté au sein d'un pays féodal et autoritaire comme l'Espagne des années 30. Ces souvenirs nous permettent de mesurer l'ampleur du mouvement libérateur auquel adhéra sincèrement, tout un peuple miséreux et des intellectuels de renom. Ces exilés espagnols livrent leurs expériences aux générations futures et modestement partagent ce que fut leur combat. Ils appartiennent tous à cette classe d'idéalistes opiniâtres qui a participé à l'écriture de l'Histoire sans avoir eu un seul instant conscience de son importance pour l'avenir de notre monde.

3)Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
«J'ai plongé sans bouée dans les souvenirs mêlés, parsemés ici et là dans les recoins de la maison, ici un texte, là une vieille valise, ou encore une médaille attachée d'une méchante ficelle, une photo en habit rayé le jour d'une renaissance, un poème enseveli, un cahier sans âge à l'écriture fine de pleins et de déliés, un cri de mots jetés sur la page, pour supporter le calvaire et revivre une vie entière aux heures déchirantes d'une nuit sans matin, qui dura cinq ans» Présentation

4)Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
Juan sin tierra de Ricardo Garriga, chantée par Juan Vilato écrit et créée à Mauthausen.

5)Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le parcours que ces gens simples et modestes devaient nous laisser. Témoignage fort de leur existence où ils se confrontèrent à l'Histoire et à une dictature, juste avec leurs mains et leur coeur, dans une grande humilité.


  • Les présentations des éditeurs : 04/07/2009

J'affirme que ces pages viennent à point nommé pour faire vivre le témoignage de femmes et d'hommes pour peu encore en vie. Ces pages vont mettre fin à une retranscription inique et bornée des événements de l'histoire de l'Espagne du début du XXe siècle à la Retirada. Ces pages posent un regard pertinent sur la guerre civile espagnole, sur ses vrais acteurs, ses combattants, et les conséquences de ce conflit ; elles disent la réalité et la responsabilité de chacun des protagonistes qui ont pris part, principalement, du côté de la République. C'est une contribution à l'histoire vraie où la barbarie franquiste a assassiné sans compter et sans vergogne. Ce livre raconte dans sa réalité historique, dans son contexte individuel, une page qui fut longtemps anesthésiée. Tout y est dit, strictement dit, même si parfois l'émotion douloureuse trahie l'objectivité froide du document. Sa force est le témoignage sur ces événements, où trop souvent les faits furent tronqués ou détournés au profit de certains, à ('encontre de ces autres véritables participants témoins et martyrs, ces compañeros, nos républicains espagnols. Les républicains espagnols, sont en très forte majorité de la CNT, les chiffres sont là pour l'affirmer sur le sol d'Espagne, et ils ont combattu le franquisme, mais aussi ont été combattus sinon écartelés, floués, assassinés dans leur propre rang par des passagers politiques aux ordres d'autres intérêts. Des dents grinceront certes, des contradicteurs hurleront certes, mais tels sont les faits cette guerre d'Espagne, ici, et peut-être pour la première fois, est narré le vécu par des témoins eux-mêmes, républicains ou enfants, combattants, exilés espagnols et qui attendent le moment où Angel boxera le mensonge et «mettra "knock-down " les traficoteurs de leur passage en la mémoire, car ce temps de l'oubli est fini. Et, cette volonté de dire et d'écrire autrement, d'une autre politique, d'une autre réalité qui n'est plus la vérité mais restera le relent de notre manque de courage.»
Ces Mémoires espagnoles sont à lire et, deviendront une empreinte inaliénable de l'histoire de ce peuple de républicains.

Véronique Olivares, née en 1953, d'un père espagnol combattant de la colonne Durruti, déporté au camp nazi de Mauthausen du 13 décembre 1940 au 5 mai 1945, et d'une mère française dont le père espagnol a été fusillé par les Allemands en 1943, lors d'une tentative d'évasion du camp de prisonniers de Compiègne. Dès son enfance, elle assistera aux actions de solidarité envers ceux qui sont restés en Espagne, et qui étaient les victimes désignées de Franco. Elle perçoit la profonde détresse de ces femmes et de ces hommes qui ont vécu les camps de la honte en France jusqu'aux camps de la mort nazis. Véronique Olivares voit peu à peu ces témoins disparaître, sans être retournés chez eux ou sans que l'Histoire ne soit écrite. Elle rend hommage à leur combat, à leur idéal et laisse apparaître des êtres humbles avec leur faiblesse et leur grandeur. Elle a déjà publié aux éditions Tirésias : Les républicains espagnols au camp nazi de Mauthausen. Vieux compagnons dont la jeunesse est à la douane, et en collaboration avec Michel Reynaud Le Roman des Glières, (prix littéraire de la Résistance 2007) et Elles et Eux et la chanson.


  • Les courts extraits de livres : 04/07/2009

Extrait de la présentation :

Quand, pour la dernière fois, il a tiré la porte sur lui, il était passé la veille à la maison. Il m'avait laissé des jonquilles avec leur bulbe, ramassées à Fontainebleau, pour les replanter dans mon jardin. Puis, nous avons pris un café dans un silence tendre, il attendait, comme moi, ce petit enfant que je portais, impatient de le connaître.
«J'irais me faire opérer de mon hernie, pour être d'attaque quand il naîtra.» me disait-il heureux.
La maison était paisible, ce 5 mars 1982. Je me souviens encore, je repassais dans le sous-sol, quand le son aigrelet du téléphone me tira de ma rêverie et de mon labeur :
- Allô ! Véro, c'est Serge.
- Oui, que se passe-t-il ? (mon frère ne m'appelait pour ainsi dire jamais).
- C'est papa,
- Quoi, papa ! Ai-je interrogé, impatiente, mais j'avais déjà compris.
- Il est mort !
Mais pourquoi me l'avait-on pris ? Ce cri de bête blessée résonne encore dans le silence.
Quelques heures auparavant, papa m'avait télé­phoné juste pour un petit bonjour, à moi et au petit, avant de partir à la clinique. Son au revoir sonnait maintenant comme un glas. Commençait pour moi l'apprivoisement de l'absence, et cette vie en moi qui déjà s'agitait et protestait d'être privée de l'amour de son grand-père.
À mes pieds, demeurait l'immensité d'une brutalité à vivre, la déchirure du vide, l'écho sans fin d'un appel perdu qui ricochait sur son histoire et devenait l'Histoire. Et la terrible incertitude qu'il n'avait pas maîtrisé son ultime sortie, immédiatement, me hanta. Il s'en était allé sans le savoir, il avait laissé tomber sa vie et ses attaches, sans prévenir. Angel avait eu une vie difficile et sans issue de bonheur, sauf à disparaître définitivement. Et pourtant, je suis persuadée qu'il restait totalement étranger à son départ. Cette question m'obsédait, et me blessait, sans que je puisse expliquer pourquoi; j'aurais été en paix, si j'avais pu avoir la certitude qu'il en avait décidé ainsi. Mais l'évidence, me disait que cette issue lui avait échappé et pourtant elle était d'une implacable logique.


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