Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Les triptyques de Claude Simon ou L'art du montage

Couverture du livre Les triptyques de Claude Simon ou L'art du montage

Auteur : Mireille Calle-Gruber

Postface : Pascal Quignard

Illustrateur : Photographies de Georg Bense

Date de saisie : 24/11/2008

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Presses Sorbonne nouvelle, Paris, France

Prix : 27.00 € / 177.11 F

ISBN : 978-2-87854-438-1

GENCOD : 9782878544381

Sorti le : 24/11/2008

  • Les présentations des éditeurs : 02/01/2009

Les Triptyques de Claude Simon présentent une marqueterie de documents pour la plupart inédits : scenarii, découpage technique, correspondance, textes, manuscrits, plans de montage, entretiens, critique littéraire, films, photographies.
S'ouvrent ainsi, entre littérature, cinéma et peinture, de nouveaux sentiers de lecture par où aborder la création polytechnique et la singulière puissance de l'oeuvre de Claude Simon.

Mireille Calle-Gruber est professeur de littérature à l'université Sorbonne nouvelle - Paris 3 où elle dirige le Centre de recherches en études féminines et de genres.

Georg Bense, né à Cologne est auteur, scénariste, réalisateur et cameraman de nombreux films et documentaires pour la télévision allemande (ARD et IDF) ainsi que pour Arte.

Peter Brugger est Docteur en philosophie, producteur, il a été auteur et réalisateur de programmes culturels pour la télévision allemande et Arte. Rédacteur en chef à SR/ARD (1973-2000).


  • Les courts extraits de livres : 02/01/2009

Extrait de l'introduction de Mireille Calle-Gruber :

Claude Simon, la main heureuse

«À l'instar du Buñuel de L'Age d'or ou de Godard à ses débuts, j'ai l'intention, comme ce fut le cas dans le domaine du roman, de creuser mon propre sillon et de découvrir une technique personnelle sur le plan de l'expression cinématographique. Seules la matière et la manière de la traiter comptent. J'ai tenu à faire moi-même l'adaptation de mon roman ; je vous promets qu'elle évitera toute emphase et qu'elle sera assez fidèle au récit initial.»
Tels sont les mots de Claude Simon que rapporte Le Figaro du 12/13 février 1977, concernant un projet de film tiré de La Route des Flandres. Dès 1961, au lendemain de la parution du roman, il en avait écrit le découpage, constitué d'un générique en quatre plans et de 263 séquences. Le film, cependant, ne fut jamais tourné. Car si, s'étant décidé, en 1976, à faire une demande d'avance sur recettes, l'écrivain s'était vu effectivement accorder la subvention maximum et la dérogation nécessaire pour tourner lui-même, il ne trouva jamais de producteur. Ce projet qui lui tenait à coeur, Claude Simon en parlait encore avec passion dans les années quatre-vingt dix, après avoir fait en vain une nouvelle tentative, et nous avons plus d'une fois abordé la question. Mais il était déjà tard. Nous ne pouvions que rester dans le regret du film projeté. De la promesse non tenue.
Il est peut-être temps aujourd'hui de considérer l'oeuvre de Claude Simon avec l'absence du film jamais tourné de La Route des Flandres et le désir jamais éteint de sa réalisation. C'est l'hypothèse que je voudrais faire ici, dont ce livre fait le pari.
Pour deux raisons au moins. La première est une raison de fond : Claude Simon envisage indissociablement le domaine du roman et celui de l'expression cinématographique. Tous deux, à ses yeux, relèvent d'un même postulat : l'exigence de la forme. Il s'agit à chaque fois d'élaborer le traitement singulier de la matière qu'elle soit littéraire ou filmique. De trouver, dit-il, une «technique» - mot qu'il faut entendre dans son acception plénière tekhné : un art. Le roman comme art, le film comme art, ce n'est pas affaire d'idées, de personnages avec leur psychologie, histoire, dialogues ; c'est avant tout une question de positions et de compositions d'éléments constitutives de l'espace narratif. Dans la revue Premier plan qui publiait les résultats d'une enquête auprès d'écrivains et de cinéastes, Claude Simon affirmait - nous sommes en 1961, à l'époque où il écrit son scénario - :

«Je ne peux écrire mes romans qu'en précisant constamment les diverses positions qu'occupent dans l'espace le ou les narrateurs (champ de la vision, distance, mobilité du rapport à la scène décrite - ou si l'on préfère, dans un autre langage : angle de prise de vues, gros plan, plan moyen, panoramique, plan fixe, travelling, etc.). Même lorsque mon ou mes narrateurs rapportent autre chose que des scènes immédiatement vécues, (par exemple des situations, des épisodes remémorés ou imaginés), ils se trouvent toujours dans une position d'observateur aux connaissances et aux vues bornées, voyant les faits, les gestes sous un éclairage particulier.»


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia