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C'est une histoire de mise en danger et de désir, une affaire collective en scène et hors scène qui ne satisfait jamais entièrement sur le plan artistique. Avec nous, parmi nous, tout est toujours chargé en émotions. Nous avançons ensemble dans la recherche en restant en mouvement, en vacillant sur un fil. Nous avons la manie de provoquer le déséquilibre pour en superposer un autre. Mais, quels que soient les obstacles que l'on peut rencontrer, on ne pense que musique quand on est sur scène, grande ou petite.
Les courts extraits de livres : 10/06/2009
Bouts de ficelle
Lancés par Christian. Têtes Raides, c'est un univers collectif : chacun actionne un bout de la ficelle où se tiennent en équilibre précaire les textes et des images que j'ai envoyés, des sortes de bribes chantées. À l'origine d'un morceau, je ne pars pas avec un véritable sujet en tête, mais j'accroche comme des wagons des bouts de phrase, des collages et je me laisse embarquer par ce train. Je commence à écrire et à fredonner de concert, à imaginer une trame musicale sur les paroles. Vient le moment où je partage avec les autres Têtes Raides. Si l'un d'entre eux critique une phrase ou une formulation qui le défrise, je me regratte. Après, si je suis persuadé que c'est bon, je garde : la case mot, quand c'est écrit, c'est écrit. Mais l'entrée d'un instrument fait bouger l'écriture, lui donne une nouvelle dimension. Chez nous, il n'y a pas de préposé aux arrangements : chacun intervient librement. La musique tient si chacun joue sa partie à fond. Parfois, les arrangements arrivent comme de toutes petites subtilités. Le champ des possibles est ouvert lorsque le morceau démarre : il peut pencher vers une ambiance électrique ou acoustique. C'est notre liberté, notre marque de fabrique, de passer de l'un à l'autre. Pas toujours simple à tenir, mais c'est notre truc. Et c'est marrant de tenter. Il ne faut pas oublier le plaisir. Parfois, cela marche, parfois non. La mélodie reste si elle parle.
Pour «Chapeau», j'avais lancé quelques mesures à la guitare, sans prendre l'accordéon. Nous avons eu envie de cuivres, de créer un esprit fanfare. Parfois, nous changeons d'instruments, par exemple Anne-Gaëlle attrape la grosse caisse à la place de son violoncelle et c'est parti.
J'ai un grand chapeau
Où y a rien dedans
C'est un chapeau vide
Où y a tout dedans
Sauf moi
Y a pas d'emmerdeurs
Qui viennent nous d'mander l'heure
Y a pas non plus Raymond
Ni de tartes aux protons