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.. Juste pour le plaisir

Couverture du livre Juste pour le plaisir

Auteur : Mercedès Deambrosis

Date de saisie : 11/02/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-283-02353-2

GENCOD : 9782283023532

Sorti le : 08/01/2009

Une galerie de portraits qui nous promène entre 1987 et 1942, dans une construction époustouflante.
Paris, Varsovie, Angers, Allemagne, Montreuil, Egypte, Vel'd'Hiv, Espagne.
1941, 1943, 1938, 1942, 1987.
Famille Meïer, Rudolph Hess, Georgette Malivoine, Lambert, Zacharie Poletti, les Chambourtin, Germaine, le capitaine Rivet et Ginette sa femme.
Des petites gens, des moins petites, des bons et des méchants, des destins séparés qui s'entrecroisent, s'entremêlent, se tissent au fil des pages.
On passe de l'un à l'autre, d'un lieu à un autre, d'une période à une autre.
Mais ce qui est sûr, c'est qu'on ne lâche pas ce livre qui nous entraîne dans un va et vient continuel, et explore le dessous des cartes d'une période trouble de notre histoire.


Paris, 1942 : le policier Lambert est confronté à une série de meurtres odieux et inexplicables. Parallèlement, il prête la main bien malgré lui à un crime encore plus abominable : la rafle du Vel'd'Hiv et la spoliation des biens juifs. Un demi-siècle plus tard, torturé par ce double traumatisme, il repart aux trousses de l'insaisissable Zacharie, personnage protéiforme dont l'inépuisable barbarie semble immortelle...

Mercedes Deambrosis est l'un de ces rares écrivains qui savent conjuguer l'intime avec l'universel, la petite histoire avec la Grande. Déjà, dans son recueil La promenade des délices, elle avait su rendre l'ambiguïté et la cruauté d'une époque terrible - la guerre civile espagnole - à travers une mosaïque de personnages qui jamais, bourreaux ou victimes, ne cessent d'être profondément authentiques. Avec Juste pour le plaisir, elle franchit un nouveau cap, car cette fois c'est un roman qu'elle nous livre : une oeuvre d'une grande ambition, à la structure vertigineuse mais pleinement maîtrisée, où s'emboîtent, tels deux monstres gigognes, la barbarie «privé» d'un individu et le crime d'état perpétré contre les juifs. Laquelle est à l'origine de l'autre ? Le nazisme n'est-il que l'addition de barbaries individuelles qu'une idéologie retorse désinhibe, le «perfectionnement» du mal à l'échelle d'un empire ? Ou bien secrète-t-elle ce mal ? C'est à cette question, entre autres, que Lambert, magnifique personnage tourmenté par la culpabilité et le devoir de mémoire, tente de répondre : sa longue traque d'un «monstre si humain» n'est pas sans rappeler par moments celle du capitaine Langlois dans Un roi sans divertissement. Éblouissant thriller métaphysique, Juste pour le plaisir ne fournit aucune réponse définitive aux vastes interrogations qu'il soulève - ce n'est pas la fonction d'un roman - mais il aide à concevoir ce que certains philosophes ont nommé «l'impensable» : il touche du doigt cette fragile barrière qui sépare l'humain de la barbarie.


  • Les présentations des éditeurs : 06/01/2009

- Il sera toujours temps, soupire David. Voyons, Lambert, comment ont-elles été tuées ?
Tous les deux entendent des mots en allemand et la voix du commissaire qui hurle. Lambert se lève. La porte s'ouvre. Les Allemands entrent. David Berstein ne s'arrête pas.
- Avec un couteau, Lambert, elles ont été toutes les trois égorgées avec un couteau. On tue au couteau par plaisir, Lambert, n'oublie pas ça, juste pour le plaisir.

1940-1945 : un homme, sous plusieurs identités, parcourt l'Europe. En toute impunité, il collabore avec l'ennemi et tue. Des années plus tard, un commissaire, hanté par les années noires de l'Occupation, et un officier, condamné à Nuremberg, essaient de retrouver sa trace. De trouver un coupable.
Juste pour le plaisir est un roman qui a le rythme du thriller. Mercedes Deambrosis brosse une galerie de portraits impressionnante : petites gens, salauds, trouillards, naïfs, crapules, femmes violentes, femmes écrasées. Tous sont pris dans la tourmente de l'Histoire. Tous se croisent et se perdent. Tous nous posent la question à laquelle nous ne connaissons pas de réponse : à leur place, qu'aurais-tu fait ?

Mercedes Deambrosis a 53 ans et vit à Paris. Entre autres ouvrages, elle a publié La Promenade des délices, aux éditions Buchet/Chastel.



  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, février 2009

Sous des allures de polar, Juste pour le plaisir retrace quarante années d'histoires - petites et grandes. Mercedes Deambrosis mêle et entremêle les fils d'un récit choral enthousiasmant...
Juste pour le plaisir est un magnifique roman d'une insidieuse violence sur la responsabilité et l'imposture. La construction est essentielle et complexe, pourtant l'auteur sait la rendre légère en croisant subtilement les destins de ses personnages. Les premiers chapitres, très courts, prennent peu à peu de l'ampleur, développant des vies parallèles qui peu à peu se croiseront, tout en maintenant une tension digne d'un thriller...
Face à cette galerie de portraits, Mercedes Deambrosis ne condamne pas, elle observe. Elle ne justifie pas, préfère nuancer, avancer à petites touches, affirmant, en préambule, que l'homme n'est jamais parfait, ni dans la vie, ni dans les romans. Les silences et les mensonges ont toujours été au coeur de son oeuvre.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Livres Hebdo, janvier 2009

Avec une belle maîtrise de la construction et un sens évident du rythme, Mercedes Deambrosis juxtapose des lignes narratives qui se révèlent liées entre elles, des destins qui ont, à un moment ou à un autre, fini par se croiser. Ses héros se sont pris des coups ou en ont donné, ils connaissent l'odeur et le goût du sang, cohabitent du mieux qu'ils le peuvent avec leurs névroses. Certains de ses protagonistes ont collaboré, volé, tué ou torturé, d'autres ont choisi de se révolter à leur manière... Réflexion sur le Mal et les aléas de l'Histoire, Juste pour le plaisir se dévore comme un roman de Simenon dont il partage la noirceur implacable. S'il n'est vraiment pas un livre qui «fait du bien aux gens» et n'aurait donc pas obtenu cette année le prix Femina, le nouvel opus de Mercedes Deambrosis est en revanche de ceux qui vous heurtent de plein fouet


  • Les courts extraits de livres : 06/01/2009

Paris, rue Grégoire de Tours, 1987

Une fois, il a essayé de me passer par la fenêtre. Rires.
Ma mère l'en a empêché, elle est restée deux mois à l'hôpital. Je ne suis pas allée la voir, ni mon frère. Silence.
Une autre fois, il a balancé ma tête contre le radiateur. Un radiateur en fonte. J'ai encore la cicatrice, là.
Il découvre le haut de son front, sous la frange. Une mince balafre à peine plus foncée que la carnation originelle de la peau. Il a la peau très pâle, ridée. Si elle avait été plus longue, elle aurait rejoint le sourcil en un angle parfait.
J'en ai pissé du sang. Le visage, ça pisse toujours beaucoup de sang. C'est comme l'oreille.
- Qu'est-ce qui vous est arrivé à l'oreille ?
Il porte la main à son oreille.
- Qu'est-ce qui vous est arrivé à l'oreille ? Il se tait. Remue sur la chaise.
- Ça pisse toujours beaucoup de sang, l'oreille, le visage, c'est très...
Silence.
- Impressionnant ce que ça peut pisser comme sang, l'oreille.
- Vascularisé ?
Il hésite. Oui, c'est ça.
Vascularisé.


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